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L’expo Louis Vuitton / Marc Jacobs aux Arts déco

Dernière mise à jour : lundi 25 juillet 2016, par Expositions

Louis Vuitton (1821-1892) et Marc Jacobs font l’objet de cette importante exposition au musée des Arts décoratifs, jusqu’au 16 septembre 2012. Comment chacun d’eux est-il parvenu, dans son époque, à innover et faire ainsi autant progresser l’industrie du luxe et l’art du voyage ?

L’exposition consacre un étage à chacun, dans une scénographie de Samantha Gainsbury et de Joseph Bennett.

Les malles de Louis Vuitton sont présentées au 1er étage, et une sélection de modèles emblématiques de Marc Jacobs est mise en scène au second.

Louis Vuitton apprend le métier de « layetier-coffretrier-emballeur » chez "Maréchal", rue Saint-Honoré, accumulant tous les savoir-faire de la profession, fabrication, emballage et logistique. En 1854, il ouvrira sa propre enseigne, au 4 rue Neuve-des-Capucines, près de la rue de la Paix, au cœur de ce qui deviendra rapidement le chaudron de la mode sous le Second Empire.

Très tôt, il redéfinira son activité comme celle d’« emballeur », ses en-têtes précisant « Spécialité pour l’Emballage des Modes ». Choix d’autant plus judicieux que la Haute Couture parisienne connaîtra bientôt un succès fulgurant.

Le portrait des deux personnages ouvrent l’exposition, et celui de Louis Vuitton nous le montre en héros balzacien, solide, dense.

Une amusante lanterne magique de grand format nous découvrira, c’est le cas de le dire, l’envolée d’une femme habillée / nue ailée / habillée / nue elle est...

Quelques vitrines stupéfiantes, où absolument tous les éléments de mode et les accessoires de l’époque, les plus précis, soignés et... frivoles sont exposés, pour des poupées, - allez, de 35cm -, jusqu’aux mitaines, à l’éventail en corne découpée et aux pantoufles. Les professionnels de la mode et les enfants seront émerveillés par la grande beauté de ces miniatures exceptionnelles.


Poupée, trousseau et sa malle, vers 1865, Les Arts Décoratifs © Jean Tholance

Les premières malles de Louis Vuitton seront recouvertes d’une grosse toile cirée imperméabilisée, peinte en gris, dite "Trianon". Armoiries et monogrammes des propriétaires seront ensuite apposés sur cette couche de couleur, et ces toiles tissées à motifs, différenciées de leurs concurrentes, se trouveront alors mieux protégées de la contrefaçon.

En 1877, Louis Vuitton déposera une toile rayée disponible en plusieurs coloris. 11 ans plus tard, ce sera un nouveau brevet, cette fois pour la toile "Damier" intégrant son nom dans le motif décoratif. Pour la première fois, son nom apparaît comme une signature sur l’extérieur de ses malles.

Beaux exemples de malle haute pour dames (1882) et incroyable malle cabine de 1892 "une nouvelle application de l’aluminium à la construction ou au revêtement pour articles de voyage". Sur la même logique que Louis, son fils Georges Vuitton créera en 1896 le désormais fameux Monogram « LV ».

Les Expositions universelles déplacent alors des foules considérables, et mettent parfaitement en valeur les grandes inventions de la révolution industrielle. Louis Vuitton a très vite su en tirer le meilleur parti, présentant ses modèles dès 1867 dans la section « Article de voyage et de campement » et remportant dès lors sa première médaille. Il participera aux expos de 1868, 1887 et 1889, installant ainsi dans les mémoires sa signature personnelle.

En phase avec les attentes d’une bourgeoisie triomphante, avide de voyages et de luxe, Louis Vuitton emménage en 1872 au 1 rue Scribe. Ce quartier, avec le Café de la Paix, la place de l’Opéra et la confluence des boulevards, devient l’épicentre consacré au commerce et au luxe du Paris métamorphosé par le baron Haussmann. Quartier où sont aussi installées les principales Maisons de couture comme Worth, qui lui sera très proche, Paquin, et le chemisier Jacques Doucet.

Mais le fondement du succès des affaires de Louis Vuitton, sans qu’il soit fait le moins du monde injure à ses indéniables talents, repose aussi sur l’enrichissement prodigieux de la bourgeoisie, et plus que tout sur l’importance de la garde-robe quotidienne des femmes, qu’il fallait bien ranger quelque part, voire transporter quand cela était nécessaire, et la fascination qu’exerçaient sur elles les grandes cours d’Europe.

Une vitrine résume merveilleusement bien cela, en présentant dans un même ensemble les 7 tenues quotidiennes, chemise de jour, crinoline, jupon, robe d’intérieur, robe habillée, robe de jour, robe à transformation... sans que l’on s’interdise jamais le "davantage", cela va sans dire. Le sol en miroir, je vous le confie, permet d’ailleurs d’en mirer les dessous.

