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Archives. N’oubliez pas Vincent van Gogh et le japonisme, à la Pinacothèque

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Exposer Vincent van Gogh ? Quelle affiche ! Ne serait-il pas le peintre le plus connu au monde ? Est-on vraiment en droit de l’associer à un aussi lointain pays que le Japon dont la civilisation et la sensibilité paraissent spontanément si différentes des siennes ? De sa Hollande natale ? De ses troubles ? De Paris, et même du Sud de la France ? À voir.

Quand les artistes européens découvrent l’art japonais vers 1860-1870, certaines de leurs œuvres s’en trouvent bouleversées. Les peintres de l’Ukiyo-e (Scènes du Monde flottant), c’est-à-dire des estampes, comme Katsushika Hokusai, Utagawa Hiroshige, Kitagawa Utamaro ou Keisai Eisen, participent à des expositions, à Londres tout d’abord, en 1862, puis à Paris successivement en 1867, en 1878, et en 1889.

L’ordre académique établi de nos arts plastiques allait s’en trouver influencé, si ce n’est modifié, et de nouvelles voies graphiques s’ouvraient.

Vincent van Gogh, Le Bon Samaritain (d’après Delacroix), début mai 1890, huile sur toile, 73x59,5cm. Vincent Kröller-Müller Museum, Otterlo © Stichting Kröller-Müller museum

Dans une série d’articles publiés en 1872 pour la revue Renaissance littéraire et artistique, le collectionneur Philippe Burty donna un nom à cette révolution exotique : le Japonisme.

Édouard Manet, avec son Olympia (1863), plaçait le nu féminin dans un environnement oriental, comme d’ailleurs, en 1868, son Portrait d’Émile Zola, doté d’un paravent, de style japonais, et d’une estampe.

Parmi les techniques familières aux artistes de l’Ukiyo-e, on pouvait relever :
- les sujets coupés par les limites du cadre,
- la suppression de l’horizon pour obtenir un plan plat,
- ou l’intrusion d’éléments verticaux qui brisent l’unité du plan...

N’est-il pas remarquable que van Gogh (1853-1890), artiste torturé dont l’œuvre est caractérisée aussi par les affres du tourment, se soit ainsi si fortement inspiré de l’art d’Hiroshige, qui a contrario repose lui sur la solidité, la composition, le voyage, la sérénité et la paix intérieure ?

Van Gogh posséda près de 500 estampes, une collection établie avec son frère Théo, et visible aujourd’hui au musée d’Amsterdam. Il fut probablement le plus fervent et le plus ardent des japonistes : « Tout mon travail se construit pour ainsi dire sur les Japonais [...] L’art japonais est en décadence dans sa patrie, mais il jette de nouvelles racines chez les impressionnistes français », écrivit-il à son frère Théo, en 1886.

Il est vrai que Degas, Cassatt, Monet, Renoir, puis les peintres nabis en subiront très fortement l’influence.


Vincent van Gogh, Oliveraie, juin 1889, huile sur toile, 72,4x91,9cm. Signée en bas à gauche : Vincent Kröller-Müller Museum, Otterlo © Stichting Kröller-Müller museum

Et il passait de longues heures à farfouiller dans les réserves des estampes de la galerie parisienne du grand spécialiste et collectionneur Samuel Bing, qui portait dans sa revue Le Japon artistique, en mai 1888 : « Cet art [japonais] s’est à la longue mêlé au nôtre. C’est comme une goutte de sang qui s’est mêlée à notre sang, et qu’aucune force au monde ne pourra éliminer ».

Il les découvrit certainement lors d’un séjour à Anvers, puis, employé vers 1875 à Paris, chez Goupil & Cie, en eut de nombreuses à portée de main et de regard dans les réserves du magasin. Il ira même jusqu’à exposer ses estampes personnelles au café Le Tambourin, tenu par Agostina Segatori, avec qui il entretenait une liaison.

