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Exposition Niki de Saint Phalle à Paris

lundi 16 octobre 2017, par André Balbo, Jean

Du 17 septembre 2014 au 2 février 2015, le Grand Palais présentait la rétrospective Nicki de Saint Phalle, l’une des artistes les plus populaires de la seconde moitié du XXe siècle. Depuis 20 ans, aucun événement important n’avait mis en avant son travail.
Une autre exposition consacrée à l’artiste est ensuite à voir en 2017 à la galerie Vallois (VIe).

EXPOSITION 2017 A LA GALERIE VALLOIS

A l’automne 2017, la Galerie Vallois met à nouveau à l’honneur l’oeuvre novatrice, féministe et avant-gardiste de l’artiste. C’est ainsi autour de la thématique centrale de la représentation du corps de la femme que s’articule l’exposition Belles ! Belles ! Belles ! Les femmes de Niki de Saint Phalle. Une vingtaine d’oeuvres parmi les plus emblématiques des années 60 et 70, des plus célèbres Nanas aux singulières sculptures-reliefs, seront montrées.
Du 7 septembre au 22 octobre 2017


PRÉSENTATION DE L’ARTISTE

Alors que Niki de Saint Phalle (1930-2002) fut en son temps l’une des artistes les plus connue internationalement, il nous reste encore à découvrir la richesse et la complexité de son œuvre. Elle sut exprimer dans les média sa personnalité et faire connaître son travail, et cela dans le même temps que Andy Warhol.
Autodidacte, Niki de Saint Phalle, très inspirée par les œuvres de Gaudi, Dubuffet et Pollock, met en place, dès la fin des années 1950, un univers personnel et singulier original de toute tendance et mouvement, dans lequel son parcours biographique était sublimé par la création de grands thèmes et de mythes qui allaient par la suite irriguer toute son œuvre.

On en découvrira la violence, exprimée dans l’audace de ses performances, l’engagement et la radicalité du contenu politique et féministe de son travail, même si l’on se souvient peut-être avant tout des couleurs vives et gaies de ses personnages, de leurs formes si pleines... et de leurs si petites têtes.
Il faut également remarquer ici le niveau indispensable d’ambition qui fut certainement indispensable aux réalisations monumentales qu’elle installa dans les espaces publics.

Artiste franco-américaine, Niki de Saint Phalle ne cessera de voyager entre ses deux pays (et d’autres...) et d’en réconcilier les tendances artistiques. Connue comme la seule artiste femme du Nouveau Réalisme en France (avec, dans les rôles de garçons, César, Christo, Yves Klein...), c’était aussi une artiste américaine, dont les œuvres sont à replacer dans une histoire des Combine Paintings Néo Dada, au côté de Jasper Johns et Robert Rauschenberg, mais aussi à l’origine du Pop Art dont son approche renouvelle la lecture.

Le multiculturalisme, les références à l’art des natifs d’Amérique et à la civilisation mexicaine, la question raciale et la critique de la politique de George Bush sont autant de sujets américains qui caractérisent ses dernières œuvres.
Renouveler la représentation du corps féminin et de l’érotisme, réinterpréter les grandes figures mythiques, interroger le rôle de la femme dans la société et en proposer un autre sont autant de thèmes qui seront récurrents dans son œuvre. Ces fameuses « Nanas » qui sont autant d’autoportraits, réels et fantasmés, de l’artiste et de la femme contemporaine.
De fait, les séries successives des Mariées, Accouchements, Déesses, puis après les Nanas, des Mères dévorantes, recréent une véritable mythologie féminine. S’y ajoutent les performances, les textes et les déclarations de l’artiste, et le contenu des longs métrages : autant de preuves qui permettent de réhabiliter Niki de Saint Phalle comme la première grande artiste féministe du XXe siècle.

