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Loyers à Paris : pas de plafonnement, mais l’indécence taxée… en 2012

Petit début de prise en compte d’un grave problème (manque de logements et cherté du marché locatif) ou effet d’annonce d’une demi-mesure à la veille d’un rendez-vous électoral ?

Le secrétariat d’Etat au Logement annonce qu’au 1er janvier 2012 une taxe sur les micro-surfaces serait appliquée aux petits logements loués à des prix « indécents », mais le seuil au-delà duquel la taxe s’appliquera est fixé à 40€/m2. Rappelons que le prix moyen du mètre carré dans la capitale est estimé aujourd’hui à 23€, toutes surfaces confondues.

Concrètement, cette taxe ne sera certainement appliquée qu’à Paris et dans sa riche banlieue Ouest, Yvelines et Hauts-de-Seine, car rares sont les logements, en province, loués plus de 40€/m2, et ne devrait viser finalement qu’une partie des 20 000 chambres et petits studios parisiens appliquant des loyers très élevés.

Pour autant, Benoist Apparu, le secrétaire d’Etat au Logement, n’a pas souhaité plafonner les loyers « car cela constituerait une véritable erreur économique, en conduisant à une baisse de l’offre locative. Il ne s’agit pas de réguler les loyers, mais de mettre fin aux abus des propriétaires s’adressant aux jeunes, aux étudiants et aux travailleurs pauvres ».

Selon le collectif Jeudi noir, Benoist Apparu n’a pas tenu ses promesses : « Si, au-delà de 40€/m2, les prix sont jugés indécents, il n’y a pas d’autre solution que de plafonner les loyers ».

Le président de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI), Jean Perrin, juge le dispositif proposé par le gouvernement « lamentable », car « son seuil élevé légitime les pratiques de certains propriétaires et incite aux fausses déclarations ». Seule une offre accrue peut, selon lui, limiter les abus du marché. « En Ile-de-France, il faudrait un peu moins de bureaux et un peu plus de logements étudiants. »

André Balbo

sources : Le Monde, secrétariat au Logement, Jeudi noir, Unpi

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