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Marc Chagall

Dernière mise à jour : samedi 26 novembre 2016, par Expositions

Une exposition s’est tenue du 13 octobre 2015 au 31 janvier 2016, à la Philharmonie de Paris.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Marc Chagall (1887-1985) est un artiste surprenant. Un être différent. À part. Juif affectivement touché par les traditions, il s’en défend pour s’ouvrir encore davantage à l’autre, intégrant la chrétienté, l’islam et bien d’autres choses encore, et persiste à représenter, contre l’interdit, la figure humaine.

Marc Chagall nait en 1887, dans une Biélorussie alors tsariste, près de la ville de Vitebsk (50 000 âmes), dont la moitié est une communauté juive qu’il évoque abondamment dans sa peinture, en paradis naïf lié aux traditions, à l’enfance, au bonheur conjugal, mais aussi en lieu de douleur qui connaîtra le tragique et verra ses populations juives chassées...

Aussi loin que remontaient ses souvenirs, la musique était présente, quotidienne, exprimée à sa manière par chacun... chants, instruments, psalmodies. Dans toute son œuvre, elle se manifeste d’ailleurs dans un surprenant éventail de résonances qui se révèle enchanteur.

Le jeune Chagall, parti se perfectionner en 1907 à l’école des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, a l’immense bonheur d’avoir le grand Léon Bakst, le peintre, chorégraphe, costumier et décorateur, comme professeur.

Autour d’elle, 1945, Huile sur lin. Paris Centre Pompidou, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle.

Une chance chassant l’autre, une petite bourse de son mécène Maxime Vinaver lui permet en 1910 de gagner Paris où il retrouve son maître, créant alors pour les Ballets russes.

Le lien Bakst-Chagall pourrait être plus souvent souligné, notamment pour les gammes de bleus que l’on trouve dans ses tableaux, et dont on se souvient sur les étoffes des costumes de Bakst, pour la place qu’il y accorde aux astres et au firmament, et pour l’intérêt passionné qu’il montrera plus tard pour les Mille et Une Nuits.

À Paris, installé à Montparnasse dans un atelier de la Ruche (comme Léger, Modigliani et Soutine), le jeune peintre russe est témoin du bouillonnement des grands mouvements de peinture (fauvisme, cubisme, suprématisme, surréalisme). Il conserve peut-être du premier l’usage joyeux de la couleur pure et claire, et du cubisme la liberté nouvelle de pouvoir déconstruire l’objet. Tout en restant pourtant lui-même, indéniablement.

Car tout en étant attentif aux spécificités des différentes écoles, Chagall n’en est d’aucune. Il passe alors ses journées au Louvre à s’imprégner des tableaux de grands peintres, dont Delacroix, Géricault, Watteau, et Courbet. Et son œuvre reste à la fois étonnamment figurative, allégorique, imaginative, narrative, rêvée, témoignant d’une manière bien personnelle de son temps et de ses violences.

Par Blaise Cendrars, qui parle russe comme lui, il fait la connaissance de Sonia et Robert Delaunay, et de Guillaume Apollinaire. Il rencontre aussi Soutine. Ses souvenirs d’enfance en Russie emplissent ses tableaux même à proximité de la tour Eiffel ou des ponts de Paris.

Marc Chagall expose pour la première fois des toiles à Paris, au Salon des Indépendants de 1914, et, est invité à la galerie Der Sturm par Herwarth Walden, avec Paul Klee et Albert Kubin, à Berlin. Revenu à Vitebsk, en Biélorussie, il s’y retrouve bloqué par la Première Guerre mondiale.

En 1920-1921, il effectue des peintures murales pour le théâtre juif Kamerny à Moscou, s’initie à la gravure à Berlin en 1922-1923. Puis séjour à nouveau à Paris, où Chagall fait la connaissance du marchand et éditeur d’art Ambroise Vollard, qui lui commande 30 gouaches et 100 eaux-fortes pour illustrer les Fables de La Fontaine, 118 eaux-fortes pour les Âmes mortes de Gogol (1925-1931) et des illustrations pour la Bible (1930).

Les tableaux de Chagall de ces années-là sont oniriques. Il y fait figurer des personnages hybrides caractéristiques de son imaginaire, et de nombreuses images du couple, qui parait être le thème central de son œuvre.

