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Exposition sur Oscar Wilde, fin critique d’art et impertinent absolu

lundi 20 mars 2017, par André Balbo

Du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017 au musée du Petit Palais.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Oscar Wilde (1854-1900), né à Dublin, de son nom complet Oscar Fingal O’Flahertie Wills Wilde, est un écrivain, romancier, dramaturge et poète irlandais.

Parfait francophone, ardent francophile, il séjourna de 1883 à 1890 de nombreuses fois à Paris, où il mourut même, à 46 ans, 13, rue des Beaux-Arts, dans le dénuement et la misère pécuniaire et morale les plus noirs. Il avait été condamné à Londres en 1895 pour homosexualité, et avait été placé dans l’obligation de choisir entre la prison et l’exil.

Issu de la bourgeoisie protestante, de père brillant oculiste (il soigna notamment la Reine Victoria elle-même et Napoléon III !) et de mère... poétesse nationaliste irlandaise, Oscar au parcours scolaire brillant se construit dès son entrée à Oxford (où il remportera en 1878 le prix de poésie) un personnage de dandy désinvolte, d’helléniste, d’esthète aux poses languides, aux cheveux longs, méprisant les sports virils, se plaçant sous l’influence des préraphaélites et des théories que Walter Pater développe dans L’art pour l’art.

Il est à ranger parmi la galaxie internationale des plus célèbres dandies, aux côtés de Baudelaire et Manet.

Installé à Londres, il fréquente les cercles littéraires et la bonne société, publiant un recueil de poésie (Poems, 1881), ainsi que le veut l’éthique de l’esthétisme d’alors.

Il effectue en 1882, avec un succès phénoménal, un circuit de conférences prolongé de plus d’un an aux États-Unis et au Canada, où il se fait le porte-parole de la nouvelle "Renaissance anglaise par les arts", et il exerce avec intensité dans le même temps l’activité de journaliste.

Napoléon Sarony, Oscar Wilde. Photo. 1882

Ses lectures alors le portaient vers Baudelaire (tiens !), Théophile Gautier et William Morris.

Oscar Wilde apprécie follement d’attirer l’attention et la lumière, par son talent certes, mais aussi par son humour et son esprit caustique, sa conversation enlevée, et ses costumes à la limite de l’extravagance.

Son séjour parisien de 3 mois en 1883 allait changer sa mise. Il coupa ses cheveux, son style devenant plus sobre, mais toujours aussi soigné. Il rencontra le décadentisme français, et côtoya Edgar Degas et Camille Pissaro.

Dans son roman Le Portrait de Dorian Gray (1890), il explore les relations existantes entre beauté, décadence et duplicité. Il y eut polémique et cela ne fut pas pour lui déplaire. Il s’y prêta avec courage, développant à cette occasion ses idées sur l’art : l’art doit préserver son indépendance vis-à-vis de la morale, et plus généralement l’Esthétique se doit de primer sur l’Éthique.

L’année suivante, sa pièce Salomé, parce qu’elle met en scène des personnages bibliques, n’obtient pas la licence d’autorisation et ne peut donc pas être jouée en Angleterre.

Malgré les rigueurs de la censure victorienne, il récidive avec quatre autres comédies de mœurs qui feront de lui l’un des dramaturges les plus réputés de Londres.

Ce sera en 1895, au moment même où sa pièce la plus réussie, L’importance d’être constant triomphe à Londres, qu’il initiera une série de 3 procès contre le père de son amant Lord Alfred Douglas de Queensberry pour diffamation, après que celui-ci ait entrepris de faire de son homosexualité un scandale.

Il se fera piéger par l’avocat de la partie adverse pour ne pas avoir résister à l’envie de faire à l’audience un bon mot, et sera condamné à deux ans de travaux forcés pour "grave immoralité". Ruiné par ces actions, il s’exilera dès sa libération pour se rendre en France.

Il fut l’ami d’André Gide, de Pierre Louÿs, de Henri de Régnier, fréquenta Mallarmé, Verlaine, et Victor Hugo (avec qui il dîna !). Il écrivait en anglais ou en français, comme ce fut le cas pour sa pièce de théâtre Salomé. Il en destinait le rôle-titre à Sarah Bernhardt dont il fut un intime.

Son tombeau, au cimetière du Père-Lachaise, est surmonté d’une sculpture de Jacob Epstein. Il aurait dit, en buvant une dernière coupe de champagne : "Je meurs, comme j’ai vécu, largement au-dessus de mes moyens". Menant un train de vie dispendieux, il s’était inexorablement laissé aller, malgré le soutien fréquent de ses amis à une totale déchéance.

Oscar Wilde à New York, 1882, par Napoléon Sarony.

Principales publications : Véra, ou les Nihilistes (1879) ; Poèmes (1881) ; La Duchesse de Padoue (1883) ; Portrait de Dorian Gray (1890) ; Salomé (pièce écrite en français en 1891) ; L’importance d’être constant (1895).

Présentation de l’exposition

La France n’avait encore jamais rendu hommage par une exposition au célèbre Oscar Wilde, qui parmi tous ses talents comptait celui de francophile.

De plus, bien que Wilde soit mort à Paris, le centenaire de sa disparition n’y a pas été commémoré, alors que Londres lui consacrait deux grandes expositions en 2000, l’une à la British Library, essentiellement littéraire et biographique, l’autre au Barbican Center autour des rapports que Wilde entretenait avec les artistes de son époque.

