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l’Institut d’Art et d’Archéologie

Communément appelé le centre Michelet, l’Institut d’Art et d’Archéologie est une des constructions les plus surprenantes de la capitale.

Sa vocation est elle-même assez originale : il s’agit de trouver un lieu où abriter la formidable collection de livres d’art du couturier Jacques Doucet donnée par celui-ci en 1917. C’est l’architecte Paul Bigot, originaire d’Orbec (Calvados) qui remporte le concours lancé par l’Université de Paris et financé en partie par la marquise Arconati Visconti : la bibliothèque d’art sera le coeur d’un nouveau bâtiment qui intégrera autour les salles de cours et les circulations.

Achevé en 1927, l’Institut s’oppose radicalement aux courants architecturaux à l’oeuvre à cette époque, à savoir l’Art Déco (géométrique) et la Modernité (architecture fonctionnelle ou puriste dont le chef de file en France est Le Corbusier). Nous sommes en présence d’une architecture historiciste marquée par plusieurs influences.

La structure est constituée de piliers et de planchers en ciment armé et le parement de briques. Ces briques rouges de Gournay sont assez inhabituelles dans le paysage parisien et rappellent une influence siennoise et florentine (mais reconnaissons-le, on les trouve également en Europe du Nord, à Berlin en Allemagne notamment), censée offrir une chaude tonalité de fond aux rayons du soleil parisien. La variété des motifs sur la brique (croisillons), des ouvertures (baies géminées, inspiration romane) procurent aux façades une grande richesse plastique. Une influence africaine se retrouve également au niveau de la corniche (petits édicules pointés vers le ciel) qui rappelle l’architecture mauresque et certaines maisons en terre d’Afrique sub-saharienne.

Enfin, une étonnante frise archéologique constituée de moulages en terre cuite de sculptures grecques, romaines, médiévales et Renaissance est traitée en bas-relief sur l’ensemble des façades ; elle fut réalisée par la Manufacture de Sèvres.

Depuis 1971, le centre Michelet abrite l’UFR d’histoire de l’art et d’archéologie de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’UFR d’histoire de l’art et d’archéologie de l’université Paris IV-Sorbonne. La Bibliothèque Jacques Doucet a été déplacée et a rejoint l’Institut National d’Histoire de l’Art (INHA) dans la galerie Colbert (Paris 2e). La maquette de Rome reconstituée par Paul Bigot, qui occupait le quatrième étage du bâtiment pour servir d’enseignement de l’architecture et de l’urbanisme romains, a malheureusement disparu en mai 1968. L’Institut d’Art et d’Archéologie a été classé Monument Historique.

Rappelons enfin que le couturier Jacques Doucet fut un amateur d’art éclairé. Il collectionnait également la peinture avec des oeuvres de Degas, Cézanne, Manet, Van Gogh. Il fut également le premier acquéreur en 1924 des "Demoiselles d’Avignon" de Picasso.

Franck Beaumont.

Sources : www.unicaen.fr, Guide du Patrimoine, Guide du Promeneur Paris 6e

3 rue Michelet

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