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Exposition L’œil de Baudelaire, révélateur de l’art moderne

Dernière mise à jour : samedi 26 novembre 2016, par Expositions

Du 20 septembre 2016 au 29 janvier 2017 au musée de la Vie romantique.

Le musée de la Vie romantique présente une exposition consacrée aux curiosités artistiques de Charles Baudelaire, à l’occasion du 150e anniversaire de sa mort. Celle-ci renoue le lien entre ses textes de jeune poète, de journaliste de rubriques, et les œuvres d’art qu’il commentait.

Quand Baudelaire n’était plus seulement pour nous l’homme des Fleurs du Mal mais devenait le créateur d’une œuvre plus vaste, en prise permanente avec la création de son temps, qu’elle soit littéraire, musicale et artistique.

Charles Baudelaire entre dans le monde des lettres entre 1845 et 1846 par des ouvrages de critique d’art. Le Salon de 1845 est le premier écrit signé de son nom et publié sous forme de livre.

Comment pour Baudelaire ne pas s’émouvoir devant cette représentation de l’humanité dans son unité, sa diversité, ce tableau dans lequel l’harmonie et le sentiment affleurent.

À ce premier essai, s’ajouteront plaquettes, articles publiés dans la presse et essais critiques qui, du Salon de 1846 à L’Œuvre et la vie de Delacroix (1863) témoignent du rôle prédominant que son œil a pu jouer dans la formation de son regard et de son univers esthétique.

Pourtant ce jeune dandy, journaliste, traducteur, et critique de Salons au jugement si original, que l’on peut présenter en fossoyeur du romantisme, en est peut-être l’un des derniers représentants.

Le Salon tel qu’il est à cette époque nous est difficilement imaginable : il expose de 2000 à 2500 tableaux, accueille près d’un million de visiteurs, est LE rendez-vous artistique de l’année, et suscite plus de 100 articles dans la presse.

La cohérence des textes du critique n’apparut qu’après la mort de Baudelaire alors que se concrétisait dans l’édition des Œuvres complètes réunies en 1868-1870 par Charles Asselineau et Théodore de Banville, le souhait du poète de voir réunis l’ensemble de ses textes sur l’art, en deux volumes, Curiosités esthétiques et L’Art romantique.

Ces textes rythment la carrière du poète et répondent pour la plupart au genre littéraire de la critique de Salon. Baudelaire couvrira les éditions de 1845, 1846, 1855, et 1859, cherchant avec acharnement l’artiste apte à saisir "le vent qui soufflera demain"...

Édouard Manet (1832-1883), Lola de Valence, 1863. Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Petit Palais © Petit Palais / Roger-Viollet

Ces grandes pages des écrits esthétiques de Baudelaire, qui s’inscrivent dans la tradition initiée par Diderot et Stendhal, font date dans l’histoire de la critique d’art, et deviennent un genre littéraire à part entière auquel d’autres s’adonneront comme Musset ou Gautier, et plus tard Apollinaire.

En présence d’une centaine de peintures, sculptures et estampes évoquées par Charles Baudelaire, le spectateur de l’exposition est invité à mesurer, voire à confronter, son propre regard à la sensibilité artistique de l’auteur des Fleurs du mal et à comprendre comment s’est forgée la définition de « la beauté moderne », « d’une conception double » exprimant « l’éternel dans le transitoire ». Il peut aussi juger de ce que l’histoire de l’art aura par la suite favorisé...

La sensibilité de Baudelaire le poussera à se laisser plutôt séduire par le « mérite de l’inattendu », à préférer toujours un tableau « fait » à un tableau « fini », à reconnaître le caractère essentiellement romantique de la couleur, sans désavouer la nature « idéale » de la ligne, à réclamer chez les artistes cette part de « naïveté » qui mène à l’audace et à la crudité des tons, à attendre d’une œuvre, fût-ce un portrait ou une page de religion, qu’elle « respire l’amour », à reconnaître enfin « l’héroïsme de la vie moderne » et « la beauté de l’habit noir » ?

Aux côtés de Baudelaire, cette exposition devrait explorer les mutations qui s’opéraient alors entre romantisme et impressionnisme en présentant, autour des artistes phares de l’époque - Delacroix, Ingres, Camille Corot, Rousseau ou Chassériau -, les peintres qui ont su lui plaire ou l’irriter.

Elle permet de découvrir la modernité que forge le poète face au nouveau Paris éventré, bouleversé et rebâti du Baron Haussmann qu’il exècre, et aux langages artistiques en formation, incarnée par la génération montante et la figure de Manet.

