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DERNIERS JOURS de l’exposition Velvet Underground

Du 30 mars au 21 août 2016, la Philharmonie de Paris organise l’exposition "The Velvet Underground, New York Extravaganza". Le parcours et l’influence artistique hors norme du groupe créé par Lou Reed et John Cale.

Présentation du groupe

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Groupe de rock américain, The Velvet Underground a sorti en tout et pour tout 5 albums, entre 1967 et 1973. Même pas 10 ans de carrière, mais qui auront néanmoins suffi à faire de la formation menée par Lou Reed et John Cale l’une des plus influentes de l’histoire de la musique contemporaine.

En ce temps-là, nous sommes au début des années 1960 minées par une crise économique et sociale, New York est vue par le reste des États-Unis comme la grande Babylone, la tête de pont d’un cosmopolitisme incompatible avec les valeurs de l’Amérique profonde. Et comme dans Astérix le Gaulois, le Village, au Sud de Manhattan... vit et étale ses différences, repère d’étudiants désœuvrés, d’artistes impies et d’intellectuels aux idées pernicieuses.

D’autres diraient que le Village, où convergent musiciens expérimentaux, poètes briseurs de tabous, et jeunes gens oublieux des normes sexuelles et sociales est a contrario un formidable incubateurs de talents.

C’est là que naîtra le Velvet Underground, parmi les avant-gardes, les poètes de la Beat Generation, les pitreries et les théories psychédéliques.

Leurs fondateurs ? Difficile d’imaginer deux personnalités et trajectoires aussi dissemblables que celles de ces deux-là. Avant de se rencontrer, ils ne partagent rien ou presque.

John Cale, né le 9 mars 1942, est issu de la classe populaire du Pays de Galles. Encouragé par sa mère, il suit un apprentissage musical académique qui aurait dû le conduire à mener un orchestre à la baguette.

Lou Reed, né le 2 mars de la même année à Brooklyn, vient de la moyenne bourgeoisie juive new-yorkaise. Il sort très vite des rails (façon de parler) révélant un tempérament difficile, inadapté à l’étroitesse d’esprit de sa banlieue. Leur seul point commun ? Leur commune fascination très prononcée pour le rock’n’roll et les expériences borderline.

Et le Velvet Underground s’invente un son, un univers et une identité en rupture radicale avec les canons du rock’n’roll de l’époque. Sa poésie pulse des sujets brûlants ! Sexualités, décadence, drogues et expériences sensorielles, folies et expérimentations mentales, les questions existentielles posées et étalées impliquent les spectateurs et les touchent dans leurs différences et la part d’eux-mêmes que l’Amérique conformiste ne prend pas en compte.

Et, du fond de sa tanière, Andy Warhol a déjà dressé l’oreille... Il n’est pas encore, fin 1965, le personnage et le pape artiste qu’il deviendra, même si, à 37 ans, ses sérigraphies de personnalités et de fleurs, ses Brillo et Campbell’s font déjà sensation. Warhol déclare même souhaiter laisser tomber les arts plastiques et vouloir se lancer dans le cinéma... et la musique.

Dans son antre, qu’est devenu la Factory, films, performances artistiques sadomasochistes et répétitions se succèdent, et les fêtes, installations et expos s’enchaînent et font défiler célébrités, membres de la jet set et artistes. Sa petite entreprise d’art total est lancée à toute vapeur !

Il était donc logique, fatal, inévitable que, qu’Andy Warhol invite ce tout nouveau groupe à la Factory, dans son loft-atelier. Il va le propulser sous le feu de l’actualité et des projecteurs.

Andy Warhol et le Velvet Underground au Castle. Photographie Gerard Malanga, Courtesy.

En 1966, il produit l’album « The Velvet Underground and Nico », obtenant, contre l’avis de Lou Reed, que 3 des 11 chansons soient chantées par Nico. Sur la pochette sérigraphiée créée par Warhol, la fameuse banane autocollante légendée « Peel Slowly and See » (« Pelez lentement et voyez »), découvre une banane rose sans équivoque. Une rumeur alors bienvenue affirmera même que l’autocollant contiendrait du LSD.

