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Nouveau TGI : les avocats tiennent à leur Cité et refusent les Batignolles

Allons-nous assister à cette scène épouvantable où des avocats emperruqués s’attacheront au Palais de Justice de la Cité avec force chaînes et moult cris amers ?

En 2016, Bouygues devrait avoir fini de construire le nouveau Tribunal de Grande Instance (TGI) dans le XVIIe arrondissement, selon les plans de l’architecte Renzo Piano. Ne resteront à Lutèce que la Cour de Cassation et la Cour d’Appel, ses juges, ses avocats et ses suspects. Les autres ne pourront plus faire écarquiller des yeux admiratifs en disant "je travaille sur l’île de la cité, oui..." ou encore, "la dernière fois que j’ai pris vingt ans, c’était sur l’île de la Cité". Ils devront dire "soit j’arrête la chignole, soit je me retrouve aux Batignolles", ou encore "j’ai la robe qui se ternit depuis que je bosse à Clichy".

Mais les résidents du Palais de Justice n’ont pas encore effectué leur dernier tour de manche. Présidée par Me Cyril Bourayne et représentée en justice par Me Gabriel Benesty, l’association "La justice dans la Cité" n’a d’autre ambition que de maintenir coûte que coûte l’activité de ses membres dans l’ancien palais des Capétiens.

Ce mercredi 18 avril, elle a annoncé dans un communiqué qu’elle avait « régularisé le 13 avril 2012 un recours devant le tribunal administratif de Paris à l’encontre de la décision de signature du contrat de partenariat ». Autrement dit, l’association souhaite faire «  annuler la décision de signer le contrat de partenariat ayant pour objet la conception, la construction, le financement, l’entretien, la maintenance du futur palais de justice sur le périmètre de la ZAC Clichy-Batignolles  ».

Pour ne pas passer pour des conservateurs préférant travailler sur une surface moindre que la moyenne nationale (d’après un article de Libération citant la Chancellerie, la surface judiciaire utile par agent est à Paris de 13 m² alors qu’elle est de 25 m² à 30 m² dans la plupart des grands tribunaux) plutôt que de prendre ses aises et rendre une justice plus efficace dans un endroit moins chic que la Cité, les membres de l’association dénoncent le coût excessif du projet, et le fait qu’il ne présente pas de caractère d’urgence.

L’association affirme en effet que  le contrat de partenariat représentera une charge déclarée à ce jour de 1,6 milliard. Mais quand on sait que ce milliard et demi sera étalé en loyer payé à Bouygues sur 27 ans, le chiffre semble déjà moins impressionnant. Après cette période, l’État deviendra le propriétaire du bâtiment. Est-ce que la rancœur des avocats délocalisés se sera alors apaisée ?

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