.evous
Musique
  

Thomas VDB chante Daft Punk à Paris

Dans une vie antérieure, Thomas Vandenberghe a été rédacteur en chef d’un magazine musical. Aujourd’hui, il se produit sur scène sous le nom de Thomas VDB et livre un one-man show drôle et décapant sur le petit monde du rock. Une reconversion originale et réussie.

Dernière mise à jour : vendredi 10 mai 2013,    par: Jean

Bonjour Thomas ! Avant d’être comédien, tu as été "critique rock". As-tu toujours été attiré par la musique ?
Adolescent déjà, j’étais à la fois journaliste amateur et comédien amateur. Je faisais beaucoup de cafés-théâtres ; à côté de ça, je m’occupais d’un fanzine et je bossais dans une radio. Je me suis inscrit à la fac pour faire plaisir à mes parents parce que j’aspirais à faire quelque chose en rapport avec le théâtre ou la musique.
Pendant presque deux ans, j’ai été comédien professionnel avant d’être journaliste, je travaillais dans une compagnie de théâtre à Tours en tant qu’intermittent. Tout ça s’est décanté quand j’ai eu des plans pour rentrer au magazine Rock Sound, en 1999. En même temps que je suis devenu journaliste professionnel, on a lancé un spectacle de rue intitulé Freddy Coudboul avec un pote. J’ai alors mené de front deux métiers. On l’a joué 300 fois en six ans, dans beaucoup de festivals et de fêtes de villages. En 2005, j’ai quitté Rock Sound pour revenir à quelque chose de plus personnel.

Etre rédacteur en chef d’un magazine à 25 ans, c’était un rêve pour toi ?
Non, la meilleure période pour moi à Rock Sound, ça a été mon arrivée et les trois premières années. En tant que journaliste, tu es au milieu de ce qui t’intéresse, tu as accès à tout… C’est génial ! Quand je suis devenu rédac’ chef, ça a été le début de la fin. J’étais à la tête d’une entreprise commerciale, j’avais trop de pression.

Qu’est-ce que ça te fait de passer d’intervieweur à interviewé ?
C’est rigolo, je ne déteste pas. Il y a un côté un peu narcissique dans le fait de se faire interviewer. Mais la promo est aussi un bon baromètre de l’accueil réservé à un spectacle. Faire des interviews, ça me met en confiance, ça montre que les gens s’intéressent à ce que je fais.

Avais-tu suivi une formation de comédien ?
Oui, j’ai suivi quelques cours au Conservatoire de Tours. Mais ce sont mes sept ans de théâtre de rue, à raison de 50 dates par an, qui ont été ma vraie formation. Ca m’a donné une aisance pour parler aux gens.

Aujourd’hui, qui te fait rire ?
En France, j’aime bien François Rolin et quelques uns des premiers spectacles de Dieudonné. Mais c’est surtout la découverte de certains humoristes anglais qui m’a motivé à faire ce spectacle. Ils ont une aisance tellement assumée à monter sur scène et à raconter leurs conneries que je me suis dit que j’allais le faire à Paris. Mes modèles sont Eddy Izzard, qui fait du one-man show en Angleterre depuis une dizaine d’années, et Ricky Gervais, qui a créé la série The Office et fait des stand-up vraiment excellents.

En France, c’est un peu la mode du stand-up. Tu t’y reconnais ?
Je m’y reconnais un peu parce que tout le monde me dit que je fais du stand-up. Je ne peux pas m’exclure de cette mode. Mais dans cette vague, il n’y en a pas beaucoup qui me font rire. J’aime bien Thomas Ngyjol du Jamel Comedy Club, Jamel aussi que j’ai vu en spectacle et qui est clairement excellent… D’ailleurs, je ferai peut-être un passage au Jamel Comedy Club en juin.

Dans ton spectacle, tout part de faits réels, de ton vécu de journaliste ?
Il y a deux parties : celle où je raconte l’histoire du rock avec AC/DC, les Beatles, et qui n’est pas du tout vécu, et celle où je raconte mes propres interviews. Je rassemble plein de choses qui me sont arrivées : les petites groupes qui te sollicitent un peu trop, un Ecossais que j’interviewe et que je ne comprends absolument pas,… Toute cette partie est vraiment inspirée du vécu.