Van Gogh est le peintre des couleurs, du mouvement, de la fusion des éléments de la nature, dont les humains font et ne sont que partie.

Vincent van Gogh, le Semeur, vers 17-28 juin 1888, huile sur toile, 64,2x80,3cm, signée en bas à gauche Vincent, Vincent Kröller-Müller Museum, Otterlo © Stichting Kröller-Müller museum

Il entendait avec intuition l’intention des maîtres de l’Ukiyo-e : saisir, dans sa fugacité, le mono no aware, la sensibilité aux choses du monde flottant, monde transitoire, à la fois vain et exaltant.

"Ces Japonais si simples qui vivent dans la nature comme si eux-mêmes étaient des fleurs."

Il retint par exemple d’eux :
- l’échappement d’une pièce à l’autre,
- l’usage de couleurs vives en de grands aplats,
- l’emploi de ces premiers plans colorés originaux d’un tableau, qu’on appelle repoussoirs, ces atmosphères claires et lumineuses,
- et enfin il introduisit le placement sur ses tableaux de petits personnages, comme sur la toile Cyprès avec deux silhouettes.

Ajoutons qu’il prit grand plaisir à lire le roman de Pierre Loti Madame Chrysanthème, qui distillait de nombreuses anecdotes et traits de civilisation sur le Japon qui lui était contemporain.

L’exposition fait quelques rapprochements riches d’enseignement entre les estampes de Hiroshige et les tableaux de van Gogh (cadrages, perspectives) et la justification du thème parait clairement démontrée.

Un élément m’a assez troublé. Les dates des tableaux sont données au mois près, et parfois peuvent même être encore plus précises, comme si Vincent ressentait irrépressiblement l’urgence dans temps qui presse...

Quelques fort belles toiles, en général de la collection du musée de Vincent Kröller-Müller Museum, à Otterlo, en Hollande, dont "Lavandières sur le canal de la Robine du Roi" (15-17 juillet 1988), "Pins dans le jardin de l’asile" (novembre 1889), ou "Le Jardin de l’asile de Saint-Rémy" (mai 1889, et signé Vincent).

Dans ses lettres, van Gogh dit être en pleine confusion, mais en revanche bien convaincu qu’en fait le Sud de la France et le Japon ne font qu’un.

"Pour moi ici, je n’ai pas besoin de japonaiseries car je me dis toujours qu’ici je suis au Japon. Que conséquemment je n’ai qu’à ouvrir les yeux et à peindre droit devant moi ce qui me fait de l’effet."

Il écrivait encore à son frère Théo en 1885 : "Mon atelier est assez supportable, surtout depuis que j’ai épinglé aux murs toute une collection de gravures japonaises qui me plaisent fort. Tu connais ces petites figures de femmes dans des jardins ou sur une plage, des cavaliers, des fleurs, des branches noueuses d’aubépine".

Un célèbre tableau de van Gogh aurait eu pleinement sa place dans cette exposition : "Le Père Tanguy" (1887-1888), où le personnage, anarchiste, fédéré, et presque illettré, haut en couleurs (marchand ambulant, il en broyait le bougre, et acceptait d’être payé en toiles !), en costume breton, est représenté devant 6 estampes japonaises. Cette œuvre est au musée Rodin.

L’exposition Van Gogh et le Japonisme de la Pinacothèque présente une quarantaine d’œuvres posant clairement l’importance que revêtira le Japonisme pour les impressionnistes. Cette exposition, présentée simultanément à celle d’Hiroshige, permettra aux visiteurs de découvrir par eux-mêmes cette proximité-confrontation.

Van Gogh et le Japonisme. La Pinacothèque / Les Collections, 75008 Paris, 01 42 68 02 01, du 3 octobre 2012 au 17 mars 2013. Métro Madeleine (8, 12 et 14). Tous les jours de 10h30 à 18h30. Fermeture de la billetterie à 17h45. Nocturne les mercredi et vendredi jusqu’à 21h. Fermeture de la billetterie à 20h15. Le 1er mai, le 14 juillet, le 25 décembre et le 1er janvier : ouverture de 14h à 18h30. La Boutique de la Pinacothèque de Paris est ouverte tous les jours de 10h30 à 19h, les mercredi et vendredi jusqu’à 21h15.