C’est en 1926-1929 qu’il effectue aussi sa première exposition à New York. Il voyage beaucoup, en Europe, et en Palestine en 1931. En 1933, une grande rétrospective est présentée à Bâle... et quelques-unes de ses œuvres sont montrées dans l’exposition nazie "L’Art dégénéré".

Menace. S’exiler un temps dans le Sud de la France (Loire, Gordes) ne suffit plus. Arrêté en 1941, il est de ceux qui devront leur salut au consul américain Varian Fry. Parti pour les États-Unis, il y témoigne des ravages de la guerre, et des actes de barbarie qui dévastent l’Europe.

La disparition de sa femme Bella en 1944, originaire comme lui de Vitebsk, lui fait arrêter une année entière toute peinture.

Après la guerre, il revient s’installer en France à Orgeval, puis Vence et enfin Saint-Paul-de-Vence. Redevenu travailleur acharné, il est couvert d’honneurs et de succès, et ses œuvres sont vendues dans le monde entier par Maeght.

En 1964, il peint le plafond de l’Opéra de Paris à la demande de son ami André Malraux, et crée des vitraux pour le siège des Nations-Unis à New York.

Un musée lui est consacré à Nice en 1973. Des vitraux de la cathédrale de Reims lui sont confiés en 1974.

Chagall acquiert progressivement une forme de sérénité et de plénitude qui est tangible sur La Danse par exemple, "véritable hymne à la joie qui reprend une nouvelle fois les principales figures de l’univers chagallien".

Un an avant sa mort, les rétrospective pleuvent sur l’œuvre de Chagall : à Paris, Nice, Saint-Paul, Rome, et Bâle...

Principales œuvres : Le Juif en prière (1914), Le Violoniste vert (1923-24), illustre la Bible, pour Vollard (1930), plafond de l’Opéra Garnier (1964), musée Chagall de Nice, vitraux de la cathédrale de Metz, décors et costumes de L’Oiseau de feu, d’Igor Stravinsky, L’Acrobate (1930).

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Izis, Marc Chagall travaillant aux panneaux du Metropolitan Opera de New York : Le Triomphe de la Musique (détail), atelier des Gobelins, Paris, 1966

Cette exposition de la Philharmonie de Paris, intitulée par Marc Chagall lui-même "Le Triomphe de la musique", explorait les créations pour la scène que fit l’artiste, les commandes décoratives et architecturales liées à la musique.

Environ 300 œuvres de toutes sortes (peintures, dessins, costumes, sculptures et céramiques), incluant des installations multimédias notamment grâce à un dispositif exceptionnel développé par le Google Lab autour du plafond de l’Opéra de Paris, et un ensemble de photographies pour la plupart inédites, dont celles, formidables de sensibilité, d’Izis, prises dans l’atelier de Marc Chagall dans les années 1960.

Les décors que Chagall réalise pour le Théâtre juif de Moscou en 1920, conservés à la Galerie Tretiakov, constituent un décor universel réunissant les arts (Musique, Danse, Théâtre, Littérature) dans une approche d’art total, faisant rayonner la culture et la langue yiddish par l’association du spectacle populaire, de la musique, du rythme, du son et de la couleur.

Plus tard, fuyant l’Europe pour les États-Unis, Chagall renouvelle son approche scénique par la découverte de l’espace et de la monumentalité de l’architecture et des paysages américains. En 1942, il crée les décors et les costumes pour Aleko à Mexico, puis pour L’Oiseau de feu à New York en 1945, renouant ainsi avec la musique russe.

De retour en France, l’Opéra de Paris lui commande un travail similaire pour Daphnis et Chloé en 1958 (1959 pour la première à l’Opéra de Paris), une collaboration qui culmine en 1962, avec la commande par André Malraux, alors ministre des affaires culturelles, du célèbre plafond de l’Opéra Garnier, inauguré en 1964.

Panthéon musical personnel de l’artiste, il constitue à lui seul un formidable hommage aux compositeurs qui ont marqué l’histoire de la musique. Les nombreuses esquisses inédites de ce projet, également présentées dans ce volet de l’exposition, restituent pas à pas la genèse de la création et les différentes étapes de son processus créatif.

Commissariat scientifique Ambre Gauthier, et directeur musical Mikhaïl Rudy.

Marc Chagall. Le triomphe de la musique, du 13 octobre 2015 au 31 janvier 2016 à la Philharmonie de Paris.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions et musées : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Philharmonie de Paris