L’exposition montre enfin l’attachement indéfectible de Baudelaire au romantisme et à Delacroix, qui reste pour ce critique pionnier « le chef de l’École moderne », peintre « universel », aussi à l’aise dans les « tableaux d’histoire plein de grandeur » que dans les « tableaux de genre pleins d’intimité ».

Octave Tassaert (1807-1874), Nymphe couchée, Lyon, musée des Beaux-Arts © Lyon MBA- Photo Alain Basset

Baudelaire aimait aussi que toute la gamme des expressions du sentiment amoureux puisse être dépeinte, de la jouissance à la souffrance. Il aimait pouvoir confronter son désir à l’expression des œuvres.

Ce dandy était bien sûr aussi empli de contradictions et d’ambiguïtés sur ce que son temps lui dévoilait de nouveau. S’il fustigeait la photographie, Nadar n’en était pas moins l’un de ses plus proches amis, et peu d’auteurs de ses contemporains furent autant photographiés que lui-même.

Honoré Daumier (1808-1879), L’Enlèvement d’Hélène, 1842. Lithographie, musée Carnavalet

Il appréciait hautement les caricaturistes, qu’il jugeait en véritables peintres de la vie moderne selon ses critères, plaçant le dessin de Daumier dans son art à une altitude comparable à celle qu’atteignait Balzac en littérature.

Cherchant le contre-pied et la différence de jugement, il trouvait plutôt sympathique et généreux que les peintres arrangent les bourgeoises dans leurs portraits de commande. En revanche, si d’un tableau émergeait de la prétention...

Le noir méritait l’attention de Baudelaire, comme marque de deuil, pour sa réserve et son élégance... et comme une marque d’égalité, dans un temps où l’on commençait à évoquer le suffrage universel.

Baudelaire critique ne fit pas toujours preuve d’intuition. Ainsi en sera-t-il de deux grands peintres qui furent pourtant de ses amis : Gustave Courbet et Édouard Manet... Il ne vint pas plus au secours du premier, lorsque son Olympia fut refusée, qu’il n’accorda d’attention à l’exposition de Courbet montrant pourtant L’Enterrement à Ornans et l’Atelier du peintre.


Ici, Baudelaire sera touché par ces portraits d’Indiens de George Catlin (1796-1872), aux couleurs vives, franches et naturelles.

Cruel ? Bien sûr, aussi ! Sinon comment oser asséner la phrase : "Vous n’êtes que le premier dans la décrépitude de votre art !"

Delacroix resta pour Baudelaire le peintre absolu, qu’il traite d’histoire ou même de sujets religieux, portes ouvertes aux sentiments.

L’Œil de Baudelaire, du 20 septembre 2016 au 29 janvier 2017, au Musée de la Vie romantique, Hôtel Scheffer-Renan, 16 rue Chaptal 75009 Paris, 01.55.31.95.67 www.museevieromantique.paris.fr. Ouvert tous les jours
sauf le lundi et certains jours fériés de 10h à 17h30. 8 ou 6€. Gratuit : - de 18 ans, RSA, demandeurs d’emploi, personnes en situation de handicap. Métro : (2) Blanche, Pigalle, (12) Saint-Georges, (13) Liège. Bus 67, 68, 74.

L’Hôtel Scheffer-Renan ? Une allée discrète bordée d’arbres centenaires conduit à un charmant pavillon à l’italienne devant une cour pavée et un délicieux jardin de roses et de lilas. Le peintre et sculpteur Ary Scheffer (1795-1858), artiste d’origine hollandaise y vécut de 1830 à sa mort. Il y avait fait construire deux ateliers orientés au nord, de part et d’autre de la cour, l’un pour travailler et enseigner, l’autre pour vivre et recevoir. Le Tout-Paris intellectuel et artistique de la monarchie de Juillet fréquenta ainsi « l’enclos Chaptal » : Delacroix, George Sand et Chopin – fidèles habitants du quartier – Liszt, Rossini, Tourgueniev, Dickens, Berlioz, Gounod…

La carte Paris Musées ? Valable un an à compter de la date d’adhésion, elle
permet un accès illimité et coupe file aux expositions temporaires des 14
musées de la Ville de Paris, et accorde des tarifs privilégiés pour les visites
conférences, ateliers, spectacles. Au choix :
- La carte individuelle à 40€
- La carte duo (valable pour l’adhérent + 1 invité de son choix) à 60€
- La carte jeune (- de 26 ans) à 20€
Voir aux caisses des musées ou sur parismusees.paris.fr


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nouvellement en ligne :
Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris
PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition fait partie de notre sélection 2016 des catalogues d’expositions de Paris.

Vous pouvez consulter une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Musée de la Vie romantique