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Carlos Amorales expose La Langue des Morts, à la galerie Yvon Lambert

Dernière mise à jour : vendredi 25 novembre 2016, par Expositions

Tropisme inconscient ? Hasard ? Cette semaine paraîtra à certains assez mexicaine. Après Gabriel Orozco, galerie Marian Goodman, voici Carlos Amorales galerie Yvon Lambert ! Ajoutez-y un saut à la Pinacothèque pour la belle exposition sur les Masques de jade mayas, et le circuit sera complètement mexicain !

La Langue des Morts est la 3e exposition personnelle de l’artiste mexicain Carlos Amorales à la galerie Yvon Lambert. Elle sera visible jusqu’au 31 mars 2012.

Carlos Amorales, né en 1970, vit et travaille à Mexico Ciudad (DF). Il a créé et développé depuis une quinzaine d’années un alphabet visuel constitué de dessins vectoriels qu’il décline dans ses œuvres.

Carlos Amorales Negative Nature, 2012 Installation view Courtesy Yvon Lambert Credit photo : Didier Barroso

Cette « archive liquide », souvent issue d’éléments empruntés à l’iconographie populaire, est ainsi devenue la base même de ses dessins, collages, installations ou même encore de ses vidéos d’animation.

Si l’artiste infiltrait jusqu’ici des notions telles que l’animalité, les paradoxes de la beauté ou l’inquiétante étrangeté, il explore aujourd’hui un nouveau projet poétique autour de la mort, de la vanité et du langage.

Avec la nuée merveilleuse et menaçante des insectes de son installation « Black Cloud », l’artiste plongeait déjà le spectateur dans un moment d’intense vibration, entre séduction et répulsion absolue.
La nouvelle exposition « La Langue des Morts » à la galerie Yvon Lambert s’inscrit formellement dans la continuité de ses recherches sur la transformation du langage figuratif en une typographie calligraphique, où les formes se voient transformées en signes abstraits et en éléments a-sémantiques.

La première partie de l’exposition de Carlos Amorales présente La Langue des Morts, un roman-photo composé d’un ensemble de 15 impressions sur papier. Cette œuvre a été réalisée à partir de photographies violentes extraites de la presse mexicaine, illustrant les morts causés par la guerre contre les narcotrafiquants.

Tous les personnages de ce roman-photo témoignent d’une cruelle vérité, victimes pour la plupart de crimes atroces. Ils semblent coexister et communiquer entre eux : « le langage proposé pourrait être celui de la mort si elle parlait, comme si nous nous trouvions dans une sorte d’au-delà épouvantable. Ce travail pourrait être compris comme l’expression du sentiment d’aliénation envers notre propre culture, où la guerre semble impossible à rationaliser et où les sens échappent à l’imagination ». ( Carlos Amorales).


Carlos Amorales Ya veremos como todo reverbera, 2012 Steel, cooper and epoxy paint Courtesy Yvon Lambert Credit photo : Didier Barroso

Actuellement résident à l’atelier Calder, Carlos Amorales présente dans la deuxième partie de l’exposition une installation composée entre autres de plusieurs grands mobiles dont la forme générale est indubitablement inspirée par Calder.

Cette œuvre mouvante, composée de nombreuses cymbales… seules, laissait, jusqu’au samedi 8 mars, le spectateur libre de créer sa propre musique. Selon l’artiste « ... cette installation fait allusion à l’état de silence et de tranquillité, qui en étant jouée par les visiteurs peut devenir soit harmonique, soit chaotique. Ces sculptures sont des antidotes à l’horreur de la guerre et la violence : mon désir personnel est ainsi de proposer un véritable moment de plaisir ».

Pero, hijole, il s’est trouvé que le 8 mars, un visiteur s’y exprima avec tant de violence, tant de chaos, que la structure en fut fragilisée, et que la libre pratique des mobiles, telle que la souhaitait l’artiste, en est aujourd’hui rendue impossible. Mais l’image demeure très forte… et l’idée reste prégnante.

Les idéogrammes inventés de Carlos Amorales forment une langue qui nous serait encore (pour combien de temps ?) aussi éloignée que le serait pour nous le mandarin, mais il en ressort comme une menace, du fait des angles et des formes, une sourde douleur, une inquiétude, et une vibration qui devraient pouvoir nous maintenir en vigilance. Monde cruel, si tu nous effraies, tu ne nous feras pas fuir !

Demeurons dans la phase de veille du cycle nycthéméral, et rappelons-nous que nous en avons la capacité, grâce notamment à nos cymbales personnelles. Chacun saura reconnaître les siennes.

André Balbo

Sources : galerie Yvon Lambert, visite

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