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DERNIERS JOURS : Balenciaga ET Comme des Garçons aux tout nouveaux Docks de la Mode !

Dernière mise à jour : mercredi 22 mars 2017, par Expositions

Dans le cadre des expositions, plusieurs ateliers sont proposés aux enfants : programme ici.

Le musée Galliera, musée de la Mode de la Ville de Paris, 10 avenue Pierre Ier de Serbie (XVIe), ne rouvrira ses portes qu’au printemps 2013. Depuis le 26 avril 2009, il est fermé pour travaux, afin de sécuriser le site (mise aux normes du dispositif anti-incendie et anti-intrusion), et d’en améliorer l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite.

En revanche, bien qu’il ait été dit que le bâtiment n’était pas très adapté structurellement à la présentation au public de collections de vêtements et de tissus anciens, réputés très fragiles à l’air et à la lumière, rien de fondamental ne paraît devoir changer pour autant.

En attendant, la vie parisienne continue et la mission du musée Galliera s’exerce momentanément « Hors les murs », et plus précisément aux Docks en Seine, à la Cité de la Mode et du Design, avec deux expositions simultanées, du 13 avril au 7 octobre 2012.

Comme des Garçons – White Drama. C’est l’intégralité du dernier défilé, le Printemps-Été 2012, qui fut présenté le samedi 1er octobre 2011 à Paris devant un public restreint de professionnels. Défilé entièrement blanc : manches généreuses, fleurs artificielles, dentelles enroulées, tissus millefeuille...

Cette installation aux Docks, conçue par Rei Kawakubo, créatrice de la marque japonaise en 1973, a été imaginée pour que le public puisse voir (mais sans toucher !) les modèles de relativement près, groupés par 4 ou 5, et protégés à l’intérieur de 7 spacieux globes de plastique souple, presque transparent. Cette présentation nécessite malgré tout quelques contorsions pour parvenir à lire les étiquettes de présentation des robes, manteaux et accessoires, le plastique n’étant que « presque » transparent, mais son univers poétique traverse aisément ces basses contingences.

Rei Kawakubo qui, en 1983, avait créé l’événement « en introduisant un look de mendiant, élaboré à partir de vêtements en loques, élimés et lâches, aux larges trous audacieux », avec White Drama, présente des modèles quasi monochromes, magnifiant chacun à sa manière l’une des grandes étapes de la vie : naissance, mariage, mort et transcendance.

Chacune de celles-ci deviendra ici, par ses blancs purs, le lieu et l’objet de gloire d’une cérémonie spécifique. Car ce parti pris de l’harmonie des blancs est tout sauf la marque d’une modestie ou d’une sobriété quelconque ! Nous y découvrons des matières moutonneuses faites chapeaux, des éclosions florales en vagues, des effeuillés de mouchoirs, trouées de dentelles et des nœuds monumentaux.

Pourquoi faire déjà « entrer au musée » une collection si fraîchement présentée ? Galliera, séduit, en avait acheté quelques éléments forts… Une fois n’est pas coutume !

Au-delà du talent de l’exposition voisine de Cristobal Balenciaga, que séparent tout de même plus d’une quarantaine d’années, l’autre point commun avec celle-ci se cacherait peut-être dans la majesté de ces grands manteaux et de ces hauts chapeaux qui, bien que blancs, pourraient rappeler les fiévreuses processions sévillanes de la Semaine Sainte ou du mois de la Vierge, finalement ni si religieuses ni si sobres ni si mariales.

La robe de mariée, soyeuse chrysalide d’étoffes, tour à tour brutes ou raffinées, mates ou brillantes, opaques ou transparentes, qui s’épanouissent, voisinent et habillent les forces vitales de la nature.

N’avons-nous pas gagné là une dimension ou une tension immatérielle qui nous rapprocherait un tant soit peu du spirituel ? Rei Kawakubo est une fois encore parvenue à maintenir ce « je-ne-sais-quoi » « d’encore-jamais-vu » ! Un univers inclassable, protégé des miasmes et des médiocrités du siècle, comme par une bulle : 10 robes, 8 jupes, 7 voiles et quelques autres merveilles, pour traverser l’époque comme un poème épuré et fleuri.

Cristobal Balenciaga, collectionneur de modes, est mort en 1972. Il lui est rendu aujourd’hui cet hommage mérité. 40 ans… Créateur très tôt, auprès de sa mère, puisant sa sève dans les traditions, le kitch et les frivolités des siècles passés, et dans les folklores, l’austérité sera pourtant une de ses principales signatures. Il démontait et remontait à sa manière les robes, copiant et transformant, les retravaillant, et créant inlassablement, dans une permanente atmosphère de recueillement.

"Comme des Garçons" chantait le blanc ? L’allée de droite de l’exposition de Balenciaga n’est que noirs. Et pourtant, quelles diversités, quels graphismes, quelles architectures, et quelles matières !

Cette exposition a pu être organisée par le musée Galliera grâce à la Maison Balenciaga. Tout inspira ce maître de la couture : les capes ou les habits de lumière en satin des toréadors (Lacroix ?), comme les grands maîtres espagnols de la peinture, les Velasquez, Goya, ou Zurbaran.

Ce seront encore les collets et les mantelets, ou les robes à tournures, recherchant ainsi des filiations, ou des traces, dans les éléments de cette collection des XVIIIe (discuté), XIXe et XXe siècles, chez les coquettes et élégantes du Second Empire français, comme dans les tissus épais et plus rustiques que portaient les danseuses de folklores ou les paysannes. Pour la lourdeur des tombés simplement, car l’exigence de qualité des matières restait son perpétuel aiguillon, comme le travail méticuleux et précieux des broderies éternelles, des perles et des paillettes rendues discrètes et sobres.

Cristobal Balenciaga s’installa à Paris, fuyant la guerre d’Espagne. Grand architecte du vêtement, il connut un succès foudroyant et érigea en trente ans un véritable empire familial. Puis le sens de son temps, le parfum de son époque lui échappèrent progressivement vers la fin des Années 1960, et il s’éteignait en 1972. Lentement foudroyé par l’invasion des minis, notamment de Courrèges, qui avait pourtant travaillé 10 ans chez lui, et par le prêt-à-porter ?

La collection montrée aux Docks a été minutieusement accumulée par Cristobal Balenciaga en personne. Nous sommes ici en présence du « musée imaginaire », presque d’une boîte à idées et à inspirations du couturier : somptueux vêtements anciens, de soirée, de cérémonie, religieux, à dominantes nettement noires, accessoires, peignes à perles, étoles, mantilles, une accumulation d’idées environnantes dont aimait s’entourer celui qui fut surnommé « le couturier des couturiers ».

Ce fut en mars 1979 que son dessinateur et collaborateur remettait au musée Galliera cet ensemble de pièces amoureusement collectionnées pour sa documentation personnelle par Balenciaga.

Très belle exposition janusienne et historiciste, et qui devrait être féconde en idées pour les "mode addicts", les élèves stylistes, les designers et très plaisante pour les esthètes.

Les Docks – Cité de la Mode et du Design, du 13 avril au 7 octobre 2012, métro Austerlitz, Quai de la Gare, Gare de Lyon, bus 24, 57, 61, 63, 89, 91.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

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Que faire cette semaine dans le 13ème à Paris ?

sources : Visite, Galliera, Olivier Saillard, Dictionnaire international de la mode

Adresse

34 quai d’Austerlitz 75013 Paris

Horaires

ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18h, sauf les jours fériés