Par cette exposition, le Petit Palais retrace la vie et l’œuvre de ce parfait francophone à travers un ensemble de plus de 200 pièces rassemblant documents exceptionnels, inédits pour certains, manuscrits, photographies, dessins, caricatures, effets personnels, et tableaux empruntés en Irlande et en Angleterre bien sûr, mais aussi aux États-Unis, au Canada, en Italie, dans les musées français (musée d’Orsay, BnF...) et dans différentes collections privées.

La partie biographique de l’événement présente un caractère inédit en réunissant plusieurs portraits jamais vus ensemble jusqu’ici, notamment celui peint par Harper Pennington (UCLA, William Andrews Clark Memorial Library, Los Angeles).

De même, la présentation conjointe, au sein d’une exposition, des 13 portraits photographiques par Napoleon Sarony, réalisés pendant la tournée américaine de Wilde, est une première.

John Roddam Spencer Stanhope (1829-1908), L’Amour et la jeune fille, 1877. Fine Arts museum de San Francisco

Mais on retrouve aussi des portraits célèbres ou des présences inattendues comme celle d’Oscar Wilde, reconnaissable, peint par Toulouse-Lautrec qui l’a représenté de dos sur le décor de la baraque de la Goulue, au premier plan à gauche de La Danse mauresque (musée d’Orsay). Croquer l’élégant et extravagant Oscar Wilde, le peintre ne put y résister !

La Danse mauresque, ou les Almées. Panneau pour la baraque de la Goulue à la Foire du Trône à Paris, Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901). Wilde de dos, exécuté de mémoire : portrait d’esthète venu s’encanailler sur un lieu de divertissement populaire.

Afin de conférer un aspect visuel fort à l’accrochage, l’exposition regroupe un choix de tableaux préraphaélites montrés à la Grosvenor Gallery de Londres en 1877 et 1879 et qui suscitèrent d’abondants commentaires de Wilde, critique d’art, où l’on retrouve les noms de Watts, Millais, Hunt, Crane, Tissot, Stanhope...

Le parcours est également ponctué d’extraits de films mémorables, d’interviews de Merlin Holland, petit-fils d’Oscar Wilde, et de Robert Badinter, auteur de la pièce C.3.3. consacrée au procès et à l’incarcération d’Oscar Wilde, et d’enregistrements de textes lus par l’acteur britannique Rupert Everett.

Cet interview de Robert Badinter est passionnant. C.3.3 était le matricule en prison d’Oscar Wilde, condamné à la peine maximale de 2 ans avec travaux forcés, plongé dans le silence et la solitude des prisons victorienne, pour une relation avec un adulte consentant. La justice condamne et a pu tuer pour des crimes qui heureusement disparurent chez nous avec le temps, comme la sorcellerie et l’homosexualité.

Badinter décompose le piège dans lequel, s’opposant à ses amis et avocats, Wilde se précipitera, confondant le prétoire et le théâtre, en intentant un procès en diffamation pour avoir été provoqué "posant en sodomite" sur une carte déposée à son club par le père de son amant. Était-ce de l’autodestruction ?

Divers portraits de parents, d’amis et de familiers (Constance, sa femme, Lord Alfred Douglas, son amant) permettent d’évoquer le cercle des intimes, sa vie personnelle et la vie du grand écrivain irlandais, complétés par quelques memorabilia et plusieurs dessins, aquarelles, paysages réalisés par Oscar Wilde lui-même.

L’exposition comporte bien sûr des manuscrits de ses œuvres les plus célèbres comme Le Portrait de Dorian Gray ou L’Importance d’être constant.

L’accent est mis notamment sur Salomé, publié en français en 1893, qui inspira à Beardsley d’admirables illustrations.

L’exposition présente sur ses murs quelques phrases ciselés et redoutables aphorismes qui séduiront les visiteurs, et pour lesquels nous donnons quelques exemples.

"Tout art est parfaitement inutile."
"Dire des choses belles et fausses est le véritable but de l’art."
"S’aimer soi-même c’est se lancer dans une belle histoire d’amour qui durera toute sa vie."
"Quand on est amoureux, on commence par se tromper soi-même et on finit par tromper les autres."
"Lorsque les dieux veulent nous punir, ils exaucent nos prières."

Le commissariat de l’exposition est assuré par Dominique Morel, Conservateur en chef au Petit Palais et Merlin Holland, petit-fils d’Oscar Wilde, en est le Conseiller scientifique.

Oscar Wilde, l’impertinent absolu, du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017, au Petit Palais, musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, avenue Winston Churchill - 75008 Paris, 01 53 43 40 00. Accessible aux personnes handicapées. Métro Champs-Élysées Clemenceau, RER Invalides, bus 28, 42, 72, 73, 83, 93. Ouvert du mardi au dimanche de 10 à 18h. Nocturne le vendredi jusqu’à 21h. Fermé le lundi, les 1er mai et 14 juillet. Entrée payante pour les expositions temporaires. 10 ou 7€. Gratuit jusqu’à 17 ans inclus.

Voir aussi Toutes les expositions 2016 au Petit Palais.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016-2017 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nouvellement en ligne :
Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris
PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

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Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition fait partie de notre sélection 2016 des catalogues d’expositions de Paris.

Ce titre est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2016.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
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Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Petit Palais, Wikipédia

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