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Exposition Color Line : artistes africains-américains et ségrégation

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Du 4 octobre 2016 au 15 janvier 2017 au musée du Quai Branly - Jacques Chirac

Titre d’un article du grand leader noir Frederick Douglass, l’expression "The Color Line" désigne la ségrégation des Noirs apparue aux États-Unis après la fin de la Guerre de Sécession en 1865.

En effet, si cette guerre avait bien sonné l’abolition de l’esclavage, la ligne de démarcation raciale allait encore durablement marquer la société américaine, comme le pressentait le militant W.E.B. Du Bois en 1903 dans The Soul of Black Folks.

La ratification du 13e amendement allait ouvrir une nouvelle période de l’histoire américaine, et l’esclavage laisser place à un siècle de ségrégation (qui connaîtra son terme en 1964, après de nombreuses luttes, avec la signature du Civil Rights Act par le Président Johnson).

Portrait de Martin Luther King, Reginald A. Gammon

L’historiographie américaine nomme la période qui suit la Guerre de Sécession la "Reconstruction".

Le président Andrew Johnson favorise dans les États du Sud la mise en place de gouvernements contrôlés par les Blancs... et les anciens esclaves se voient refuser tous droits civils et politiques.

Pourtant le Civil Rights Act de 1866 déclare tous les individus nés aux États-Unis égaux... à l’exception des Indiens.

Les lois surnommées "Jim Crow", généralement promulguées dans le Sud, instaurent à la fin de la "Reconstruction", en 1877, la ségrégation. Deux figures intellectuelles et politiques noires se font alors connaître : Booker T. Washington qui encourage l’émancipation économique et l’enseignement professionnel, et W.E.B. Du Bois, qui appelle au contraire les Noirs à lutter pour leurs droits et à accéder à l’éducation libérale.

Les artistes noirs reflètent ces aspirations. Le grand peintre Henry Ossawa Tanner, par exemple, contribue à ces luttes en proposant une image des Noirs qui contredit celle véhiculée par les stéréotypes racistes.

À l’occasion de l’Exposition universelle de Paris en 1900, l’Exposition des Nègres d’Amérique permettra à W.E.B. Du Bois de collecter et présenter un vaste ensemble de livres, périodiques, pamphlets et partitions musicales, ainsi que 500 photographies et un diorama illustrant l’histoire et la vie des Noirs depuis leur émancipation. L’exposition recueillera de nombreux prix.

Jean-Michel Basquiat (1960-1988). Fool’s Fetish, 1984. Acrylique et crayon à l’huile sur papier marouflé sur toile. Collection privée, AGAY

Le 4 juillet 1910 le boxeur poids lourd noir Jack Johnson met K.-O. le Blanc James Jeffries. Une suprématie noire ? Comme la musique, le sport et plus particulièrement la boxe (avec ensuite Joe Louis, Sugar Ray Robinson et Mohamed Ali) donnent aux Afro-Américains une autre image d’eux-mêmes que celle infligée et véhiculée par le racisme.

Des artistes prolongeront à leur manière, en sculpture et en peinture la renommée de ces gloires noires, même si la réussite sportive, en comparaison à d’autres peu paraître un peu superficielle.

Les guerres jouèrent aussi leur rôle. Pendant la Première Guerre mondiale, 200 000 soldats Africains-Américains traversent l’Atlantique et continuent d’éprouver la ségrégation. Seule la 93e division d’infanterie sous commandement français échappe à cette règle, et sa bravoure fera décorer son 369e régiment de la Croix de guerre.

Jim Reese Europe, de ce même régiment, initie les Européens à la musique noire. Le futur peintre Horace Pippin revient blessé mais plein d’inspiration. Au retour, certains vétérans noirs, même avec leur uniforme furent lynchés...

Lorsque Malvin Gray peint son Autoportrait en 1934, il souligne son origine en plaçant des masques africains derrière son épaule. L’effervescence culturelle noire de ces années s’appellera "Harlem renaissance". Des poètes, romanciers, peintres, sculpteurs, photographes et cinéastes s’imposent au son de la musique de jazz qui conquit le monde entier.

