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Le Bouquet final de Michel Blazy fait des bulles forcément périssables au Collège des Bernardins

Dernière mise à jour : mardi 26 juin 2012, par Expositions

Le Collège des Bernardins met en avant une programmation artistique clairement contemporaine. Il présente jusqu’au 15 juillet 2012 l’installation intrigante de l’artiste Michel Blazy "Bouquet final".

Tout coule, est absurde, et heureusement périssable. Comme nous, ne nous illusionnons pas !

Qu’en dit celui que Libération appelle "le plasticien bidouilleur" ? Ce serait une "presque performance quotidienne" de la matière vivante, où l’on peut voir évoluer "les formes lentes ou immobiles qu’on ne regarde pas pousser, comme les plantes".

Mais écoutez... N’entendez-vous pas le clapotis chuchotant de la multitude des bulles convoquées ?

Michel Blazy travaille avec constance et acharnement le périssable. Et c’est plutôt celui que l’on trouve habituellement dans les salles d’eau d’un appartement ou d’une maison :
- les aliments, les douceurs, bonbons, yaourts, féculents, fruits, nouilles, farines, sauces, en fait un peu tout,
- les ustensiles les plus basiques et les plus quotidiens, moules à gâteaux, sacs en plastique, savon,
- et puis, parce qu’il faut bien surprendre, quelques bizarreries comme des oiseaux, des insectes, des moisissures... ce que nous voyons. Et cela nous remémore d’autant plus clairement que nous-mêmes sommes bien sûr périssables.

La philosophie ne nous guette-t-elle pas de façon permanente ? Notre quotidien ne s’efforce-t-il pas toujours à nous surprendre ? Le spirituel en est-il pour autant encouragé ? Savoir que tant de choses et d’êtres sont destinés à disparaître nous permettra-t-il un meilleur "lâcher-prise" ?

Et c’est comme ça, pour suivre un instinct, parce qu’il nous faut aussi obéir parfois, que Michel Blazy exagérera et amplifiera un détail jusqu’à ce qu’il envahisse nos sens et finisse par nous interroger : "Bouquet final" met en scène le tsunami de bain moussant ! Un échafaudage érigé, de 8m sur 10, d’où coulent, de chaque étage, les flots compacts d’une banquise blanche et drue, à la fois légère mais soumise à la gravité.

Si le versant périssable de la sauce tomate fera qu’elle sera lentement rongée de moisissures, si les agrumes en meurent aussi sans vergogne, le balai de sorgho connaîtra une nouvelle vie.

Et le bain moussant, pendant ce temps-là ?

Et bien après l’avoir longuement observé, Michel Blazy est bien convaincu qu’il convenait de le sortir de l’oubli en lui permettant, autant qu’il le puisse, de se lever et d’aller faire un tour. De sortir de ses gonds ?

Que restera-t-il au curieux à faire et à contempler dans un tel contexte ? Observer, et ne sévir qu’en cas de drame avéré. Michel Blazy ne déclare-t-il pas qu’il "cherche à provoquer son propre étonnement".

Prendre et perdre son temps, on peut songer ainsi que ce sont deux voies pour retrouver un rythme de vie plus naturel...

Quelles que soient les questions, les réponses importent souvent davantage : dans cette installation de Michel Blazy, le bain moussant aura beau au détour d’un couloir se dresser avec fierté, la mousse finira toujours par retomber, fuyant la confrontation. Nous sommes sur un rythme quotidien de vie de flots de mousse. Chaque jour d’exposition verra se lever de nouvelles forces vives qui chanteront le réveil des bains moussants dans notre fuseau horaire et l’implacable tentation d’un nouveau matin hygiénique.

Le fait que cette exposition ait lieu dans ce site si religieusement connoté brouille et réoriente quand même furieusement la perception que l’on en aura...

Bouquet final, de Michel Blazy, au Collège des Bernardins, 20 rue de Poissy 75005 Paris. Du lundi au samedi de 10 à 18h, dimanche de 14 à 18h, jusqu’au 15 juillet. Gratuit.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : Collège des Bernardins, visite, Libération

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