Bonjour Jeremy. Ton premier album est prévu pour le début 2011. Vis-tu cela comme un aboutissement ?
C’était plus un défi en fait, car dans l’électro il n’y en a pas beaucoup qui se lancent dans la production d’un album. Tout le monde fait du one shot, sort un titre tous les six mois pour renouveler l’actualité. Ils ont peur du temps que ça peut prendre et du travail que ça implique. Mais j’avais envie de ne pas faire comme les autres et de commencer par un album.
Quelles ont été tes motivations ?
Le marché du disque est un peu en déclin et il n’y a pas beaucoup de majors qui produisent de l’électro donc je me suis dit que le seul moyen d’avoir un minimum de poids et de crédibilité auprès d’une major, c’est d’arriver avec un album.
Tu as un parcours atypique, avec une formation plutôt classique. Comment es-tu tombé dans le bain de l’électro ?
A la base, j’ai une formation de 14 ans de piano classique en conservatoire et, dans mes années collège, j’écoutais du rock. Javais même monté un groupe où j’étais aussi bien batteur que guitariste que clavieriste… J’ai aussi essayé de chanter mais je me suis vite rendu compte que je n’avais pas la voix pour (rires) ! Un soir, un ami m’a forcé à aller en boîte et j’ai fini par être le dernier sur la piste ! Du jour au lendemain, j’ai lâché le rock et je me suis dit que l’électro était un style plus facile d’accès, plus facile à produire et de plus en plus en vogue.
Ta collaboration avec Laurent Wolf a-t-elle également été un déclencheur pour te faire une place dans ce milieu ?
Ça m’a beaucoup aidé. Je n’ai jamais crié sur tous les toits que j’avais fait No Stress, c’était le titre de Laurent. Mais au niveau des relations, ça a fini par se savoir que j’avais travaillé dessus et donc ça m’a ouvert beaucoup de portes. C’était un grand coup de pouce.
Qu’avais-tu en tête pour cet album ?
Il y a 16 titres en tout et le but était de changer un peu l’esprit de l’électro actuelle, où on a perdu une certaine musicalité… C’est devenu un peu froid et associé à une musique "pour sortir", alors que la musique électro peut s’écouter partout. Je voulais revenir à quelque chose d’émotionnel et de musical, tout en restant grand public et accessible. Je veux donner un nouveau souffle. Le truc de base déjà était de ne pas écouter d’électro mais tout ce qu’il y a autour : du jazz, du rock, du classique, du R&B…. Et ensuite de les inclure dans l’électro. Et puis mélanger aussi les instruments avec des cuivres, du piano, etc. Tenter de redonner vie à l’électro tout en faisant danser.
Combien de temps as-tu consacré à ce projet ?
Ça a pris un an et demi. Je ne pensais pas que ça prendrait autant de temps mais, au final, c’était une belle aventure. J’ai tout fait de A à Z pour la composition et travaillé avec des chanteurs qui sont des amis. Le but était de faire un projet entre amis, jeunes et sans forcément de personnes connues. Il n’y a aucun featuring.
Pourquoi Friday Night comme premier extrait ?
Friday Night est un titre avec des influences French touch des années 2000, avec le principe de la boucle… C’était un petit clin d’œil à ça, avec une voix fraîche pour un titre qui fait du bien. Mais le reste de l’album est complètement différent et chaque morceau a vraiment son propre univers.
Est-ce dur de se différencier dans ce milieu ?
Oui et non. Non, car si quelqu’un arrive avec un titre super fort il va passer devant tout le monde. Oui, car le phénomène de mode de l’électro et du DJ fait que maintenant tu as 100 000 mecs qui font de l’électro derrière leur ordi avec deux enceintes et du coup, ça inonde un peu le marché avec du bon et du moins bon. Le fait que l’électro se soit démocratisée a aussi amené certains à tous faire le même son… Au final, ça donne une soupe où tout se ressemble… Mais ça peut tourner à l’avantage de celui qui va amener le truc original car du coup, c’est lui qu’on va remarquer.
Un modèle de réussite, une référence ?
Tous les grands ont un chemin complètement différent mais exemplaire… Que ce soit David Guetta qui a ouvert la voie et démocratisé l’électro mondialement. Et puis, il y a aussi les Suédois de la Swedish House Mafia qui ont gardé une vibe branchée qu’ils ont imposée au grand public. Moi, j’aimerais bien faire avancer les choses à ma manière. J’aimerais bien m’exporter aussi et j’ai fait cet album en y pensant. Le marché français n’est pas le plus facile mais le but c’était aussi de faire plaisir à ceux qui m’écoutent ici. Maintenant, je ne me stresse pas avec tout ça, je sais qu’il y a encore beaucoup de boulot. No Stress !
Qu’y a-t-il dans ton lecteur Mp3 ?
Beaucoup de trucs calmes ! Je n’écoute jamais d’électro chez moi, en fait. Muse, Gorillaz, du jazz, du Linkin Park, c’est très éclectique…
Propos recueillis par Carole Bouchard
Photo : Arthur Delloye
