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Exposition du peintre George Desvallières, corps et âme

Dernière mise à jour : vendredi 16 décembre 2016, par Expositions

Du 15 mars au 17 juillet 2016 au Petit Palais, la première rétrospective sur l’œuvre de Desvallières.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

George Desvallières (1861-1950), peu taillé pour les études mais doué pour le dessin, fit très tôt preuve d’une grande indépendance vis-à-vis de l’enseignement académique de l’École des Beaux-Arts, comme d’une grande curiosité pour toutes les formes d’art.

Après un enseignement reçu du portraitiste de renom Jules-Élie Delaunay, il place le début de sa carrière d’artiste sous le parrainage décisif de Gustave Moreau, professeur libéral écouté et entouré, la visite des œuvres de maîtres dans les musées, et même des voyages de découvertes en Italie, Suisse et Espagne.

Dès le Salon de 1883 (il y exposera jusqu’en 1901), ses portraits et ses dessins au pastel sont remarqués. Il n’a encore que 22 ans.

En plus des influences de Delaunay (portrait et corps en mouvement), et de Moreau (le corps réfléchi les élans de l’âme), Desvallières va bénéficier du soutien appuyé de Jacques Rouché, mécène du spectacle vivant et grand acheteur d’œuvres décoratives et de panneaux pour son hôtel particulier qu’il commande à Maurice Denis, Albert Besnard et George Desvallières.


Les tireurs d’arc, 1895. Pastel sur papier gris-beige. Paris musée d’Orsay, don de Paul Simon et de ses sœurs, 1951. Exposé à plusieurs reprises du vivant de l’artiste, ce grand pastel - médaillé à l’exposition universelle de 1900 - offre une libre interprétation du combat d’Hercule contre les oiseaux du lac Stymphale. Amateur de chasse par tradition familiale, Desvallières concentre en un catalogue de poses chorégraphiques toute la puissance de ces chasseurs implacables. Son ami, le peintre Lucien Simon, fit l’acquisition de cette œuvre et la garda toute sa vie.

Lors d’un voyage à Londres, il aura une période assez naturaliste, sensible sur ses tableaux et esquisses de l’époque, visitant les lieux nocturnes et en faisant des tableaux témoignant d’une inquiétude morale. De même visitera-t-il Montmartre... Degas et Toulouse-Lautrec ne sont alors pas très éloignés.

Il prendra alors, en tant que Vice-Président du Salon d’Automne (et président de la section peinture), dont la première édition a lieu en 1903, une attitude d’ouverture résolue aux expressions picturales contemporaines les plus diverses (Cézanne, Redon, Gauguin), révélés par des rétrospectives.

L’édition de 1905 du Salon d’automne, qui se tient au Grand Palais, dispose d’une salle d’art "fauve" qui réunit les œuvres d’anciens élèves de Moreau autour de Matisse. Elle déchaînera les critiques.

Les sujets bibliques deviennent par la suite l’expression d’une recherche progressive "de Dieu", dans le même temps qu’une prise de distance avec le catholicisme. Rouault, Huysmans et Léon Bloy l’encouragent dans ce volontarisme spirituel.

Responsable d’une compagnie de chasseurs sur le front des Vosges, George Desvallières, qui s’est engagé à 53 ans, fait le vœu dans les tranchées d’abandonner, s’il revient indemne du conflit, les sujets profanes. Il y perdra un fils.

Démobilisé en 1918, il reprend ses activités au Salon, expose souvent en France et aux États-Unis, et fonde avec son ami Maurice Denis les Ateliers d’art sacré, place de Furstenberg.

Il participe en 1925 à l’Exposition internationale des arts décoratifs au pavillon du Vitrail et dans l’église du village français. Il expose la même année aux Arts décoratifs.

La Grèce (Child Harold), 1910. Huile sur toile, collection particulière.

Présentation de la rétrospective au Petit Palais

La Grèce (Child Harold), 1910. Huile sur toile, collection particulière. L’artiste personnifie la Grèce par un beau nu aux formes généreuses, placé dans un paysage méditerranéen. Figée dans une pose mélancolique, elle fait écho au poème de Byron, "Pèlerinage de Childe Harold", qui exprime les sentiments d’une âme errante face aux vestiges d’une civilisation passée. Cette reviviscence idéalisée d’une Grèce archaïque est à rapprocher des sculptures de Maillol et de Bourdelle.

Cette exposition réunit 90 œuvres (peintures, dessins, vitraux, tapisserie) de George Desvallières. Elles sont issues de musées français et de collections privées, au moment où paraît le catalogue raisonné de son œuvre.

Son style s’exprime dans un premier temps dans la représentation d’une antiquité héroïque où le corps, et ses mouvements, sont clairement glorifiés.

Georges Rouault (1871-1958) À Tabarin, 1905, aquarelle sur papier. Paris MAMVP. Au décès de Gustave Moreau, Rouault perd son principal soutien. Desvallières, qui partage sa dévotion au maître disparu, s’attache à épauler ce jeune artiste de 27 ans. Ensemble ils vont s’engager dans l’aventure du Salon d’automne et œuvrer pour la création du musée Gustave-Moreau.

Dans une deuxième période, il explorera le monde de la nuit et des plaisirs de Montmartre et de Londres, dont il percevait apparemment les personnages comme des animaux bien étranges et très éloignés de son monde.

La venue de la Première Guerre mondiale lui fit interrompe sa carrière pour s’engager, demeurant durant les quatre années sur le front, le laissant personnellement très touché de ce qu’il y connut.

Revenu indemne du conflit, sa foi s’en trouvera puissamment vivifiée, et son inspiration s’orientera dorénavant vers une imagerie et des thèmes fortement religieux.

Il est intéressant de noter qu’au même moment où le musée du Louvre met à l’honneur le peintre français Hubert Robert qui participa si fortement à sa création, le Petit Palais organise la première rétrospective de l’œuvre de Desvallières, peintre qui s’illustra aussi dans la fondation du Salon d’automne, inauguré en 1903 au... Petit Palais, bien sûr.

C’est ce salon qui accueillera les avant-gardes du fauvisme, puis du cubisme, que George Desvallières défendra bec et ongles face au déchaînement de la critique.

L’exposition suit chronologiquement la longue carrière que connut George Desvallières, dont le style et l’originalité reposent en grande partie, sur cette confrontation sans cesse renouvelée entre le corps et l’esprit, le charnel et le spirituel, le temporel et le religieux.

L’exposition présente également quelques belles toiles de Georges Rouault, élève préféré de Gustave Moreau, et qui fut tout à la fois humainement, spirituellement et artistiquement proche de George Desvallières.

Ce peintre illustra aussi les grands décors religieux et commémoratifs de la Première Guerre mondiale restés in situ dans la chapelle de Saint-Yves à Paris et à l’ossuaire de Douaumont. Ils sont montrés par un dispositif vidéo dans le corps de l’exposition.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

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Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions et musées : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition fait partie de notre sélection 2016 des catalogues d’expositions de Paris.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Petit Palais