Musique Evous

Justin Nozuka, l’interview exclusive !


Après l’album Holly porté par le tube After Tonight et une tournée à succès en France en 2009, Justin Nozuka revient avec You I Wind Land and Sea. Annoncé pour le 3 mai, cet opus devrait confirmer l’avènement d’un artiste dont la jeunesse n’empêche en rien le don pour l’introspection.
Tout en simplicité, pieds nus et grattant sa guitare comme pour mieux se concentrer, Justin s’est confié à Musique.evous. Entretien avec un garçon d’une gentillesse et d’une décontraction rares.

Bonjour Justin. Vous n’avez quasiment pas arrêté une minute ces trois dernières années et vous revenez déjà avec un nouvel album. Quelle direction avez-vous choisi de prendre cette fois ?
Je me suis rendu compte que depuis le début de cette aventure j’étais beaucoup trop dur avec moi-même et que je me prenais trop la tête en pensant au futur. J’avais besoin de prendre un peu de recul et puis j’ai décidé de juste me faire plaisir, de simplement apprécier de faire de la musique. Pour cet album, j’ai eu envie d’enregistrer avec mon groupe et ce pour la première fois car je n’avais pas de groupe sur le premier.

Mais pourquoi étiez-vous si dur envers vous ?
Trop de pression et trop d’envie. Je voulais trop devenir quelqu’un. Je le veux toujours (rires) mais maintenant, en m’amusant, en profitant de la chance que j’ai de voyager et de rencontrer tous les jours des personnes différentes. En fait, depuis que j’ai douze ans je ne pense qu’à réaliser ces ambitions-là et évidemment c’est toujours présent au fond de moi mais j’ai vraiment décidé que si je le prenais un peu moins au sérieux ça fonctionnerait tout aussi bien. Je dois juste faire une musique avec laquelle je me sens bien et le reste suivra. Pour cet album, j’ai donc cherché un équilibre entre quelque chose parfois de plus "mainstream" mais sans perdre mon intégrité. Je me dis depuis le début que cet album trouvera le public qu’il est censé trouver, tout naturellement.

Justement, quand vous comparez vos deux albums, quelles différences de style voyez-vous ?
Il y a beaucoup de différences je pense et tout d’abord parce que cette fois ça a été un processus beaucoup plus collectif. On a essayé beaucoup de choses tous ensemble. Et puis depuis mon premier album, j’ai été influencé par d’autres artistes comme Jeff Buckley par exemple, Radiohead… Cela m’a donné une nouvelle perspective sur ma propre musique. C’était un vrai processus éducatif durant tout cet enregistrement. Et puis depuis trois ans, j’ai quasiment passé tout mon temps sur les routes pour des concerts. Forcément, ça m’a aussi influencé.

Etait-ce difficile de retourner si vite en studio ?
Oui un peu… Au début j’étais vraiment déchiré entre l’envie de rester à la maison plus longtemps et me relancer dans un nouveau projet… Mais regardez autour de vous : tout le monde travaille ! (rires) Donc non, je ne vais pas me plaindre et rester chez moi. Évidemment, parfois j’ai envie d’aller au milieu de nulle part pour être tranquille mais je suis encore trop jeune pour faire ça !

Et au niveau des textes, que vouliez-vous partager cette fois-ci ?
Cette fois, je n’ai pas écrit tout seul car un de mes frères m’a aidé. C’était naturel et ça c’est important car je ne peux pas travailler avec des gens avec lesquels je ne me sens pas totalement à l’aise. Avec mes frères on s’entend super bien alors… Tout ce que je voulais faire, c’était essayer d’autres sons, d’autres directions. En revanche, certains titres de l’album ont commencé à être écrit il y a cinq ans donc, au final, tout vient de différentes époques, de différents états dans lesquels j’étais.

Quelle relation avez-vous avec la célébrité ?
Parfois ça me met mal à l’aise car ce n’est pas naturel d’avoir autant de monde qui parle de vous ou qui vous aborde comme s’ils vous connaissaient depuis toujours. Et puis, il y a des gens qui envoient des mauvaises ondes aussi… Mais tout ce que je peux faire c’est en rire et rester moi-même. Je veux aussi rester mon propre maître et ne pas finir par changer au gré de tous ceux qui me disent ce que je dois faire, quand je dois le faire ou bien comment je dois sourire à la caméra. Et puis je ne veux pas devenir un businessman, ce n’est pas ce que la musique devrait être… Les artistes dans tous les cas ne devraient pas être des businessmen, à mon avis.

Et avec vos fans, comment cela se passe-t-il ?
C’est dur à dire encore pour moi car c’est tellement neuf. Je ne les connais pas vraiment mais je leur suis infiniment reconnaissant car je leur dois tout. Au début, je n’étais pas vraiment à l’aise avec tout ça mais, petit à petit, je m’y fais. C’est important de construire une vraie relation avec eux et je m’y attache. En ce moment, j’essaie vraiment de trouver ma stabilité dans ce milieu, de mettre tout le monde au courant de mon actu et ensuite je sais que de toute manière on trouvera notre connexion sur la scène. Partager tout ça avec eux ,c’est un honneur. Etre sur scène pour moi, c’est à la fois terrifiant et magnifique. La relation à ce moment-là peut être d’une grande sincérité ou alors complètement artificielle et c’est à moi de m’assurer qu’on reste dans la bonne ambiance. Mais parfois la foule s’en charge et là tu te sens super bien tout de suite.

Avez-vous déjà des dates prévues pour la France ?
Pas encore mais ça va arriver car ici c’est important pour moi. C’est une grande chance tout ce qui m’arrive en France ces derniers temps. Et puis je me plais bien ici, je trouve que les gens sont super et qu’ils vous laissent être qui vous voulez sans vous juger. Mais sinon la tournée se met en place en ce moment avec bien sûr des dates aux Etats-Unis pour commencer mais j’espère pouvoir revenir ici en juin.

Propos recueillis par Carole Bouchard

Justin Nozuka, You I Wind Land and Sea (Warner)
Sortie le 3 mai 2010

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jeudi 1er avril 2010
 
 
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