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Événement 2014 : 250 photographies de Robert Mapplethorpe, au Grand Palais

vendredi 20 octobre 2017, par André Balbo

Une œuvre sulfureuse peut-être, mais aussi d’un classicisme et d’une exigence esthétique achevés... Du 26 mars au 13 juillet 2014.

Robert Mapplethorpe (1946-1989) admirait sans limite le corps nu, qu’il disait même vénérer. Et parlant de ses photos, il précisait que sa préférence était que l’on y voit de l’art avant même de dire qu’il s’agissait d’une photographie.

Grand maître américain de la photographie d’art, il pratiqua davantage un noir et blanc qu’il voulait extrêmement stylisé, et plus rarement la couleur. Quelques images de fleurs, toutefois, dans l’exposition, photos qu’il disait préférer même aux naturelles. Il a réalisé des portraits d’hommes ou de femmes, des nus, des floraisons d’amaryllis, d’anémones, et des natures mortes. Il disait aussi que la photographie et la sexualité restaient toutes deux inconnues et que c’était "ce qui l’excitait le plus".

Mapplethorpe étudie dessin, peinture et sculpture au Pratt Institute de Brooklyn à New York, d’où il sort avec un Bachelor of Fine Arts. Selon Patti Smith qui restera son amie jusqu’à sa fin, il n’aurait été intéressé par la photographie que dans les années 1970. Une première exposition de ses photos (Polaroïd) en galerie en 1973, et la forte impression que lui laissera une série de nus d’Alfred Stieglitz au Metropolitan Museum of Art l’embarquèrent définitivement dans cette voie.

Il est intéressant de remarquer que dès cette série de polaroïds des années 1973-1974, beaucoup du style de Mapplethorpe est déjà présent. On y voit déjà la tension des corps, les positions extrêmes, un grand soin de la composition, et un certain grain.

Avec un appareil Hasselblad, que lui offre son amant le jeune et riche collectionneur Sam Wagstaff (il lui offrira aussi un loft au 24 Bound Street et la détermination de se lancer dans une collection de photographies), Robert Mapplethorpe photographie à partir de 1975 certaines de ses relations dont des artistes, et réalise la pochette du premier disque de Patti Smith Horses. Il sera attiré par les stars de la pornographie et le milieu sado-masochiste de New York.

Dans les années 1980, après sa rencontre avec Lisa Lyon, la première femme championne de bodybuilding avec qui il travaille sur de nombreux portraits, ses photographies rechercheront une beauté stylisée et abstraite, des nus masculins ou féminins, le monde de la mode (de Castelbajac), et des portraits.

Ses photos méritent d’être regardées avec soin et lenteur. On sera dès lors conquis par la profondeur de son regard, et par l’art qu’il met dans ces images à faire ressortir un grain minéral comme une trame fine de soie. Ainsi le portrait de Sonia Resika (1988) est d’une grande beauté, avec sa plastique et sa posture de statue classique. La couleur et le grain sont du marbre le plus fin. L’œil semi ouvert et le drapé finissent un rendu exceptionnel. Ma préférée.

Mercure (1986), est une épreuve platine sur toile et panneau de soie encadrés. Ici, la trame se charge d’ajouter le mystère et l’irréalité...

Les musculatures font ressortir les personnages de leur condition humaine, et les font atteindre au divin, de quand les hommes avaient plusieurs dieux. On approche un Olympe qui ne dirait pas son nom. Les arrondis sont parfaits et luisants, qu’il s’agisse d’un crane rasé ou de fesses idéales.

Deux photographies de Lisa Lyon placent ses jambes dans un contexte de granit (1981) et de tissu (1980), et il est évident qu’un début de métamorphose est en train d’avoir lieu...

Robert Mapplethorpe aime le corps nu jusque dans ses détails, jusqu’à ces aisselles, ou même ce nombril, et ce réseau d’extrêmement petites ridules qui font de toute peau un individu incomparable. Chaque mamelon sera d’une grande netteté, car il faut bien poser du désir quelque part.

