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La grande Cabeza de Niki de Saint Phalle

lundi 16 octobre 2017, par André Balbo

Jusqu’au 1er février 2015, cette immense tête de mort inspirée des fêtes et mythologies mexicaines, ajoute un point d’orgue à la grande exposition du Grand Palais consacrée à cette artiste aux mêmes dates.

La Cabeza n’avait jamais voyagé au dehors des États-Unis et sa présentation à Paris est une absolue première en Europe.

La Cabeza au 104 est associée à la rétrospective au Grand Palais "Niki de Saint Phalle", dont le formidable catalogue a reçu le Prix CatalPa 2014 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Le 104 présente La Cabeza de Niki de Saint Phalle, immense tête de mort, et incroyable totem à la fois profond et décoratif de nos vanités.

Dans le prolongement de l’exposition organisée par la RMN-GP au Grand Palais, le Centquatre-Paris offre aux regards des visiteurs ce gigantesque crâne en mousse de polyuréthane, à l’armature en acier et résine, revêtu d’éclats de miroir et de vitrail, de galets et cailloux divers, de coquilles d’ormeaux, et d’incrustations de verre en millefiori.

L’artiste fut visiblement impressionnée par la place légère, familière et gaie accordée à la mort dans l’imagerie des fêtes populaires mexicaines et du folklore de ce pays. Rappelons qu’elle vécut quelques-unes de ses dernières années dans la ville californienne de La Jolla, proche de la frontière.


La Cabeza, 2000, 366 x 427 x 366 cm

De plus, si crânes et squelettes sont les symboles majeurs du Jour des Morts et de célébrations religieuses d’origine précolombienne, les dimensions de La Cabeza la rapprocheraient plus précisément encore de la civilisation olmèque.

Formidable emblème, cette tête de mort nous crie la brièveté de notre passage sur terre et la fragilité de nos attachements. D’autres très grandes sculptures extrêmement colorées dont le Diable et la Mort peuplent le Jardin des Tarots de Niki de Saint Phalle en Toscane. Elles font partie de « cette sculpture violemment expressionniste, pleine de naïveté et primitive, une sorte d’art mexicain populaire » comme l’a décrit Pierre Restany.

La notion de mort et l’espoir d’une vie après sont des thématiques que l’on rencontre tout au long de la carrière de l’artiste, assez fragile de santé. Comme dans les pratiques festives mexicaines, le message de ces sculptures n’est pas morbide. Ou s’il l’est un tant soit peu, il est essentiellement bruyamment joyeux grâce à l’emploi de ces couleurs magnifiques. Une autre vie existe-t-elle après la mort ? C’est une autre affaire. Niki de Saint Phalle disait : « There is no death. There is change-transformation. Our life is Eternal ».

La Cabeza est la dernière des sculptures de grandes dimensions que réalisa l’artiste (en 2000), et c’est la seule restante où il est possible au visiteur d’entrer, de s’assoir, de contempler et de rêver en se laissant porter par la multitude d’éclats de miroirs. Un grand auteur français ne disait-il pas qu’écrire un roman, c’était promener un miroir.

Le visiteur sera alors plongé dans un monde kaléidoscopique qui lui sera personnel et magique, revêtu de miroirs et aux reflets de lumière. Les enfants peuvent grimper, jouer et se cacher dans cette grotte merveilleuse et onirique. Cette sculpture d’extérieur résiste aux visites, au climat, et à la pluie.

La Cabeza, du 20 septembre 2014 au 1er février 2015, au 104, 5, rue Curial 75019 Paris. Ouvert du mardi au vendredi de 12 à 19h, et les samedi et dimanche de 11 à 19h (l’exposition est ouverte du mardi au dimanche de 15 à 19h). 8€, ou 5, ou 3. 01 53 35 50 00.

Voir aussi la grande exposition Niki de Saint Phalle au Grand Palais, aux mêmes dates.

sources : Visite, 104, RMN-GP / Niki Charitable Art Foundation

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