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L’histoire des Objets Trouvés

Dernière mise à jour : vendredi 30 octobre 2009, par Adele

Le service des objets trouvés de la préfecture de police de Paris a fêté en 2004 ses 200 ans, c’est l’un des plus anciens au monde.

Un objet trouvé est un objet qui a été perdu par son propriétaire dans un lieu ouvert au public et trouvé par une autre personne. L’objet trouvé appartient toujours à son propriétaire : il est donc conseillé à celui qui le trouve de le déposer auprès du service des objets trouvés, l’inventeur prouve ainsi qu’il ne cherche pas à s’approprier le bien d’autrui !

Dans l’ancien droit, les objets égarés appartenaient au roi ou au seigneur haut justicier. Quiconque trouvait une épave, chose manifestement sans maître, sur le domaine public, devait en faire la déclaration et en effectuer le dépôt auprès de son seigneur.

Existait conjointement le droit d’épave consistant à s’approprier partie de la cargaison d’un navire naufragé qu’un propriétaire ne pouvait retenir.

Informé, le suzerain faisait alors publier la déclaration de la trouvaille trois dimanches de suite afin que le légitime propriétaire puisse récupérer son bien.

En 1695, un édit stipule que cette publicité se fera par huissier à la porte des églises.

Pour les épaves terrestres, le premier document connu date de 1699 : "Tous les objets laissés dans les bureaux des messageries, coches et voitures publics dont le propriétaire est inconnu appartient aux Domaines (royaux) au bout de deux ans".

Auparavant, dès le 12 février 1367, Charles, Duc de Normandie et Dauphin du Viennois, avait édicté que les hôteliers et aubergistes étaient dépositaires des objets perdus chez eux par leur clientèle et qu’ils étaient tenus de les restituer à leurs propriétaires si ceux-ci se manifestaient.

Ce sera sans surprise à Paris, une ville déjà importante, que le Préfet de Police demandera en 1804, aux commissaires de police de faire porter dans ses locaux les objets trouvés déposés dans leurs bureaux.

La Révolution Française n’avait pas manqué entre temps de supprimer le droit seigneurial sur les épaves (décision du 13 avril 1791) après avoir prononcé le 1er décembre 1790 que tout bien sans maître appartenait à la nation.

Ce n’est pourtant que vers 1850 que le service des objets trouvés sera vraiment connu du grand public. Il est à cette époque installé rue du Harlay et jouxte le Palais de Justice. Moins de 10 000 objets y sont déposés chaque année. On ne dépose alors aux commissariats et au bureau des objets trouvés, que les choses qui peuvent se perdre : gants, vêtements, cabas, livres !

Cependant, l’on récupère très peu et l’extrême suspicion des employés du service n’y est pas étrangère. Il faut fournir une description irréprochable de l’objet pour qu’il vous soit restitué et cela ajouté avec la conviction des gens que leurs effets n’ont pas été rapportés aux objets trouvés explique la faible fréquentation du lieu qui de plus est installé à cette époque dans des locaux exigus, infects et malcommodes.

Le 13 octobre 1893, le Préfet Louis Lépine décide de créer un service spécifique des objets trouvés quelle que soit la provenance ou le lieu de dépôt, pour centraliser les objets, les opérations de restitution aux perdants ou aux inventeurs et remettre les objets non réclamés à l’administration des Domaines.

En 1939, le service des objets trouvés est installé au 36, rue des Morillons à Paris, dans le 15ème arrondissement.

Des textes sont venus parfaire cette organisation de manière à en définir strictement le champ d’application : nature des objets, durée de garde, conditions de restitution.

Les objets arrivent par sacs entiers au 36, rue des Morillons avant d’être inventoriés et archivés dans l’attente d’une éventuelle restitution à leurs propriétaires.

A l’aube d’un nouveau siècle, le Service des Objets Trouvés reçoit environ 140 000 objets par an. Il privilégie plus que jamais la restitution des objets à leur conservation.

Adresse

36, rue des Morillons, Paris 15e