Mapplethorpe apprendra qu’il est atteint du Sida en 1986, et décédera en 1989.

Robert Mapplethorpe est un photographe du désir et de la perfection formelle. Au-delà de la puissance érotique qui a fait la célébrité de son œuvre, l’exposition présente la dimension classique du travail de l’artiste et sa recherche de la perfection esthétique, à travers quelque 250 images qui couvrent toute sa carrière du début des années 1970 avec ses polaroïds aux portraits de la fin des années 1980, en passant par les nus sculpturaux, les natures mortes, et le sadomasochisme.

Patti Smith, et Lisa Lyon ont droit chacune dans l’exposition a une vidéo. Celle qui montre Patti, Still Moving (1978), plus poétesse que jamais, dure 12 mn et est en N&B. Lady, de 1984, montre 5 mn de Lisa Lyon, sculpturale, entre statue, mode et minéralité, et est en couleur.

C’est le New York artistique de ces années-là, son underground gay, mais aussi les grandes références bien présentes de ce photographe : Titien, David, Dali, Michel-Ange, Piero della Francesca, Le Bernin, et Rodin.

Une salle plus discrète ne serait pas recommandée aux enfants pour le contenu érotique particulier qu’elle montre. À l’intérieur, au fil des photos, un miroir vous surprend à regarder.

Une exposition d’un grand classicisme, bien mise en scène avec des rapprochements bien venus. À voir, bien sûr.

Elle est réalisée par la RMN – GP, avec la coopération de la Fondation Robert Mapplethorpe, New York.

Commissaire général Jérôme Neutres, conseiller du président de la RMN - GP / commissaires associées Joree Adilman, conservateur de la fondation Robert Mapplethorpe, Hélène Pinet, conservatrice au musée Rodin, et Judith Benhamou-Huet, journaliste critique d’art.

Robert Mapplethorpe, du 26 mars au 13 juillet 2014, au Grand-Palais. Tous les jours de 10 à 22h (fermeture à 20h le dimanche et lundi). Fermeture hebdomadaire le mardi. Fermeture exceptionnelle le jeudi 1er mai. Ouvert le jeudi 8 mai. 12 ou 9€, tribu 33€ (4 personnes dont 2 jeunes 16-25 ans), mais il faut savoir que le caractère cru et érotique de certaines des œuvres fait que l’accès à l’une des salles de l’exposition sera interdit aux moins de 18 ans. D’autres œuvres exposées seront par ailleurs susceptibles de heurter la sensibilité des visiteurs, et plus particulièrement du jeune public. Pour la nuit européenne des musées, l’entrée est gratuite le samedi 17 mai de 20h à minuit.

Voir aussi, sensiblement aux mêmes dates, l’exposition Mapplethorpe - Rodin au musée Rodin.

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Vous retrouverez dans l’article 2014 à Paris : les grandes expositions de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Calendrier 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Nous avons établi notre sélection, avec PARIS 2014 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

En grande nouveauté, nous vous proposons dorénavant une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :

Angoulême
Arles
Avignon
Bordeaux
Dijon
Grenoble
Ile-de-France
Lens
Lille
Lyon
Marseille
Metz
Montpellier
Nantes
Nice
Ornans
Rennes
Rodez
Rouen, Le Havre
Saint-Étienne
Strasbourg
Toulouse
Tours

Et bien sûr pour Paris :

Les meilleurs catalogues 2014 des expositions de Paris
Les Grandes Expositions 2014 à Paris de A à Z
Calendrier 2014 des grandes expositions à Paris.

Les Grandes Expositions 2015 à Paris de A à Z
Calendrier 2015 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques expositions 2014 pour Bruxelles et Londres, Genève, Bâle, Amsterdam...

André Balbo

sources : RMN - GP, Wikipedia

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