Les textes de En rock et en roll ont évolué avec le temps ?
Ils ont surtout évolué à partir du moment où je me suis décidé à raconter ma vie de journaliste musical. Dès que je me suis posé ce cadre d’écriture, j’ai pu rassembler toutes les notes que j’avais écrites en rapport avec la musique.
Là, je suis déjà en train d’écrire quelque chose pour le prochain spectacle mais je ne sais pas encore quel en sera le fil conducteur. Ton écriture n’est jamais aussi efficace que quand tu connais le fil conducteur : quand tu as une idée, tu sais exactement comment la greffer à ton texte.

Il existe peu de spectacles sur la musique. Comment te l’expliques-tu ?
Je ne veux pas sembler présomptueux, mais il n’y a peut-être pas de comiques qui soient assez fans de musique pour avoir l’idée d’en faire un spectacle. J’ai eu envie de monter sur scène, de faire rire, et comme j’adore parler musique, c’est venu naturellement.

Si ce n’avait pas été sur la musique, ton spectacle aurait pu tourner autour de quel thème ?
Je me rends compte que les choses récurrentes, qui me font le plus marrer, sont liées à l’ego, à l’amour, au couple, au sexe, à la mort… Des thèmes récurrents chez tous les humoristes. Si je continue à faire des spectacles, ils traiteront de ces thèmes-là mais, je l’espère, de façon originale. Je ne m’interdis donc pas de parler de sujets généraux mais je ne sais pas encore de quelle manière.

Quel est le public qui vient te voir sur scène ?
Les six premiers mois, il y a eu beaucoup de gens du business, qui me connaissaient ou qui s’intéressaient à mon projet. Depuis qu’on en parle un peu dans les médias, je vois beaucoup plus de gens que je ne connais pas, le public est plus éclaté. La semaine dernière, il y avait au premier rang un couple de gens âgés de 65 ans, assez propres sur eux, qui étaient pétés de rire du début à la fin ! Je me suis demandé d’où ils venaient, comment ils en avaient entendu parler.

Dans ton spectacle, tu te moques de la "chanson rock". T’arrive-t-il d’écouter des choses honteuses ?
Oui, je suis beaucoup moins obtus que je ne donne l’impression d’être dans le spectacle. Sur scène, je fais le mec qui n’aime que le rock mais là en ce moment j’écoute beaucoup Philippe Glass, qui fait de la musique répétitive contemporaine, j’adore Dominique A, et je suis fan de Queen alors que c’est le dernier des groupes de rock pour plein de gens. J’écoute vraiment de tout, je suis fan de pop, de trucs très mélodiques.

Le secteur de la musique est en mutation. Maintenant que tu as un point de vue extérieur, comment vois-tu les choses ?
J’adore découvrir de nouvelles choses et aujourd’hui avec le net, tu as accès à tout sans avoir à te rendre dans un magasin de disques. J’achète toujours des CD mais les sites comme MySpace ou les blogs musicaux ont modifié ma consommation de musique. Chaque jour, je me félicite d’avoir quitté la presse musicale. Aujourd’hui, il faut avoir une volonté de fer, des idées et une âme de journaliste pour faire vivre un magazine. En maison de disques aussi, il faut des idées de fou pour réussir une sortie de disque. Le Web 2.0 a tout changé et je pense que pas mal de magazines sont mal barrés.

Tu vas aller présenter ton one-man-show en province ?
D’habitude, un spectacle commence à Paris, où tu joues dans une salle quatre fois par semaine en espérant faire de la promo, faire des télés pour que ça décolle avant d’aller en province. Ce spectacle se développe différemment, un peu comme un groupe de musique qui sort un album : les dates tombent de façon un peu anarchique et j’en ai autant à Paris qu’en Province. Je le joue au Sentier des Halles à Paris, mais aussi dans de plus grosses salles, dans des festivals de province. C’est un one-man-show qui se développe dans le réseau du rock, alors j’ai du mal à voir comment ça va évoluer.
Le top serait d’arriver à le jouer dans de vrais théâtres, avec un grand public.

Thomas VDB chante Daft Punk
Le Point Virgule
Du 22 janvier au 25 juin 2013

7 Rue Sainte Croix de la Bretonnerie, 75004 Paris

Adresse

Le Mardi, à 21h15

Horaires

Mots-clés