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DERNIERS JOURS. Chefs-d’œuvre du Pressionnisme, de Basquiat à Bando

Dernière mise à jour : samedi 26 novembre 2016, par Expositions

À la Pinacothèque, du 12 mars au 18 octobre 2015 (prolongation).

Attention. Vous pénétrez dans un monde extrêmement codifié, un monde de preux chevaliers (au point que Rammellzee se sentait lié par une chaîne au Moyen Âge !), qui seuls connaitraient sur le bout des doigts règles, contraintes et interdits de leur communauté homogène, fortement unis, mais dans la compétition et la volonté de se dépasser, de surpasser l’autre dans des joutes artistiques livrées sur les surfaces métalliques des wagons, d’élever la qualité de leur art, d’instituer leur maître et de couronner leurs rois.

Ces artistes graphistes, qui se considèrent des Writers, pratiquent l’instrument le plus difficile qui soit : la bombe aérosol, dès son apparition vers 1970. Avec elle, l’hésitation n’est plus possible, les couleurs alors, vives et tranchées (aujourd’hui, il existe quelque 1 400 couleurs...), ne se mélangent pas.

Toxic. (Torrick Ablack ; Américain, né en 1966). T is 4, 1990. Peinture aérosol sur métal. Collection privée, Paris

Aux prémices de ce nouvel outil, on ne fait pas dans la nuance : ça crie, c’est fluo, et la coulure disqualifie. Tout repose sur la pression exercée (force et durée) sur le bouton, l’agitation préalable, la sureté du mouvement, l’inclinaison de la bombe, et la proximité du support. La maîtrise d’une telle pratique ne s’obtient qu’au bout de 5 années d’exercice, et permet d’obtenir de nouveaux effets : brumisation, remplissage, et ce nouveau pinceau spatial se travaille aussi en façonnant les embouts (caps) des bombes pour obtenir un jet plus précis.

4 sujets codifient précisément cet art : le tag sur toile, dont le fond est travaillé, contrairement à celui des rues ; la signature graffiti (souvent le prénom et le numéro de leur rue comme Taki 183, ou Coco 144) ; les emblèmes ou sceaux de l’artiste ; et la pièce graffiti, toujours en évolution, où l’enchainement des lettres et leur remplissage se complexifient jusqu’à la pièce maîtresse, véritable enluminure.

Jean-Michel Basquiat (Américain, 1960-1988) Madonna, 1985. Acrylique, crayon gras et collage de photocopies sur bois. Collection privée.

Terriblement technique et énergique donc, exigeant un contrôle total, cet art exubérant de la bombe paraît insolemment s’opposer à l’art contemporain vénal et surexposé, et le provoquer. Les galeries ne l’acceptent pas ? Il s’exprime sur les wagons. Des rebelles vous dis-je. Traqués et réprimés...

La Pinacothèque tente de remettre en scène ces réprouvés de l’art en dressant un panorama des origines de ce mouvement, du tag à la signature puis à la pièce, et cela grâce à un commissaire sur mesures, qui brûle de son sujet : Alain-Dominique Gallizia, pape de la "Ruche du Tag", à Boulogne-Billancourt, et prêcheur infatigable.

Aux origines, le genre est portoricain. Des jeunes, dont Coco et Phase 2 se regroupent autour d’Hugo Martinez au sein de l’United Graffiti Artists. On est en 1973, à Soho, à la Razor Gallery. D’autres expos suivront jusqu’à l’exposition-reine, Post Graffiti, à la Sidney Janis Gallery en 1983, à laquelle participent la crème de la crème : A-One, Jean-Michel Basquiat, Crash, Daze, Futura 2000, Keith Haring, Koor, Lady Pink, Noc 167, Lee Quinnones, Rammellzee, Zephyr, Toxic et Bear.

Zephyr (Andrew Witte ; Américain, né en 1961), Venom (Venin), 1981, Peinture aérosol sur plaques de métal motées sur panneau de bois. Collection Jacques Rue, Paris. Courtesy Artcurial, Paris

L’aspirateur à talents Andy Warhol parvient à en capter deux (Haring et Basquiat), laissant le reste de la mouvance bien à l’écart de la scène artistique... et du contact avec le public. Dehors les hétéros !

