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Logement à Paris : que proposent les candidats à la présidentielle ?

S'il est un thème de campagne qui concerne Paris et l'Ile-de-France, c'est le logement. La capitale et sa périphérie souffrent d'[une forte pénurie qui poussent inexorablement les prix vers le haut->http://www.evous.fr/Immobilier-les-bons-plans-en-Ile-de-France-pour-l-hiver-2011,1170949.html]. Qu'il s'agisse d'acheter ou de louer, le logement accapare facilement la moitié voire les deux tiers des revenus des Parisiens et Franciliens. Les principaux candidats à la présidence répondent-ils à vos besoins?

Nicolas Sarkozy (UMP). Le président-candidat a changé d’avis. Après avoir longtemps combattu le principe de blocage des loyers, évoquant à ce propos l’exemple de l’Union soviétique, Nicolas Sarkozy s’est prononcé pour un système calqué sur le modèle allemand dans Femme actuelle : "C’est une bonne idée. Il ne s’agit pas de bloquer les loyers mais bien d’un encadrement. C’est en cela qu’elle est intéressante. Je l’appliquerai." Désormais, il existe autour de la question de l’encadrement des loyers un relatif concensus puisque François Hollande ainsi qu’une majorité de candidats y sont aussi favorables. Dans le programme de Nicolas Sarkozy, on retrouve par ailleurs la proposition qu’il avait faite lors de son allocution télévisée dimanche 29 janvier : "accroître de 30% dans les 3 prochaines années les droits à construire pour augmenter l’offre de logements et faire ainsi baisser les prix".

François Hollande (PS). Dans ses "60 engagements pour la France", le candidat socialiste propose, dans les zones où les loyers sont excessifs, comme Paris et l’Ile-de-France, "d’encadrer par la loi les montants des loyers". Une idée portée depuis plusieurs mois par des élus parisiens du PS et en particulier d’EELV et qui fait désormais concensus, même à droite puisque Nicolas Sarkozy vient de s’aligner sur cette proposition. Autre proposition de François Hollande : un dispositif de caution solidaire serait mis en place "pour les jeunes". Le reste des engagements du candidat socialiste concernent plus la région Ile-de-France que Paris, où les terrains constructibles se font très rares : François Hollande veut ainsi "agir pour que soient construits" 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, "soit 300.000 de plus que lors du quinquennat précédant". Le candidat du PS souhaite aussi modifier la loi SRU en augmentant les sanctions pesant sur les villes ne respectant pas leurs obligations en termes de logements sociaux et il compte porter l’obligation de logements en question de 20% à 25%. Afin d’aider les collectivités à respecter ces obligations, François Hollande veut mettre à leur disposition les terrains de l’Etat disponibles.

Marine Le Pen (FN). La candidate n’a pas été invitée par la Fondation Abbé Pierre à signer sa pétition pour le logement (lire plus bas), son programme ne répondant pas aux valeurs de l’organisation humanitaire. Suite à cette décision, Marie-Christine Arnautu, vice-présidente du Front National en charge des affaires sociales, a tenu à rappeler les engagements du FN sur ce thème. Parmi eux : "instaurer une priorité nationale et recentrer l’attribution des logements sociaux sur ceux qui doivent en être les premiers bénéficiaires : les familles nombreuses, les femmes élevant seules leurs enfants, les étudiants et jeunes travailleurs, les séniors prématurément exclus du marché du travail, les personnes âgées vivant seules et les personnes handicapées." Second objectif : la "transparence dans les procédures d’attributions" de ces logements sociaux avec des listes des bénéficiaires rendues publiques. Et pour aider à l’accession à la propriété, le Front national veut créer un chèque "premier logement", synonyme de crédit d’impôt pour les jeunes accédant pour la première fois à la propriété.

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche). Les habitations laissées vides par leur propriétaire ? Jean-Luc Mélenchon veut les réquisitionner. Les expulsions ? Interdites. Déterminé à ne pas laisser la question fondamentale du logement "aux mains du marché", le candidat du Front de gauche veut faire baisser les loyers. Son objectif ? Que cette dépense ne représente que 20% des revenus des ménages. Quid de la construction de logements ? Le candidat du Front de gauche souhaite 200.000 constructions de logements sociaux par an, avec un taux minimal de 25% dans chaque commune, de 30% en "zone de tension" et de 50% pour tout programme neuf comprenant plus de 10 logements.

François Bayrou (Modem). Interrogé début 2012 sur Europe 1 sur ce que serait sa 1ère mesure s’il accédait à la présidence de la République, François Bayrou a répondu : la mise en place d’une assurance mutuelle pour le logement. Le but ? Garantir les risques d’impayés et supprimer les cautions. En ce qui concerne les logements sociaux, le candidat centriste est favorable à un taux de 25% "dans les zones de tension" et annonce dans son projet la volonté de mettre à disposition des formules de logement "ultra social". C’est-à-dire ? "3 ou 4 logements sociaux autour d’un animateur social". François Bayrou insiste par ailleurs sur l’importance de la mixité des villes, chaque programme immobilier devant selon lui comporter un volet social.

Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts). 500.000 logements construits chaque année, dont 160.000 d’habitats sociaux, voilà l’engagement de la candidate d’EELV face à la pénurie. Et pour Paris et sa situation particulière ? Le projet d’EELV affirme vouloir mobiliser "le parc vacant" et éradiquer "l’habitat indigne", notamment en renforçant les crédits de l’Anah (Agence nationale de l’habitat). La loi SRU sur les logements sociaux doit aussi être renforcée en passant l’obligation de construction de 20% à 25% et même à 30% en Ile-de-France. Pour les loyers, la candidate écologiste veut les plafonner en se basant sur les prix pratiqués dans le voisinage. Dernière mesure phare : l’interdiction d’expulsion sans relogement. Logiquement, la candidate d’EELV annonce aussi toute une série de mesure pour la réhabilitation des bâtiments afin de maîtriser les dépenses énergétiques.

Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) veulent tous deux la réquisition des logements vides. Nathalie Arthaud se veut tout de même plus ambitieuse au niveau de la construction de logements sociaux : 500.000 par an contre 200.000 au candidat NPA. Ce dernier souhaite en revanche le blocage des loyers "pour les limiter à 20% du revenu". Nicolas Dupont-Aignan (Debout la république) évoque sur Evous.fr sa position : le respect de la loi sur les 20% de logements sociaux et l’augmentation de l’offre de logements grâce à des investissements publics. Jacques Cheminade (Solidarité & Progrès) se prononce aussi sur Evous.fr pour la construction de 150.000 à 200.000 logements sociaux par an et la réhabilitation de 500.000 autres avec un effort particulier pour les étudiants.

Et Eric Cantona ? L’éphémère candidat se voulait LE porte-parole du logement. Certes, l’ancien "king Eric" a fait acte de candidature début janvier non pour aller au bout de la démarche mais pour sensibiliser les candidats à la cause du mal-logement. Alors, que propose celui qui est soutenu par la Fondation Abbé Pierre ? Le parrain historique de la fondation voulait avant tout remettre le logement au cœur du débat. Une mission en partie réussie puisque 4 candidats ont signé le "contrat social pour une nouvelle politique du logement" de la fondation : François Hollande, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon et Eva Joly. Parmi les engagements : réguler les marchés et maîtriser les coûts des habitations, produire suffisamment de logements accessibles, moins d’injustice sociale et construire une ville équitable.

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