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Hommes politiques et Salon de l’Agriculture : l’immuable rituel

Dernière mise à jour : lundi 15 février 2016, par Gaspar

Cette année, en 2015, le salon de l’agriculture se déroulera du 21 février au 1er mars à Paris. Comme tous les ans, les politiques essaieront de faire monter leur cote de popularité en tâtant les croupes les plus en vues et en multipliant les bons mots, les petites phrases assassines et les poses photo de bon aloi. C’est l’occasion pour nous de revenir sur ce rituel politique de la visite à la plus grande ferme de France.

Chirac dévorant son saucisson des Aldudes, un demi à la main. Jean-Marie Le Pen qui déambule en 2007, un étonnant chapeau à motif peau de vache vissé sur la tête. François Hollande, gentiment blagueur, qui, l’an dernier, compare la réussite d’une Limousine au Concours général à celle d’un candidat à la présidentielle. Nicolas Sarkozy et son retentissant « Cass’toi, pauv’con ! », passé à la postérité. Chacun a à l’esprit des images, des propos, des rencontres.

Pour tout homme politique aspirant à un destin national, le Salon de l’agriculture est un moment clef. C’est l’occasion de faire montre de sa bonhomie, de son « parler vrai ». En face, l’interlocuteur est souvent réactif, rarement complaisant, toujours franc, direct. C’est d’ailleurs un véritable exercice pour le candidat en campagne. L’agriculteur en son stand est parfois vindicatif et désenchanté – beaucoup d’observateurs ont relaté les apostrophes entendues par Nicolas Sarkozy lors de son passage dans les travées du Salon ce samedi. Le monde agricole est de ceux qui font montre de leur défiance vis-à-vis de l’action politique.

Pour autant, la visite aux agriculteurs n’est pas, pour les candidats, le moment le plus déplaisant de la campagne. S’il est parfois question de subventions, de la Politique agricole commune, de hausse des prix, la discussion entre l’homme politique et le monde paysan sait aussi s’orienter sur l’essentiel : le travail de l’agriculteur. Rien n’est plus aisé que de disserter sur la robe d’un rosé de Bandol fruité ou sur celle d’une paisible vache gasconne. Au moment de flatter le produit gouté, le visiteur est rarement démuni. Saucisse sèche en main, Jacques Chirac, marathonien infatigable du Salon, était passé maître en la matière. Il a mainte fois fait honneur aux produits qu’on a pu lui présenter. Celui qui fut surnommé « Monsieur Serre la louche », par ses amis corréziens, a souvent surpris par son appétit et sa redoutable descente.

Pour ceux dont l’estomac donnerait quelques signes de lassitude, il est toujours possible de mettre la main à la « patte » : Tâter la croupe d’un percheron est un classique. En 2010, Nadine Morano, bravache, s’était lancée dans la traite d’une vache Simmental. Cette année, François Hollande a activement participé au nettoyage d’une Prim’Holstein particulièrement coopérante.

On l’aura compris, le temps d’une escapade au Parc des expositions, l’homme politique renoue pleinement avec le monde agricole. On y parle de terroir, de ruralité, de racines. Pourtant, l’origine même du Salon de l’agriculture n’est pas la célébration d’une France rurale. Le concours général agricole est institué sous le Second empire. Dans la droite ligne des expositions universelles parisiennes de 1855 et 1867, on y contemple la prospérité économique, industrielle et agricole du régime. Les chemins vicinaux construits sous l’Empire de Napoléon III ont accru les échanges d’un monde paysan en pleine modernisation : on a parlé d’âge d’or de la ruralité. Dans une France majoritairement rurale, le concours général célèbre la modernité de l’agriculture française.

Aujourd’hui, défendre le paysan dans un monde urbain, mondialisé, concurrentiel, en proie au doute, c’est aussi chercher à se rassurer. On pense à la fameuse affiche de 1981, « La force tranquille », qui met en scène un François Mitterrand apaisé, sur fond de paysage de campagne et de petit village aux maisons sages. Dans cet ordre d’idée, mettre en scène son appartenance au monde rural est une antienne du monde politique. Ce dimanche, François Bayrou, candidat du Modem, s’est fièrement présenté comme un « fils de paysan » et éleveur lui-même. L’importance de la fréquentation du Salon par le monde politique est surtout un symbole. Celui d’un monde agricole en grande difficulté, qui dépend des aides décidées par les hommes politiques. Si les candidats ont besoin du Salon pour mener leur campagne, à coup sûr, les agriculteurs ont besoin du soutien de la politique pour que se perpétue l’immuable rituel.

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