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Comment est élu(e) le (ou la) maire de Paris ?

Dernière mise à jour : vendredi 27 janvier 2017, par Benoît, Jean

A Paris, le mode de scrutin parisien est plus compliqué qu’un simple pourcentage... Le maire de Paris n’est pas élu au suffrage universel global mais par les conseillers de Paris élus eux-mêmes dans les arrondissements. Il est possible de rassembler le plus grand nombre de voix au second tour... sans devenir maire de Paris. Et c’est déjà arrivé. Explications.

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L’ACTUEL MODE DE SCRUTIN

Tous les 6 ans, lors des municipales, les Parisiens votent pour une liste d’élus dans leurs arrondissements respectifs. Les listes "locales" correspondent à chaque élection à une sensibilité globale. Exemple : au 1er tour, en 2008, les habitants du 19e arrondissement ont massivement voté (52,14%) pour la liste "Paris, un temps d’avance avec Bertrand Delanoë". Parmi les autres choix, ils avaient : "Liste d’union pour un Paris gagnant dans le 19ème arrondissement avec Françoise de Panafieu", "Pour l’écologie, Paris a besoin des Verts avec Denis Baupin" ou encore "Pour un Paris 100% populaire, démocratique, antiraciste, écolo". C’est la liste portant le nom de Bertrand Delanoë qui l’a emporté. Cependant, la tête de liste n’était pas Bertrand Delanoë mais Roger Madec, ce dernier ayant par la suite été élu maire d’arrondissement. Ainsi, dans chacun des 20 arrondissements, des conseillers de Paris sont élus. Pour poursuivre avec l’exemple du 19e, ils sont 12 conseillers de Paris : 10 provenant de la liste Delanoë, 2 de la liste Panafieu.

Les conseillers de Paris ont alors la lourde tâche, lors de la première réunion du Conseil de Paris, de procéder à l’élection du maire. Pour devenir premier élu de la capitale, il faut être conseiller de Paris (Bertrand Delanoë est élu dans le 18e) et obtenir la majorité absolue lors du premier ou lors du second tour du scrutin au sein du conseil. Un vote au suffrage indirect, donc... Plus qu’une simple formalité administrative, le mode de scrutin à Paris peut avoir son importance. Si Bertrand Delanoë avait largement remporté les élections en 2008, ses listes n’avaient réuni que 48,6% des suffrages en 2001 au second tour sur l’ensemble de la ville. Il avait profité de la division de la droite où s’opposaient Philippe Seguin (33,4%), Jean Tibéri (15,2%) et diverses listes dissidentes (2,8%).

LA RÉFORME D’AOÛT 2013

La loi du 5 août 2013, votée par le Parlement en juillet, a réformé la répartition des conseillers de Paris, afin d’adapter le nombre de conseillers aux évolutions démographiques. Le Conseil de Paris reste composé de 163 élus mais le 1er perd deux conseillers et les 2e, 4e, 7e et 17e arrondissements un chacun. Le 19e en gagne deux, les 10e, 15e, 18e et 20e un chacun. La loi ayant été promulgée, la réforme sera effective pour les municipales de mars 2014. Voici la nouvelle répartition du nombre de conseillers :
1er arrondissement : 1 conseiller de Paris
2e arrondissement : 2
3e arrondissement : 3
4e arrondissement : 2
5e arrondissement : 4
6e arrondissement : 3
7e arrondissement : 4
8e arrondissement : 3
9e arrondissement : 4
10e arrondissement : 7
11e arrondissement : 11
12e arrondissement : 10
13e arrondissement : 13
14e arrondissement : 10
15e arrondissement : 18
16e arrondissement : 13
17e arrondissement : 12
18e arrondissement : 15
19e arrondissement : 14
20e arrondissement : 14

VOTRE AVIS : UNE ÉLECTION AU SUFFRAGE UNIVERSEL ?

Le député Bernard Debré a déposé en juin dernier un projet de loi visant à modifier le processus d’élection du maire de Paris. Si sa proposition a été renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, elle illustre une réclamation récurrente de la vie politique parisienne. L’idée ? Remplacer la désignation indirecte, via les arrondissements, par un vote direct portant sur le nom du maire. La candidate à la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet a signé cette proposition, tout comme plusieurs députés UMP, avant d’en faire la publicité dans différents médias. Les signataires du texte législatif vont désormais lancer une pétition pour soutenir leur revendication. Au rang des réactions, le leader du Front de gauche au Conseil de Paris Ian Brossat : "Nathalie Kosciusko-Morizet propose ici de calquer, ni plus, ni moins, le mode de scrutin municipal sur celui de la présidentielle. Cette course à la personnalisation à outrance est la nouvelle plaie de la politique. Elle gomme les projets et efface la réflexion collective pour ne les réduire qu’à un petit casting façon télé sans réalité."

Pour rappel, le vendredi 21 septembre 2012, plusieurs élus UMP de Paris avaient déjà lancé un appel pour que l’élection du maire de Paris passe au suffrage universel direct. Qui ? Pierre Charon (conseiller de Paris, 15e), Chantal Jouanno, le plus féroche opposant à NKM lors de la primaire Pierre-Yves Bournazel, Philippe Dominati (sénateur) et Yves Pozzo di Borgo. Ils affirmaient être soutenus par "de nombreux élus parisiens". Un mois plus tard, le député UMP Pierre Lellouche déclarait sur France Bleu souhaiter déposer à l’Assemblée nationale une proposition de loi pour changer les règles du jeu à Paris.

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