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Les jeux dangereux à l’école : informer aussi les parents

Dernière mise à jour : lundi 15 juillet 2019, par Adele, Morgan

En tant que parents, que connaissons-nous de ces "jeux" dangereux ?

Profitons du rapport parlementaire contre les jeux dangereux, remis en octobre dernier, pour reparler des jeux dangereux à l’école et essayer de comprendre.

Les députés UMP Cécile Dumoulin et Patrice Verchère ont remis le 21 octobre 2009 un rapport sur les jeux dangereux dans les établissements scolaires. Le document préconise plusieurs mesures pour mieux connaître, et mieux prévenir, ces pratiques à risque.
Interrogés sur Express.fr, ils expliquent les quatre grandes idées :
- mieux connaître le phénomène, en recensant les incidents auprès des pompiers ou de la police.
- informer les parents, et les professionnels en relation avec les enfants. "On peut envisager qu’une sensibilisation à ce type de problème soit intégrée à la formation des professeurs ou au BAFA, par exemple."
- prévenir les comportements risqués : "nous proposons que les élèves soient associés à la rédaction d’un "code de la cour"
- mieux agir sur Internet, où une recherche rapide permet de trouver des vidéos mettant en scène le jeu du foulard. "Nous souhaitons une concertation entre les hébergeurs de contenu, les pouvoirs publics et les associations, afin que ce type de vidéos puisse être rapidement retiré".

Nous avons tous parlé à nos enfants des risques de la circulation, des inconnus dans la rue, du tabac, de l’alcool, de la pédophilie, de la drogue, ..., mais nous n’osons pas évoquer ces "jeux " dangereux de peur de susciter la curiosité.
Aussi, parfois par ignorance.

Sans INFORMATION, il ne peut pas y avoir de PREVENTION.

Un guide Les jeux dangereux et les pratiques violentes a été édité pour aider la communauté éducative à prévenir et repérer les signes de jeux dangereux et les pratiques violentes. Ce guide est enrichi d’expériences engagées sur le terrain par des équipes éducatives et des associations l’Apeas et SOS-Benjamin.

Mais nous, en tant que parent, que connaissons nous de ces "jeux" dangereux ?
Les enfants n’osent pas en parler. L’école ne veut pas affoler.

Or si l’on ne peut connaître actuellement avec certitude le nombre d’enfants et d’adolescents qui s’adonnent à ces "jeux" dangereux et à ces pratiques violentes, ces phénomènes sont récurrents.

Depuis plusieurs années, l’Apeas et SOS-Benjamin, deux associations créées par des parents d’enfants victimes du jeu du foulard, interviennent dans les établissements scolaires. Mais le plus souvent, c’est à la suite d’un incident, plus rarement de manière préventive.

On distingue deux types de « jeux » dangereux et de pratiques violentes : les « jeux » de non-oxygénation et les « jeux » d’agression.

Les « jeux » de non-oxygénation
Les « jeux » de non-oxygénation ou d’asphyxie, de strangulation, de suffocation sont appelés de plusieurs noms : trente secondes de bonheur, rêve bleu, rêve indien », « jeu » du cosmos, « jeu » des poumons, « jeu » de la tomate, de la grenouille... Le plus
connu est le « jeu » du foulard.

Ce type de « jeu » consiste à freiner l’irrigation sanguine du cerveau par compression des carotides, du sternum ou de la cage thoracique, pour ressentir des sensations intenses, des visions pseudohallucinatoires.
Dans la plupart des cas, il n’existe pas de rôle défini en tant que victime ou agresseur car la relation peut s’inverser : l’étrangleur devient alors l’étranglé. Cependant, il a été rapporté que certains jeunes ont pratiqué ce « jeu » sous la contrainte ou la pression
d’un groupe. Mais l’enfant peut aussi reproduire seul l’étranglement grâce à un lien quelconque, avec un risque accru de strangulation et de pendaison dont les conséquences sont irréversibles puisque, comme il est seul, personne ne pourra le réveiller.

Conséquences physiques et psychologiques
Les symptômes post-anoxiques (privation sévère d’oxygène) sont nombreux et variables selon la durée de l’anoxie. Celle-ci peut aussi conduire à un coma profond, voire à la mort. Le risque de mort est d’autant plus grand que l’enfant reproduit ce
« jeu » seul à son domicile.
La pratique intensive et répétée du « jeu du foulard » peut alors être à l’origine d’un véritable comportement de dépendance, qui pousse l’enfant ou le jeune à rechercher toujours plus de sensations par le biais de l’auto-asphyxie.