L’exposition rappelle également les milliers de Noirs lynchés aux États-Unis, leurs annonces à l’avance dans les journaux, les foules que ces événements attiraient, les cartes postales... Strange Fruit que ces corps qui étaient souvent laissés pendus aux arbres... (Billie Holiday).

Faith Ringgold (né en 1930). The American Collection # 1 : We Came ti America, 1997. Acrylique sur toile, peinture et pièces rapportées. Avec l’aimable autorisation de la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, Art by Women Collection, Philadelphie Don de Linda Lee Alter.

En 1965, Harlem devient le Ghetto noir après avoir été la capitale mondiale de la culture noire. En janvier 1969, le Met inaugurait une exposition d’approche ethnographique "Harlem on My Mind" qui excluait les artistes africains-américains... Les critiques des artistes noirs furent telles que les grandes institutions muséales finirent par leur ouvrir leurs portes.

Enfin il y eut les décennies pour les "civils rights", et la grande manifestation de Washington où Martin Luther King prononça son célèbre discours "I have a dream". Mouvement qu’accompagnèrent les artistes noirs comme Romare Bearden, Norman Lewis, Hale Woodruff, Reginald Gammon et Emma Amos, seule femme du groupe, qui fondèrent le collectif "Spiral".

Bob Thompson (1937-1966). Stairway to the Stars, 1962 ca. Papier, huile et photographie sur toile. Michael Rosenfeld Gallery, New York.

Puis les groupes activistes noirs se multiplièrent, parfois adeptes de l’action armée, comme les Black Panthers, pour protéger les communautés noires. Malcolm X, assassiné en 1965, Angela Davis, emprisonnée en 1970, le Free Jazz, la poésie de LeRoi Jones.

L’exposition "The Color Line, Les artistes africains-américains et la ségrégation" aborde cette histoire du point de vue de la création artistique sous toutes ses formes, par les artistes africains-américains, ceux qui étaient eux-mêmes victimes de cette « ligne de couleur » discriminatoire, et presque toujours marginaux en leur temps.

Des thématiques racistes du vaudeville américain et des spectacles de "Minstrels" du XIXe siècle à l’effervescence culturelle et littéraire de la Harlem Renaissance du début du XXe siècle, des pionniers de l’activisme noir (Frederick Douglass, Booker T. Washington) au réquisitoire de la chanteuse Billie Holiday, 150 ans de production artistique –peinture, sculpture, photographie, cinéma, musique, littérature…– témoignent de la richesse créative de la contestation noire.

L’exposition, à travers un parcours chronologique et thématique de quelque 200 œuvres d’artistes africains-américains (dont celles de Elizabeth Catlett, Aaron Douglas, Reginald A. Gammon, David Hammons, Jacob Lawrence, Mickalene Thomas...) et 400 documents originaux, rend hommage à la richesse et à la diversité de cette création.

Celle-ci a contribué avec constance et acharnement à progressivement, et nous le voyons, bien incomplètement, estomper cette "ligne de couleur" discriminatoire.

Le commissaire de l’exposition est Daniel Soutif.

The Color Line. Les artistes africains-américains et le ségrégation, du 4 octobre 2016 au 15 janvier 2017, au musée du Quai Branly - Jacques Chirac, Galerie Jardin, quai Branly 75007 Paris. 01 56 61 70 00.

Ouvert les mardi, mercredi et dimanche de 11 à 19h, les jeudi, vendredi et samedi de 11 à 21h. Fermé le lundi. 9 ou 7€. Billet jumelé 11 ou 9€.

La Peinture américaine des années 1930 "The age of anxiety", du 12 octobre 2016 au 30 janvier 2017, au musée de l’Orangerie.

Lire aussi Toutes les expositions 2016-2017 du musée du Quai Branly.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nouvellement en ligne :
Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris
PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition est dans notre sélection 2016 des catalogues d’expositions de Paris.

Ce titre est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2016.

Vous pouvez consulter plus d’une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, musée du Quai Branly

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