À Paris, Bando réunit dans son hôtel particulier de Saint-Germain-des-Prés d’autres artistes adeptes du graffiti en en faisant un haut-lieu du genre, et invite sur le terrain dit "de Stalingrad" les plus grands artistes américains dont Mode 2, Shoe, A-One ou JonOne... Pas très banlieue tout ça.

Une École française apparait avec Bando, Ash, Jay et Skki.

Bando (Philippe Lehman ; Français, né en 1968) Manifeste, 1984, Peinture aérosol sur toile. Collection privée, Paris.
Taki 183 (Américain) Manifeste. Non datée. Peinture aérosol et marqueur sur toile. Collection privée, Paris

Parmi les collectionneurs attentifs, il faut souligner les pionniers qu’ont été Agnès B. et Willem Speerstra... et Jack Lang, qui les invite en 1991 au musée des Monuments français.

L’exposition rassemble les chefs-d’œuvre des débuts de cet art né à Manhattan et pratiqué par ces drôles de gus passés à la postérité. Cet art franchement underground jaillit et s’anime sous nos yeux. Vous reconnaitrez le "saint fumant un pétard" de Stay High, Dondi, Futura, Basquiat, Rammellzee, et les lettres identifiables (le S pour Seen, le X pour Toxic, ou le Q pour Quik, avec sa tête ou son personnage).

Stay High 149. (Américain, 1961-2012) Sans titre. c. 2007. Peinture aérosol et feutre noir sur toile. Collection privée, Paris.
Blade (Steven Ogburn ; Américain, né en 1967) Sans titre c. 2007. Peinture aérosol et feutre sur toile. Collection privée, Paris.
Crash (John Matos ; Américain, né en 1961) Dragon Paint (Peinture du dragon), 1999. Peinture aérosol sur toile. Collection privée, Paris.

Quelques clés :
- Coco, et son style minimaliste dès l’origine,
- Crash, avec ses partitions de toile et son œil en figure personnelle,
- Phase 2, et son style Wild Style en maille bleue et floue,
- Doxdi, et ses lettrages parfaits sur un fond nuageux décalé,
- Lee, et ses sujets travaillés, sur des formats imposants,
- Blade, et ses formes, rondes ou cubiques,
- Ali, et son style réaliste,
- Bean, et son discours politique,
- Futura et sa gestuelle spatiale,
- Daze, et ses personnages mélancoliques,
- T-Kid, et son hyperréalisme,
- Quik, et ses personnages de comics sur des fonds travaillés,
- Revolt, au style efficace et simple,
- Zephyr, et ses lettres pleines, plantées d’un compas,
- Rammellzee, maître de l’espace et de la philosophie,
- Toxic, et ses formes abstraites aux couleurs violentes,
- A-One, et ses personnages aux couleurs vives,
- Duro, dont les couleurs sont maîtrisées dans une composition déjà muséale,
- Mode 2, et son style hyper réaliste,
- Xoc, et ses personnages colorés.

Le Pressionnisme (1970-1990). Les chefs d’œuvre du graffiti sur toile de Basquiat à Bando, du 12 mars au 18 octobre 2015 (prolongation), à la Pinacothèque de Paris, 1, 28 place de la Madeleine 75008 Paris 01 42 68 02 01, Pinacothèque 2, 8 rue Vignon 75009 Paris, 01 44 56 88 80. www.pinacotheque.com. Métro Madeleine. Ouverte de 10h30 à 18h30 (fermeture des salles à 18h15). Nocturnes les mercredi et vendredi jusqu’à 21h (fermeture des salles à 20h45). Jeudi 1er mai et lundi 14 juillet 2014, la Pinacothèque est ouverte de 14 à 18h30. Le premier mercredi de chaque mois, gratuit en nocturne de 18h30 à 20h45. 12,50 ou 10,50€.

Voir aussi l’article Au temps de Klimt. La Sécession viennoise

***

Vous retrouverez dans l’article 2015 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2015 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Comme les autres années (2014, 2013, 2012), nous établissons au fur et à mesure notre sélection dans l’article Paris 2015 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

De même nous avons commencé :
Les Grandes Expositions 2016 à Paris de A à Z
Calendrier 2016 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques musées et expositions temporaires pour Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Alain-Dominique Gallizia, Marc Restellini, Pinacothèque de Paris

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