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Archives : l’Art naïf aujourd’hui ? C’est Histoires de voir, à la Fondation Cartier

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Présentée du 15 mai au 21 octobre 2012, l’exposition « Histoires de voir, Show and Tell » fait découvrir les œuvres et raconte les histoires de plus de 50 artistes du monde entier, peintres, sculpteurs, dessinateurs et cinéastes, dont beaucoup sont brésiliens, mais aussi indiens de différentes ethnies, ou indiens d’Inde, congolais, haïtiens, mexicains, danois, italiens, serbes, japonais ou américains.

La France n’est là que par quelques reproductions de tableaux du Douanier Rousseau dont s’est inspiré librement et heureusement le Japonais Tadanori Yokoo.

Tadanori Yokoo, Heavy Smoker, 2007 Acrylique sur toile © Tadanori Yokoo

Se découvrant souvent artistes dans des circonstances et des contextes singuliers, ils sont pour la plupart considérés comme "naïfs", et à ce titre rarement invités à présenter leurs œuvres dans des institutions dédiées à l’art contemporain. Saluons donc cette prise de risques solidement étayée de la Fondation Cartier !

Belle curiosité en effet révélée par le concept de cette exposition qui nous fait nous interroger sur ce que sont pour nous aujourd’hui les expressions d’un art populaire, naïf, singulier, tribal ou folklorique, grâce à ces rencontres d’œuvres et d’artistes qui se singularisent pour n’emprunter ni voies communes ni codes visuels dominants.

Mamadou Cissé, sans titre, 2005 Feutre et encre sur papier © Mamadou Cissé Photo André Morin

Serions-nous dans la zone frontalière et brumeuse où se malaxent et se mêlent de façon intime art contemporain et art populaire, et même art et artisanat ?

Sommes-nous nous-mêmes encore capables de percevoir des œuvres différentes d’un regard libéré de nos réflexes culturels ? Notre sensibilité nous permet-elle ne serait-ce qu’une compréhension de cœur-à-cœur ? Supporterons-nous encore par exemple l’émerveillement pur qui est l’une des caractéristiques de l’art naïf ?

Cette exposition, riche de plus de 400 œuvres, accompagnée de films et de textes qui donnent à entendre et à lire la libre parole des artistes, surprend aussi parce qu’elle est à la Fondation Cartier, et que la transgression faite à la pensée culturelle unique n’en paraît que plus effrontée encore.

Au-delà de l’interrogation de cette part du lion que s’y taillent les artistes brésiliens, on est surpris de la cohérence et des familiarités qui se dessinent entre ces œuvres venues de lieux géographiques si distants, de civilisations si différentes. La pauvreté, non pas des pays, mais des artistes présentés, leurs exotismes affichés ne sont-ils pas d’autres clés de lecture ?

Cet ensemble nécessite certainement que le visiteur y découvre ses propres sentiers, qu’il établisse ses liaisons personnelles et, plus que tout, qu’il perde de façon urgente tout cheminement trop géométrique.

Créer peut être une nécessité vitale, un prolongement, une thérapie, avant même de révéler une technicité quelconque.

Peindre, modeler, filmer, dessiner, coudre, sculpter… qu’est-ce qui les meut ? Par où et comment ça sort ? D’où vient l’émoi ? D’abord chercher… toujours sentir.

Hans Scherfig, Det store træ, 1963 Huile sur toile © Hans Scherfig / Adagp, Paris 2012 Photo Lamberth

Que font donc ici les œuvres d’un Takeshi Kitano ? Mystère. Comment ne pas être touché par l’exotisme imaginaire et si lumineux du Danois Hans Scherfig ?

La scénographie de l’Italien Alessandro Mendini laisse franchement la parole à ces artistes et à leurs œuvres, le reste n’étant qu’une affaire de résonances et de ce que vous apporterez vous-même ce jour-là.

Quelles éblouissantes et évidentes clartés psychédéliques, dans la grande salle du sous-sol, nous lancent les perles colorées des têtes du chevalier jaguar du Huichol Gregorio Barrio, qui vit aujourd’hui à Mexico !

« J’ai appris dans un atelier de la communauté, avec un professeur de ma communauté, de mon village. C’était un atelier de 15 à 20 personnes environ, tous des Huicholes. J’ai appris petit à petit, d’abord avec les photos : je devais tout copier à l’identique. Je devais apprendre à voir. Après deux ou trois ans, j’avais appris les formes, tous les personnages. Je les savais. Par cœur. J’avais appris à voir… »


Gregorio Barrio, 2012 Perles sur bois © Gregorio Barrio Photo © Carlos Varillas Exposition Histoires de voir, Show and Tell, Fondation Cartier pour l’art contemporain, Paris, 15 mai ›21 octobre 2012

Et les représentations de villes en hauteur du Sénégalais Mamadou Cissé ? N’est-il pas clairvoyant quand il dit que « les villes en hauteur (telles qu’il les voit), je trouve qu’elles sont bien conçues. (…) Dans le futur, je souhaite qu’on ait assez de terre pour l’agriculture, qu’on ait assez de terre pour les forêts. Et qu’on soit bien logés. »

Chaque année sur la planète, 3 tonnes de béton sont utilisées par individu, enfant compris…

Le souci environnemental est très présent dans les œuvres exposées. Il forme un persistant bruit de fond continu. Et malgré cela, le sentiment dominant qui émane de cet art-là est fait de puissances, de couleurs et de joies !

Histoires de voir, Show and Tell, jusqu’au 21 octobre 2012, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, tous les jours, sauf le lundi, de 11 h à 20h. Nocturne le mardi jusqu’à 22h. 9,50 ou 6,50€ (étudiants, moins de 25 ans, carte Senior, demandeurs d’emploi, Maison des Artistes), accès libre pour les moins de 18 ans le mercredi de 14 à 18h. Gratuit aux moins de 10 ans, Laissez-passer, carte ICOM.

Cette exposition fait partie de l’agenda Evous de l’été dans le 14e arrondissement à Paris.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : Visite, Fondation Cartier