Belles années, mais, au bilan que restera-t-il ? Quelques chansons : All Tomorrow’s Parties, I’ll Be Your Mirror, Sunday Morning, et Femme Fatale. 4 albums enregistrés et si peu de documents de leurs concerts. Les quelques photos dateront de l’époque où le groupe était couvé par Warhol.

Alors qu’en août 1970, avec le départ de Lou Reed, c’était la fin du Velvet Underground dans l’indifférence générale, deux ans plus tard le nom du groupe est sur toutes les lèvres. Le nouvel homme phare de la musique, David Bowie, revendique son influence, qui ne cessera de croître.

Au fil des disques pirates, des parutions de titres inédits, et les auto-flagellations de la presse contrite, le Velvet Underground et ses créateurs sont glorifiés et icônisés, au point que leur aura, qui ne se limite plus au monde musical, contamine et inonde à leur tour les arts plastiques, la photo, le cinéma et la mode. Beat Generation, Pop Culture et rock’n’roll continuent aujourd’hui de s’en inspirer et de s’en amuser.

Présentation de l’exposition

Près de 50 ans après sa création, le groupe managé dès après ses tout débuts par Andy Warhol est mis à l’honneur par la Philharmonie de Paris.

Après la rétrospective David Bowie présentée jusqu’au 31 mai 2015, l’établissement culturel parisien récemment inauguré retrace le parcours du Velvet dans une exposition du 30 mars au 21 août 2016. Cette dernière est commissionnée notamment par Christian Fevret, qui fut le fondateur et directeur de la publication des Inrockuptibles jusqu’en 2010.

L’un des grands moments de l’événement sera la présence attendue le 3 avril de John Cale qui rejouera dans la grande salle de la Philharmonie le premier album du groupe, The Velvet Underground & Nico (1967), en compagnie d’artistes invités.

Des milliers de documents, des clichés inédits ou rares, des archives cultes exhumées sont à ce rendez-vous qui remue certainement beaucoup de souvenirs et de nostalgies pour les chanceux survivants de cette époque, qu’ils soient dans le public comme nous et peut-être vous, ou qu’ils aient été sur scène, à la machine à écrire ou derrière la caméra : Patti Smith, Jonas Mekas, Allen Ginsberg...

Patti Smith et Robert Mapplethorpe, 1971. Photographie Gerard Malanga.

Un cycle d’ateliers de pratique musicale pour tous (à partir de 15 ans) sera également proposé les mercredis à 19h, du 13 janvier au mercredi 18 mai 2016, dans les Espaces éducatifs de la Cité de la Musique. "Après avoir écouté et analysé quelques titres phares du Velvet Underground, les participants, guidés par des musiciens et des arrangeurs, créent collectivement des pièces musicales reposant sur les mêmes principes de langage."

Les commissaires de l’exposition sont Carole Mirabello et Christian Fevret, Matali Crasset et Nicolas Rouvière se sont chargés de la scénographie.

Murs de photos, ambiances urbaines et de la Beat Generation, poème de Ginsberg à pleine cloison, projections de films expérimentaux... et sous une vaste tente reconstituée avec murs d’images, couchés dans une proximité d’un autre âge... et d’une génération qui n’est plus du tout celle des visiteurs, musique et commentaires à tout va.

Le Monde écrit à ce sujet : "Pour mettre réellement le spectateur en situation, il aurait fallu reconstituer un intérieur de junkie, lui demander de venir la faim au ventre, montrer la crasse et surtout la drogue, ce qu’aucune exposition consacrée à la culture rock n’a su faire à ce jour."

C’est dur et donc certainement un peu vrai, mais cela n’explique nullement que la foule s’y presse, s’y complaise et s’y congratule dans une ambiance si chaleureuse, nostalgique et complice... Les stars ont été immolées les unes après les autres, mais comme leur musique était bonne !

A LIRE AUSSI :
Le calendrier 2016 des grandes expositions à Paris
Les plus grands concerts à Paris en 2016
La Philharmonie de Paris : Adresse et billetterie


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

221 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris

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