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Django Reinhardt

Dernière mise à jour : lundi 26 septembre 2016, par Expositions

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

L’immense Django est né au cul d’une caravane dans la campagne belge le 23 janvier 1910, d’un père musicien (comment faire autrement ?) et d’une mère acrobate, et dans une Europe où les contrôles sur "ces populations-là" s’accroissaient.

Il passa une enfance que l’on peut imaginer assez facilement en regardant cette roulotte de zoniers, comme on les appelait alors, photographiée par Eugène Atget, à la porte d’Italie, localisation précise de la famille de Django atterrissant près de Paris.

Vous ne me croiriez pas si je vous disais qu’à cette époque les articles du Petit Journal présentaient Nomades, Bohémiens et Romanichels comme des indésirables, des voleurs de poules et d’autres choses.

La seule chose qui trouvait en général grâce aux yeux de tout le monde était ce si folklorique pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer, avec cette musique qui décidément les habite...

Famille de musiciens, Jean, que l’on n’appellera plus que Django, "celui qui réveille", apprend le violon, puis assez rapidement passera au banjo-guitare, instrument très apprécié car seul parvenant à se faire entendre dans les bruyantes fêtes et les bals musettes interlopes, qui souvent tournent en batailles rangées, font un boucan pas possible, avec toutes ces grolles frappant si fort ces mauvais parquets.

Reinhardt (au Cœur du Rhin !) sera très vite remarqué, dès 12 ans, pour son talent, successivement par des joueurs de l’instrument-roi, l’accordéon : Vétese Guérino, Fredo Gardoni ou même Jean Vouissade.

Et la boule prismatique à mille facettes tournait, tournait et le gamin grandissait et gagnait correctement sa vie, souvent d’une estrade ou d’un balcon qui permettait d’éviter quelque mauvais coup en se protégeant des bagarres trop fréquentes.

Brassaï, fasciné par ce monde de la nuit, saura l’immortaliser dans ses photos aux pieds des "fortifs".

Le Django enregistrera même, mais ne sachant pas écrire, il signera d’un nom à l’orthographe mouvante, parfois "Renard", ou toute autre appellation approchante...

Succès, jusqu’au jour où l’incendie de sa roulotte faillit les tuer, lui et sa femme enceinte, qu’il tira des flammes, en y laissant tout de même l’agilité de 2 de ses doigts, le côté et la jambe gauches, gravement brûlés. C’était dans la nuit des 25-26 octobre 1928.

Il devra passer 18 mois à réapprendre à jouer... de la guitare, car le banjo est bien trop lourd sur la poitrine, et ses cordes plus dures.

Nouvelles terres, le Sud, nouvelle compagne, nouvelles rencontres. Émile Savitry, peintre proche des surréalistes, est ébloui par le jeu de Django et de son frère. Il les héberge et sera le premier à leur fait écouter Armstrong, le poussant donc sur la voie du jazz. Puis le "Palm Beach" de Cannes, Jean Sablon, le chanteur à succès, qui sut l’habiller et le "professionnaliser", pour qu’il puisse jouer devant le public select du "Bœuf sur le toit". Et bien sûr le "Hot Club de France", qui fédérait à l’époque les amateurs de jazz.

Et la période de la guerre et de l’Occupation, pendant laquelle Django connut paradoxalement sa plus grande popularité. Il détournera l’étoile jaune en y inscrivant "swing 42", faisant danser zazous, Français, ou Allemands, sans apparemment courir trop de risques personnels, mais sans compromission non plus. Refusant par exemple d’aller jouer sur le tard en Allemagne, et tentant même, quand la pression se fit plus forte, une échappée infructueuse vers la Suisse, qui le refoulera. Pensez ! Un Gitan en Suisse ! Il jouera 6 mois discrètement en Province.

Contrairement à une idée reçue, le jazz ne fut jamais interdit sous l’Occupation. C’était même la musique de l’époque, la plus dynamique et la plus populaire. Tout était "swing". "Nuages" date de fin 40 ! En ce temps-là, Grappelli reste en Angleterre, pendant qu’à Paris "tout va très bien Madame la Marquise", et Reinhardt joue avec le célèbre "Quintet de France" salle Pleyel.