Ces jeux sont utilisés pour éprouver des sensations intenses qui donnent aux jeunes un sentiment d’existence. Ils se mettent en danger, sans avoir réellement conscience, ni penser aux conséquences négatives de ces pratiques. Les jeunes qui recherchent ce type de « jeux » ressentent un attrait pour d’autres comportements à risques :
expérimentation des toxiques, prise de risque en véhicule motorisé, dans le domaine sportif…. Ils sont souvent décrits comme « casse-cou », curieux, vifs et aimant les nouvelles
expériences, même si elles sont dangereuses ou interdites.

Les « jeux » d’agression

Le dénominateur commun des « jeux » d’agression (hétéro-agressifs) est l’usage de la violence physique gratuite, généralement par un groupe de jeunes envers l’un d’entre eux. On distingue les jeux intentionnels et les jeux contraints.

Les « jeux » intentionnels
Tous les enfants participent de leur plein gré aux pratiques violentes.
Quelques exemples de ce type de « jeu » : Le « jeu » du cercle infernal, le « jeu » de la cannette, le « jeu » du mikado, le bouc émissaire, le petit pont massacreur ou la
mêlée, le jeu du jugement, le petit pont boulette, la tatane…
Le principe est toujours le même. Au sein d’un cercle de jeu, un objet est lancé ; le joueur qui ne le rattrape pas devient la victime et est alors roué de coups par les autres joueurs.
Il y a aussi le 200, qui consiste à frapper la victime à 200° s’il ne prononce pas le mot 200. Un vrai jeu stupide qui a conduit un jeune adolescent de 12 ans à l’hôpital pour un traumatisme crânien et une ecchymose à la rotule, en février dernier.

Les « jeux » contraints
L’enfant qui subit la violence du groupe n’a pas choisi de participer.
Il est clairement identifié comme une victime puisqu’il n’a pas donné son consentement. .
Quelques exemples de ces « jeux » contraints :
- le « jeu » des cartons rouges, le « jeu » de la ronde
- le « jeu » de la mort subite ou de la couleur : un enfant qui porte le plus grand nombre de vêtements de la couleur désignée le matin est frappé et humilié toute la journée
- le « jeu » du taureau : un groupe d’enfants ou d’adolescents foncent, tête baissée, sur un enfant désigné
- le « jeu » de Beyrouth : des enfants demandent à un autre la capitale du Liban. Si l’enfant ne sait pas répondre à cette question, il est frappé sur ses parties masculines
- le « happy slapping », en français « joyeuses claques » : il s’agit
d’une pratique consistant à filmer, à l’aide de son téléphone portable, une agression perpétrée par surprise, puis de procéder à la diffusion de ces images. Cette pratique, outre les violences physiques, vise également à porter atteinte à la dignité et à l’image de la victime.
Le « happy slapping »
Un acte grave puni par la loi : Les nouvelles dispositions législatives prévues par la loi du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance (article 222-33-3 du code pénal),
précisent les peines encourues par les auteurs de ces infractions.
3 ans d’emprisonnement et 45 000 €d’amende
Sont également punis par la loi :
- le fait d’enregistrer et de diffuser des images de violence ;
- le fait de diffuser l’enregistrement de telles scènes.
Ces infractions sont très largement le fait de lycéens et même de collégiens.
Aussi convient-il de sensibiliser les élèves et leurs parents à la gravité de ces actes et de les informer des sanctions auxquelles s’exposent leurs auteurs.

Conséquences physiques et psychologiques

Qu’ils soient intentionnels ou contraints, ces jeux peuvent avoir des conséquences graves et diverses : hématomes, fractures, séquelles neurologiques, voire mener à la mort. Les victimes de ces jeux peuvent présenter des manifestations psycho-traumatiques
– troubles du sommeil, reviviscence de l’événement traumatique, idées noires – ainsi que des symptômes anxiodépressifs susceptibles d’évoluer vers l’apparition d’une phobie scolaire, de pensées suicidaires, avec parfois des passages à l’acte.

Il existe peu de travaux portant sur les enfants agresseurs et sur les enfants victimes de ces « jeux ». Toutefois, plusieurs études ont permis de confirmer certaines caractéristiques, qu’il s’agisse des victimes et/ou des agresseurs.

Les victimes
Ce sont généralement des enfants anxieux, timides, soumis, qui apparaissent comme des proies faciles. Ils ne se défendent pas et deviennent très rapidement des boucs émissaires.
D’autres victimes, à l’inverse, ne sont pas timides mais possèdent certaines qualités, sur le plan physique, scolaire, socio-économique…, qui peuvent attiser la jalousie et
l’excitation. Elles peuvent aussi se présenter comme provocatrices.