En démultipliant ainsi les pièces de la garde-robe bourgeoise, les couturiers aideront bigrement Louis Vuitton, spécialiste des emballages de mode, qui saura répondre à cette demande exponentielle. Barons, comtes, marquis et princesses seront de ses clients, comme du reste Sarah Bernhardt, dont le voyage et la tournée au Brésil nécessiteront plus de 200 malles !

Nurses du défilé Femme printemps-été 2008, portant 12 sacs de la ligne Toile Monogram Jokes, créés par Richard Prince © Louis Vuitton / Chris Moore

Marc Jacobs, le créateur américain, sera tout autant sensibilisé que Louis Vuitton aux évolutions de son époque, quand la mode devient un secteur mondialisé, à la fin du XXe siècle, obligeant les designers à réécrire les règles de ce jeu.

Pour les méga marques, les créateurs de mode doivent désormais, en plus d’être créatifs, être davantage performants dans les domaines du marketing et de la direction artistique, comme endosser souvent le rôle de maître de cérémonie voire celui de porte-parole de la marque.

Marc Jacobs, diplômé en 1984 de la Parson’s School of Design à New York, est nommé à 25 ans créateur de la maison Perry Ellis, alors au top, avec Ralph Lauren et Calvin Klein, des marques du prêt-à-porter américain. Plus tard, après une tentative infructueuse avec la marque Grunge, et à peine trentenaire, Marc Jacobs à la recherche de nouveaux associés, se verra financé... par les propriétaires de Perry Ellis qui l’aideront à créer sa propre griffe.

Marc Jacobs est nommé en 1997, directeur artistique de Louis Vuitton, maison honorable de… 143 ans. Il lui est demandé, et c’est une première, d’introduire des collections de prêt-à-porter homme et femme, ainsi qu’une ligne d’accessoires chaussures et sacs.

D’emblée, il envisage de créer pour cela un monde à la pointe de la mode, pour côtoyer le monde sophistiqué et intemporel de la Maison Louis Vuitton. Ce sera pertinent. Pour Marc Jacobs, cette aventure devait être : « Un nom merveilleux. Une griffe célèbre, unique, qui existera après moi. Vuitton n’est pas une maison de mode. On fait des choses "à la mode", on a introduit l’idée de la mode, qui évolue avec les humeurs du temps, les icônes de la culture populaire. Mais le cœur de la marque est inchangé et inchangeable, tant mieux. »

Sac fermoir en toile Monogram Cerises, collection Femme Printemps-été 2001 été 2005 © Louis Vuitton, Takashi Murakami/Kai kai Kiki Co, Ltd

« Je suis un ‘designer’ qui travaille au sein d’une équipe de designers. C’est ensemble que nous faisons des propositions pour les collections de prêt-à-porter, d’accessoires ou autres produits de la marque Louis Vuitton. Nous présentons nos idées dans le format du défilé de mode, vêtements et accessoires compris. Nous donnons aussi notre avis sur la manière dont les choses sont présentées à tous les niveaux, jusqu’à la publicité. Mais il ne s’agit que d’un avis car, dans la structure Louis Vuitton, nous n’avons pas la possibilité de contrôler jusqu’au bout le merchandising, la publicité et l’image. La création dans la mode, comme dans tout autre domaine, est une série de choix. Mon processus de création naît de l’échange constant au sein d’une équipe. »

Marc Jacobs fait appel à des collaborateurs artistiques, tels que Stephen Sprouse, Takashi Murakami ou Richard Prince. Ces associations entre l’art et la mode ont bouleversé les habitudes de tout un secteur pour devenir depuis des cas d’école.

Ces grands créateurs de mode, du luxe à la française reconnu dans le monde entier, Louis Vuitton et Marc Jacobs méritaient qu’un tel hommage leur soit rendu à Paris même. Le héraut, saisissant sa trompette, criera : "ils ont porté leur griffe au plus haut rang : aux hommes de talents, la patrie et Paris reconnaissantes !"

Poil à gratter. L’exposition est de qualité, c’est certain. Mais il se trouve tout de même que l’on pourrait trouver à redire sur ces hommages si régulièrement rendus à cette société leader mondial du luxe et toute puissante. Elle qui peut s’offrir si longuement à Paris de prestigieux musées, il est vrai impécunieux, de la Ville (4 mois) ou nationaux (6 mois), pour faire valoir ses produits et ses mythologies auprès du public. Elle aussi qui peut rassembler dans l’urgence des députés de droite et de gauche pour faire immédiatement casser à la Chambre, sous le couvert d’un texte de loi "cavalier", une décision de justice qui bloquait un permis de construire...

Un catalogue de l’exposition est proposé à 55€. Mais pour les fashion addicts,heureusement, la version luxe existe, à 80€, dorée et en coffret.

Musée des Arts décoratifs. Du 9 mars au 12 septembre 2012. 107 Rue de Rivoli 75001 Paris 01 44 55 57 50.

==> Accédez au programme des activités pour enfants aux Arts déco, notamment dans le cadre de l’exposition Louis Vuitton / Marc Jacobs.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : musée des Arts décoratifs, visite

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