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Cardenas se pose à Paris, avec Herrison et Panayotou, galerie Lavignes-Bastille

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Quel drôle d’artiste, ce Solano Cardenas ! Il n’a pas vraiment les pieds sur terre. La preuve ? Il veut peindre dans le ciel. Difficile. Impossible. Alors, il y place des objets qui n’y seront pas attendus, des sculptures qui, elles-mêmes, sculpteront ou peindront l’azur, ou le ciel blanc et gris d’Ile-de-France, ou d’ailleurs. Les mannes de Léonard de Vinci ne doivent pas roder bien loin, et celles de son père Agustin, fameux pionnier cubain de la sculpture moderne très admiré des surréalistes, sont bien présentes et fières.

© Katrin Baumann / Solano Cardenas

Ces vaisseaux sculptés de Solano Cardenas, drôles de drones pacifico-artistiques, portent en eux leurs propres codes, frappés des ponctuations contrastées que proposent les noirs et les blancs. Et les lignes de ces structures ailées font qu’elles sont dans l’ouate du ciel, comme nous pourrions l’être sous la couette, tranquilles, et sans réelle volonté d’en sortir à jamais.

Les sculptures, merveilleusement bien exposées aux murs ou suspendues dans les hauteurs des plafonds, éclairées chez Lavignes au petit poil et avec vibrato, conservent assurément en elles la mémoire et la nostalgie des airs, du vent, des vols silencieux et des sensations de vertige. Accrochage magique et très réussi.

La Charmante, la Cucaracha, le Rêve d’Icare, Alice et toutes les autres fouillent avec grace nos cerveaux reptiliens et dans toutes nos mémoires d’hommes, nous rappelant le souvenir du sourire du chat, le retour chez elles des têtes maories, ou nos rares moments de grandeur.

Solano Cardenas, tel le border coolie le fait d’un troupeau d’oies encore sauvages, a rassemblé et expose une vingtaine de ses sculptures volantes parfaitement identifiées. Courbes, effilées jusqu’à disparaître dans l’éther, alternant comme les touches d’un piano les couleurs extrêmes de l’Humanité. Il n’y aura plus de cadences tranquilles tant leurs pointes sont acérées, et pourraient claquer en l’air comme la flèche du fouet.

Pour avoir vu voler plein ciel l’une de ces sculptures, j’ai rêvé de performances qui les feraient planer avec leurs sourds bruissements d’insectes au-dessus du lourd tapis volant ventousé au sol le jour de l’inauguration grandiose du futur département des arts islamiques du Louvre.

Avant le Louvre, Solano Cardenas expose, avec Wilmer Herrison et Nicolas Panayotou à la grande galerie de Jean-Pierre Lavignes, l’ami galeriste de Andy Warhol, le seul et unique qui l’exposa à Paris.

Dans les oeuvres de Wilmer Herrison dominent le trait et la couleur, générant des faux-semblants organisés, une juxtaposition nerveuse et agacée de touches sans mélange, avec des effets de profondeur, et de décelables sursauts amérindiens chez ce peintre né à Maracaibo (Venezuela), qui dit vouer « Un grand respect pour mes aïeux ».

Tout va très vite aujourd’hui et ici. Tout est connecté, l’ici et le là-bas. Les ressentis, les mouvements, les vies elles-mêmes expriment des énergies impérativement intériorisées. « Chaque œuvre marque pour moi (…) une frontière, mais aussi une ouverture. »

Dans les toiles de Herrison, les espaces, lâchés, deviennent intemporels.

Pour Nicolas Panayatou, l’imaginaire, comme le tangible, est davantage le cosmique. Le sidéral. Il inverse et traduit les visions que l’on aurait de la Terre et des autres poussières, si l’on parvenait, petits êtres sensibles, à s’extraire de leurs attractions réciproques et à flotter au firmament.

Musique picturale répétitive. Hors de toute contrainte matérielle, saurons-nous obtenir la basique réponse à l’éternelle question : parmi ces couleurs aux miasmes de néon, d’où venons-nous et quand devrons-nous y retourner ?

Lavignes Bastille, Triologie, Cardenas, Herrison et Panayotou, 27 Rue Charonne 75011 Paris 01 47 00 88 18, du 26 janvier au 18 février 2012, du mardi au samedi de 14 à 19h.

André Balbo

sources : visite, lavignesbastille.com, Solano, Herrison, Malvina Bompart

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