Les agresseurs
Dans leur très grande majorité, il s’agit surtout de garçons. Les filles peuvent, elles aussi, exercer une violence, même si celle-ci se manifeste surtout sur le plan psychologique ou émotionnel.
Parmi ces agresseurs, on peut distinguer deux profils : les agresseurs actifs et les agresseurs passifs.
- Les agresseurs actifs et/ou initiateurs, sont décrits comme des enfants dominateurs et charismatiques qui présentent parfois un trouble du comportement antisocial se traduisant par de fréquentes attitudes transgressives et violentes. Ce sont des enfants souvent repérés comme ayant un fort besoin de sensations fortes, une grande impulsivité, une tendance à s’emporter.
- Les agresseurs passifs ne présentent pas de telles caractéristiques.
Ils sont surtout entraînés par l’effet de groupe qui les pousse à devenir violents sous le regard de leurs camarades et du leader charismatique. Certains d’entre eux peuvent présenter un profil de personnalité dépendante, manquant d’assurance. Dès lors, la peur de représailles peut s’avérer particulièrement efficace sur ces
jeunes.

Les signes d’alertes
Il convient de garder à l’esprit que l’apparition de l’un ou plusieurs de ces signes ne signifie pas que l’enfant ou l’adolescent s’adonne obligatoirement à l’un de ces jeux. Il ne s’agit là que de rassembler un certain nombre d’éléments d’information, d’alerter sur la convergence de signes destinés à favoriser une certaine vigilance des adultes sur ces pratiques.

Les signes d’alertes pour les « jeux » de non-oxygénation
Signes physiques
- traces rouges autour du cou ;
- joues rouges ;
- violents maux de tête à répétition ;
- troubles visuels passagers (mouches volantes, vision floue…) ;
- bourdonnements d’oreilles, sifflements ;
- fatigue ;
- défaut de concentration, oublis, absences brèves de la conscience, défaut de la mémoire récente.
Signes comportementaux
- découverte d’un foulard, d’une écharpe, d’une corde, d’une ceinture, d’un lien quelconque, que l’enfant garde et veut garder sur lui en permanence, ou qui traîne
sans raison auprès de lui ;
- agressivité soudaine, violence verbale et/ou physique ;
- isolement, repli sur soi ;
- questions posées par l’enfant sur les effets, les sensations et les risques de la strangulation.

Les signes d’alertes pour les « jeux » d’agression
Un certain nombre de signes peut alerter sur une éventuelle participation active ou passive de l’enfant à ce type de jeu
Signes physiques
- blessures, traces de coups, vêtements abîmés, vols ;
- manifestations neurovégétatives-somatiques : sueurs, tremblements, douleurs abdominales, nausées…
Signes comportementaux
- présence de manifestations anxieuses : troubles du sommeil, refus d’aller en classe…
- agressivité soudaine, violence verbale et/ou physique.
Ce travail d’investigation est d’autant plus nécessaire que la demande d’aide de la part des victimes de ces « jeux » dangereux est rarement orientée vers les adultes, et surtout vers les parents.

Association de Parents d’ Enfants Accidentés par Strangulation (APEAS )
Une association de parents de victimes du jeu du foulard. L’association a pour but d’apporter aide et réconfort aux familles qui se trouvent dans la même situation que nous.
L’association souhaite informer et prévenir des dangers du jeu du foulard et de ses dérivés les jeunes, les familles, les professionnels de l’éducation, de la santé et de la justice.
Le seul désir de ces parents est que plus personne ne vive le cauchemar qu’ils ont avons vécu, que plus aucun enfant ou adolescent ne meure de la pratique d’un jeu stupide dont il ignorait ou sous-estimait le danger.

Les premières évocations d’accidents datent des années 1950. Depuis 2000, une moyenne de 10 décès est recensée chaque année en France par l’APEAS (qui n’a pas connaissance de l’ensemble des cas).

Plusieurs jeunes garderont définitivement des séquelles, plus ou moins importantes, du coma dans lequel ils ont été plongés (crises épileptiques, paralysies et état végétatif irréversible).

L’Apeas dénonce l’insuffisance d’information et de prévention. "Nous n’avons cessé de supplier les pouvoirs publics de réagir, assure Françoise Cochet, sa présidente. Mais les notes de service envoyées aux inspecteurs d’académie ne sont pas suffisamment relayées dans les établissements scolaires et les écoles." "Peu de choses ont été faites par l’Éducation nationale, qui répugnait à en parler par peur d’inciter à ces jeux", renchérit la présidente de SOS-Benjamin, Magali Duwelz.

A lire, Alerte aux jeux dangereux de Magali Duwelz.
Cet ouvrage a une visée informative et préventive. Communiquer est le meilleur moyen de démasquer et d’intervenir sur ces conduites à risque avant qu’il ne soit trop tard.