eVous
La ville dans la poche
Accueil Paris Arrondissements de Paris Ile-de-France Le Marais Lyon Marseille Nice Toulouse Bordeaux Nantes Lille Agenda France Guides France Montpellier Shopping Visiter la France Strasbourg Bruxelles Musique TV Cinéma Expositions Ailleurs Terres et saveurs Astuces, idées et inspirations

Accueil > Arrondissements de Paris > Paris 12e > Guide, Paris 12e > Se promener, Paris 12e > L’histoire de l’hôpital Saint-Antoine

L’histoire de l’hôpital Saint-Antoine

Dernière mise à jour : vendredi 9 décembre 2011, par Christian Frank

En pénétrant dans l’hôpital Saint-Antoine, vous entrez dans l’enceinte de l’ancienne abbaye Saint-Antoine, dont l’origine remonte au XIIIe siècle. En 1204, Eudes de Sully érige cet ancien ermitage destiné aux femmes de mauvaise vie repenties en abbaye Saint-Antoine des Champs, et le roi Louis IX (Saint-Louis) décide d’en faire une abbaye royale destinée aux religieuses ; elle sera consacrée en 1233.

En 1471, Louis XI décide d’autoriser les corps de métier à travailler librement dans le domaine de l’abbaye : affranchis des contraintes corporatives et de taxes à payer, menuisiers, ébénistes, hûchers (ceux qui fabriquent les coffres en bois) s’y installent et font produire jusqu’à la Révolution les chefs-d’oeuvre de l’ébénisterie française. Cette ordonnance sera en effet confirmée sous Henri IV en 1598. La clientèle du faubourg Saint-Antoine est d’abord la famille royale et l’aristocratie française, mais s’étend bientôt à toutes les cours d’Europe, admiratives de l’art de vivre à la Française. L’organisation spatiale de ce quartier est de ce fait très caractéristique : derrière les maisons d’habitation sur rue, on trouve généralement des ateliers en bois ou à claire-voie.

En 1764, l’abbesse Gabrielle-Charlotte de Beauvau-Craon commande à l’architecte Samson-Nicolas Lenoir, dit Le Romain, de nouveaux bâtiments. Pour des raisons d’argent, seul le pavillon de l’Horloge (illustration ci-dessus) sera exécuté, les travaux étant suivis par l’architecte Claude-Martin Goupy. Peu mise en valeur par des abords discutables (rampe, poteaux métalliques, tonnelles, le tout traité de façon très minérale), la façade sud conserve une belle élégance Louis XVI. Sa partie centrale, traitée en avant-corps, est percée de trois arcades servant de passage. La corniche, traitée à modillons, est surmontée d’un fronton triangulaire où trône un blason et des guirlandes. Au nord, la façade devait fermer la cour du cloître.

En 1795, l’abbaye est transformée en hospice et centre de soins de 160 places. L’année suivante, l’église abbatiale et la chapelle Saint-Pierre sont malheureusement vendues et détruites. Les deux ailes symétriques ajoutées aux extrémités du pavillon de l’Horloge ont été ajoutées à cette époque par l’architecte Nicolas-Marie Clavareau, chargé d’agrandir l’hôpital. Quant à l’entrée située rue du faubourg Saint-Antoine, elle date de 1905 ; son auteur, François Renaud, s’est clairement inspiré du pavillon de l’Horloge.

Saint-Antoine est devenu aujourd’hui un des grands hôpitaux parisiens. De nombreux bâtiments ont été ajoutés, dont un intéressant centre hospitalier universitaire (1963), d’André Wogenscky et Jean Paitre. L’ influence de Le Corbusier, dont Wogenscky fut l’élève puis le collaborateur de 1936 à 1956, se ressent dans ce projet. L’hôpital Saint-Antoine dispose aujourd’hui de 780 lits et emploie pas moins de 3700 personnes.

Franck Beaumont

Adresse

184 rue du faubourg Saint-Antoine