Ce fut une chance pour lui que l’administration française n’ait pas été aussi affûtée sur le dossier racial que les Allemands ! Et que Django n’ait pas été nomade ! Il habita même un temps sur les Champs-Élysées, puis avenue Frochot, près de Pigalle...

Savait-il en 1943 ce que vivaient ses frères romanichels ? Il eut en tout cas l’intention alors de leur composer une messe.

Ce sera par la suite, à la Libération, au tour des Américains de devenir son public de prédilection, ces GI’s qui connaissaient déjà si bien sa musique et en étaient comme fous. Django avait fait la Une de l’influent Melody Maker, et ses concerts étaient retransmis sur les ondes...

Django rencontrera les plus grands musiciens de la nuit, les Armstrong, Ellington, Bing Crosby, celui qui sera son plus grand complice Stéphane Grappelli bien sûr, Bill Coleman. Ses succès, ses disques seront planétaires, diffusés sur les radios anglaises, américaines et d’ailleurs.

Tournée en Amérique de plusieurs semaines, pendant laquelle il sera en vedette dans l’orchestre de Duke, faisant les couvertures ou les Unes de Down Beat, du Times, de Newsweek, et même de Der Spiegel.


Crédit photo © Hervé Derrien - Django Reinhardt chez lui à Samois, 1953, collection particulière

Il passa très près de son rêve américain mais sans l’atteindre jamais tout à fait : la langue, les femmes, la sensibilité, la nostalgie, un gamin trop loin, Babik, et, dit-on, une rencontre fortuite avec Marcel Cerdan, autre Frenchie perdu dans la grande Amérique, qui le fit arriver bien trop tard à un grand concert...

Pour l’anecdote, on raconte même qu’il avait débarqué la-bas sans guitare, et avait même dû jouer avec une Gibson électrique...

Plus tard, de retour en France, Django perdit même un temps sa passion pour la musique, au profit de la peinture, avant de la retrouver entière au contact de nouvelles générations de musiciens...

Serge Gainsbourg, vilain copieur ! Django fit scandale avec sa Marseillaise swinguée bien avant lui...

Présentation de l’exposition

C’était une année où Paris n’en finissait pas de mettre en scène les Bohèmes, les Manouches, que l’on retrouvait au Grand Palais, au musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (Bertille Bak), à la Cité de la Musique, et toujours au triste rayon des faits divers (comme celui, dramatiquement stupide où des riverains avaient estimé de leur bon droit d’enflammer un campement de Roms dans les environs de Marseille) et des expulsions, avant-hier de droite, hier et aujourd’hui de gauche.

En Allemagne, un hommage national venait d’être rendu à ce peuple.

Ce fut une belle exposition à la Cité de la Musique pleine d’objets, de photos, de rencontres et d’humanité, avec toutes ces banquettes où se retirer pour se lover dans la musique swing et dans le jazz manouche, ou ces cabanes où l’on pouvait passer la tête pour contempler quelques rares et précieux extraits de films...

L’expo présentait les clichés et dessins, les petits jetons nécessaires dans les bals, ronds, en losange, octogonaux, et les autres objets de cette zone... militaire.

Et le seul film existant sur lequel Django jouait et joue, et où l’image soit raccord avec le son, était à cette exposition.

Avec l’exposition "Django Reinhardt, Swing de Paris", vous pouviez danser sous les étoiles ! Un Manouche venait enfin de devenir pape en entrant au musée ! Tout cabossé bien sûr, comme un authentique Gitan.

Django Reinhardt, Swing de Paris, Cité de la Musique, 221, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris, du 6 octobre 2012 au 23 janvier 2013.


***

Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, et au musée Galliera.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Jean-Pierre Bruneau, Django Reinhardt, Cité de la Musique

Adresse

221 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris

Horaires

- Du 6 octobre 2012 au 20 janvier 2013

- Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h et le dimanche de 10h à 18h