Vous retrouverez dans les articles 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris, et Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois , à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avions établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, celui de cette exposition en faisait partie, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procéderons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, Vincent van Gogh, Pinacothèque, Wikipedia, Connaissance des arts

Adresse

28 Place de la Madeleine 75008 Paris

Horaires

- Du 3 octobre 2012 au 17 mars 2013

- Ouvert tous les jours de 10h30 à 18h30, nocturne le mercredi et le vendredi jusqu’à 21h

Messages

  • Bonjour connaissez vous le dernier livre sur van Gogh ? Il s’agit d’un inédit du célèbre éditeur Robert Morel, édité chez équinoxe : Enquête sur la mort de Vincent van Gogh
    Toute sa vie, Robert Morel a été passionné par la personnalité de Vincent van Gogh. Dès les années 1950, il lui consacre de nombreux travaux (Plon, le Figaro littéraire, Le Club du Livre Chrétien…) et même, en 1953, un drame radiophonique « La passion de Vincent Van Gogh Peintre et Martyr » (rediffusé en 2002 par la radio de Brême).
    En 1989, il avait le projet de publier les résultats d’une enquête sur la mort de van Gogh. Durant des années, il avait recoupé, regroupé, étudié, une documentation énorme. Il avait été en relation suivie avec Vincent Wilhem van Gogh, le fil de Théo, mais aussi avec le fils du Dr Gachet et Adeline Ravoux, témoins directs des derniers
    jours de Vincent. Le 18 août 1954, cette dernière lui a d’ailleurs adressé, à sa demande, un long témoignage inédit. Robert Morel devait malheureusement décéder avant d’avoir pu mener cette publication à son terme.
    Le temps a passé et aujourd’hui il n’y a plus une certitude mais plutôt deux hypothèses sur les circonstances du coup de feu fatal.
    Avant propos de l’éditeur :
    En avril 1989, Robert Morel, auteur et éditeur réputé, m’apporta le projet d’un livre consacré à la mort de Vincent van Gogh, qui selon les conclusions de ses recherches ne se serait pas suicidé.
    Il travaillait à l’élaboration de cette hypothèse depuis de nombreuses années et ne se sentait plus en mesure de mener seul à son terme, cette étude. Il me proposa donc de l’éditer, ce que j’acceptais à la lecture des pages de ce manuscrit.
    Malheureusement, Robert Morel devait décéder quelques mois plus tard, en 1990, avant d’avoir pu mener à bien cette édition.
    Les révélations de cette enquête bouleversaient radicalement la version alors unanimement admise du suicide du peintre.
    Et puis, le temps a passé…
    La parution, en novembre 2011 aux États-Unis de « Van Gogh the life » par Steven Naifeh et Gregory White Smith provoqua une telle tempête médiatique que peu de personnes n’ignorent aujourd’hui la remise en cause de la version du suicide du peintre maudit.
    La crédibilité de ces deux auteurs, déjà prix Pulitzer pour leur biographie de Pollock, a été renforcée par l’imprimatur que leur a accordé M. Leo Jansen fondateur et directeur du Van Gogh Museum à Amsterdam.
    Une évidence s’impose désormais : Robert Morel avait raison et ce qui pouvait sembler il y a 23 ans une théorie fantaisiste apparaît aujourd’hui, comme un nouvelle réalité sur la mort de van Gogh.
    Avec Odette Ducarre, sa femme, qui travaillait à ses côtés et ses enfants François, Ève et Marie, nous sommes heureux de rendre enfin publique cette enquête qui tout en décrivant les derniers jours de Vincent, magnifie sa générosité et son sens du partage qui furent la quête permanente de toute son existence.

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