Ses œuvres comportent plusieurs niveaux de lecture et d’interprétation dont on a souvent omis le caractère politique au profit d’une lecture décorative et superficielle. Aller au-delà, c’est reconnaître par exemple aux Tirs toute leur puissance subversive.
Ces performances, où des tableaux étaient détruits à la carabine par elle-même, par ses amis artistes ou par le public invité, furent à la fois fondatrices dans l’histoire du happening et particulièrement scandaleuses... car orchestrées par une femme.
Dirigés contre une vision de l’art, une idée de la religion, une société patriarcale, une situation politique où guerre froide et guerre d’Algérie s’entremêlent, un pays, les États-Unis, où le port d’arme est légalisé, les Tirs sont à l’image de son œuvre ultérieure, qui s’est presque toujours nourrie de questionnements sociétaux.

Niki de Saint Phalle fut l’une des premières artistes à aborder la question raciale (la couleur noire est importante dans son œuvre) et à défendre les droits civiques, puis un multiculturalisme américain. Elle fut aussi l’une des premières à utiliser l’art pour sensibiliser le grand public aux ravages du sida.
Première artiste femme à s’imposer dans l’espace public à l’échelle mondiale, Niki de Saint Phalle a eu très tôt le souci de s’adresser à tous, bien au-delà du seul public des musées. Le choix d’un art public est à voir comme un choix politique ; il est précoce puisqu’elle en fait une direction essentielle de ses recherches dès le milieu des années 60.
Projets architecturaux et sculptures monumentales se suivent ensuite tout au long de sa carrière : fontaines, parcs pour enfants, jardins ésotériques et maisons habitables sont parmi ses plus importantes réalisations. Central et majestueux, le Jardin des Tarots est son œuvre majeure, qu’elle a entièrement financé elle-même, en partie grâce au développement d’éditions : un parfum, du mobilier, des bijoux, des estampes, des livres d’artistes.

De nombreux films permettent d’embrasser la part monumentale de ses créations, celle qui, par définition, est indéplaçable. Formidables Jardin des Tarots ou Cyclop !
Une biographie récente et très vivante de l’artiste : Niki de Saint Phalle, la révolte à l’œuvre, très documentée, a été écrite par Catherine Francblin et publiée chez Hazan. Elle vous permettra de compléter l’approche qui est faite ici. Les amis, les influences, les feelings apportent beaucoup à la compréhension du personnage.


RÉTROSPECTIVE 2014/2015 AU GRAND PALAIS

Cette rétrospective, dont l’ambition était de renouveler le regard posé sur cette œuvre, fut la première grande exposition à lui être consacrée en France depuis 20 ans. Elle présentait toutes les facettes de Niki de Saint Phalle, à la fois peintre, assemblagiste, sculpteure, graveuse, performeuse et cinéaste expérimentale.

Plus de 200 œuvres et archives, beaucoup inédites, émaillaient un parcours chronologique et thématique de 2000m2, ponctués d’écrans sur lesquels l’artiste commentait son travail. Des maquettes de projets architecturaux et une sculpture-fontaine (L’Arbre de Vie) devant l’entrée du Grand Palais, permettaient d’évoquer l’ampleur et la diversité de son œuvre publique.
Cette exposition était organisée par la RMN - Grand Palais avec l’aimable participation de la Niki Charitable Art Foundation, et co-organisée avec le Guggenheim Museum de Bilbao. Elle bénéficiait de prêts exceptionnels des musées de Hanovre et de Nice, qui ont reçu d’importantes donations de l’artiste. Elle était par la suite présentée au musée Guggenheim de Bilbao du 27 février au 29 juin 2015.

Niki de Saint Phalle, du 17 septembre 2014 au 2 février 2015. Grand Palais, entrée Champs-Élysées.
Voir aussi La Cabeza, au 104, aux mêmes dates.
Lire encore : Le Cyclope, cet incroyable musée tapi au fond de la forêt à 1h de Paris et Le Guide des plus belles fontaines de Paris dans lequel figure la Fontaine Stravinski, que Niki de Saint Phalle fit avec Jean Tinguely.

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