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DERNIERS JOURS à la Pinacothèque de l’exposition réussie sur Modigliani, Soutine, Utrillo, Derain et quelques autres

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Jusqu’au 9 septembre 2012...

La Pinacothèque de Paris présente jusqu’au 9 septembre 2012 la collection Jonas Netter (1868-1946), qui fut l’un des collectionneurs les plus marquants du XXe siècle, un découvreur de talent, discret, et même honnête. Cet homme droit entretint sa vie durant des relations profondes d’amitié et de confiance avec les artistes qu’il approchait. C’est souvent d’ailleurs grâce à ses financements personnels que le marchand d’art et poète polonais Léopold Zborowski sera en mesure de leur accorder soutien, aide régulière.

Cette exposition, qui présente quelque 125 tableaux, lui rend aujourd’hui un hommage d’autant plus mérité, que sans lui il eut été fort probable que le talent du peintre italien Amedeo Modigliani (1884-1920) n’ait pas été suffisamment reconnu, ni peut-être celui de Chaïm Soutine, ou même de Maurice Utrillo.

Amedeo Modigliani, Portrait de Soutine (1916), collection privée, photo Pinacothèque / Fabrice Gousset

Rien ne prédisposait a priori Jonas Netter, Alsacien représentant en marques, installé à Paris, à s’intéresser à la peinture, et pourtant… Découvrant une toile de Modigliani, il se décidait à l’acquérir, devenant l’un de ses premiers acheteurs, prenant par cet acte quasi initiatique l’immédiate suite de Paul Alexandre.

Jonas Netter commença alors d’acheter chacune des œuvres de Modigliani exposée chez le marchand d’art Léopold Zborowski, qui en avait l’exclusivité contre 15F/jour, se passionnant pour cet artiste dont il posséda à la fin des Années 1920 jusqu’à une quarantaine de toiles.

Puis la fièvre acheteuse le gagna pour Chaïm Soutine et son œuvre, par la suite pour Maurice Utrillo, dont la période blanche l’envoûta, et la collection de Jonas Netter, se servant toujours chez ou grâce à Zborowski, rassembla de 1915 à 1925 plusieurs centaines de tableaux.

Ce marchand, qui n’était lui ni rigoureux ni même très scrupuleux, se retrouva ainsi grâce à un tel client à se charger de nombreux autres jeunes artistes, de l’École de Paris, propulsés simultanément par une nouvelle génération de marchands et de collectionneurs.

Les peintres André Derain (2 tableaux), Suzanne Valadon (12), et Moïse Kisling (7) en bénéficieront comme d’autres, qui n’acquiéreront pas tout à fait une notoriété comparable, comme Kremègne, Kikoïne, Hayden, Ébiche, Isaac Antcher (1899-1992), grand-père de Marc Restellini, Fournier et Léon Sola.

La Pinacothèque de Paris présente pour la première fois à Paris un ensemble d’œuvres jamais exposé de Modigliani, - 11 huiles et 4 dessins au crayon -, qui constitue le clou de cette exposition, et reconstitue, avec d’autres œuvres qui ont pu être retrouvées, une partie de la fabuleuse collection qu’avait constituée Jonas Netter.

Le beau Modigliani (photo, à côté de celle de Jeanne Hébuterne) n’avait pas eu droit à une telle mise en valeur à Paris depuis plus de 70 ans.

Et ses tableaux, dans cette collection révélée par cette exposition… sont les plus beaux et, selon moi, les plus importants que j’aie pu voir de toute ma vie ! En toute franchise.

Ainsi peut-on voir par exemple, pour la première fois depuis les Années 1930 la toile « Jeanne Hébuterne au henné » (1919) (au total, Modigliani fit d’elle 26 portraits !), « Fillette en bleu » (1918), « Elvire au col blanc » (1917 ou 18), « Portrait de la jeune fille rousse » (Jeanne Hébuterne, 1918), deux fantastiques portraits de Soutine, l’un fait pour lui au crayon sur papier, l’autre peint (1916), et sur lequel leur profonde amitié est clairement énoncée (observez les mains), très belle "Caryatide bleue", au crayon, et quelques autres tableaux encore dont le « Portrait de Lepoutre » (1916).

Ceux représentant Jeanne Hébuterne prennent un relief plus émouvant encore lorsque l’on sait que la toute jeune compagne de Modigliani, ayant appris qu’il avait été emporté par une méningite tuberculeuse, se jetait enceinte de 9 mois le 24 janvier 1920, de la fenêtre d’un 5e étage.

Amedeo Modigliani, Portrait de la jeune fille rousse (Jeanne Hébuterne) (1918) Photo Pinacothèque de Paris

Chaïm Soutine est également superbement représenté ici avec 19 tableaux balayant des motifs bien plus diversifiés que ce que l’on voit habituellement de ce peintre : « L’Escalier rouge à Cagnes », « L’Autoportrait au rideau », « La Folle » (observez les mains…), l’étouffement ressenti dans « Les Platanes à Céret », ou la grande sobriété classique de la demi-carcasse du « Bœuf ».

14 tableaux, peut-être moins forts en revanche, mais intéressants, de Maurice Utrillo, de « paysages urbains », et les monumentales « Grandes Baigneuses » (1908) d’André Derain, certainement conçues vers Chatou, avec ses amis de Vlaminck et Poiret, et sur lesquelles plane l’ombre sombre de Picasso.

Quelques petites remarques pourraient être faites au passage. Les textes d’accompagnement et d’étapes de cette exposition s’attachent plus à nous parler du marché de l’art de l’époque, en plein bouleversement, et de la vie des artistes que de leurs œuvres. Que venons-nous voir ici, et qui sont les véritables héros ? Zbo, le retors ? Netter, le droit ? La vie de patachons des artistes dans le Montmartre d’alors, leurs tourments ? Ou les tableaux qu’ils nous ont laissés ? N’y avait-il rien de plus à nous dire pour aiguiser davantage notre regard et notre sensibilité ? Cela étant posé, cette collection est un grand cru, riche en révélations. Sincères remerciements, c’était une bonne pioche !

La collection Jonas Netter : Modigliani, Soutine et l’aventure de Montparnasse. Pinacothèque / Les Collections, 8 rue Vignon 75008 Paris, 01 42 68 02 01, métro Madeleine (8, 12, 14). Bus 24, 42, 52, 84, et 94. Du 4 avril au 9 septembre 2012. Tlj de 10h30 à 18h30. Nocturne chaque mercredi et vendredi jusqu’à 21h. 10 ou 8€. Les billets jumelés 15 ou 12€. Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : La Pinacothèque, Marc Restellini, Netlex News, visite

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