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DERNIERS JOURS au Quai Branly de la grande exposition Kanak : quand l’art est une parole

Dernière mise à jour : samedi 15 décembre 2018, par Expositions

Cette exposition rassemble, du 15 octobre 2013 au 22 janvier 2014, plus de 300 œuvres et documents exceptionnels issus de collections publiques de Nouvelle-Calédonie et d’Europe (Autriche, Suisse, France, Allemagne et Italie).

C’est la plus importante sur la culture kanak depuis "De Jade et de nacre" organisée par la RMN il y a 22 ans, à Nouméa, puis à Paris.

Cette fois-ci, de nombreuses pièces inédites et spectaculaires, parmi les grandes classiques de l’art kanak, sont révélées, dont des chambranles sculptés de Grandes Maisons, des haches ostensoirs de jade, des sculptures faitières, et des statuettes et ornements.

L’exposition s’appuie sur le nouvel inventaire raisonné des objets des collections publiques mondiales (30 années de recherches !), et sur la collecte du patrimoine kanak immatériel menée depuis 10 ans.

Lancé en juillet 2011, cet inventaire, financé par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, a été conduit par Roger Boulay et Emmanuel Kasarhérou, selon lequel "On estime entre 15 000 et 20 000 œuvres kanak disséminées dans 160 musées dans le monde, dont 80 en France. cela remonte à 1850, quand l’anthropologie était en vogue. (...) on pillait les cimetières. Et on rassemblait des ustensiles, des haches, des masques...". Cet inventaire a permis de mettre au jour, et d’inclure dans la liste des œuvres de l’exposition, des objets inédits de premier plan, sélectionnés en fonction de leur provenance, de leur histoire, des circonstances de leur collecte, de leur valeur esthétique, ou selon leur état de conservation.

30 chefs kanak ont inauguré cet espace, procédant à l’entrée aux salutations rituelles.

D’autres manifestations font écho à l’exposition parisienne, aux muséums de Rouen, Cherbourg et La Rochelle, au musée des Ducs de Bretagne à Nantes, à ceux des Beaux-Arts d’Angoulême, d’Art et d’Histoire de Rochefort, et à celui d’Art et d’Archéologie de Périgueux.

L’exposition ouvre ses portes alors que l’autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, prévue entre 2014 et 2018, appelle à la construction d’une société commune nouvelle et à une identité contemporaine.

Cette exposition, circulaire, structurée selon des catégories culturelles kanak, s’organise sur le parcours principal des "5 visages", caractérisé par la présence forte de la parole kanak, et selon le parcours parallèle complémentaire, "les reflets", rendant lisible l’évolution du regard occidental sur le monde kanak, par l’accumulation de témoignages documentaires.

Des Kanak ouvrent la voie de la compréhension de leur monde et de leur vision, en en commentant à la 1ère personne les aspects essentiels. En les insérant dans l’Histoire, ils établissent l’utile distinction entre l’intemporel et le factuel.

Ainsi l’exposition concilie le point de vue du Kanak qui regarde ces visiteurs venus d’un autre monde, et ceux portés par le marin, le colon ou le missionnaire européen sur la vie et la parole kanak. Elle est l’occasion, autour des objets et documents présentés, de faire dialoguer le riche patrimoine immatériel du monde kanak et des œuvres gardiennes d’une bonne part du patrimoine matériel kanak. Les rendrons-nous un jour ?

Dans la tradition kanak, se présenter revient à montrer son visage (némèè). Il s’agit d’un protocole traditionnel d’entrée dans des espaces coutumiers pour des individus comme pour des représentants d’un groupe : - Le Verbe et la Parole, Nô ; - La maison et le pays, Mwâ ma mwâcirî ; - Le taro et l’igname, Mwâ ma mëu ; - Les ancêtres et les Esprits, Bèmu ma rhee ; - La Personne et ses liens, Kamö ma vibéé.


Huître perlière gravée « Mort de Gally-Passeboc » Musée d’art et d’histoire de Rochefort

Le Verbe et la Parole ; Nô. Leur importance se manifeste par le chef, "le grand aîné". Elle s’exprime dans la Coutume. Monnaies de coquillage aujourd’hui, autrefois prestigieux objets échangés (haches de jade, objets ornés de cordonnets de poils de roussette, ornements divers), supports de cette Parole. La figure historique du Grand Chef Mindia (1856-1921) est évoquée ici.

La maison et le pays ; Mwâ ma mwâciri. Le pays s’organise autour des lieux d’origine, les Grandes Cases installées en haut d’une allée paysagée, les autels aux esprits et les traces des maisons d’origine. La mémoire conserve ces anciens chemins bouleversés par la colonisation, le déplacement des populations et l’enfermement des Kanak dans des réserves. La figure historique du Grand Chef Nidoish Naissiline (18 ?- 1880) y est associée.

Le taro et l’igname, le lien au végétal ; Mwa ma mëu. Le cycle de la culture de l’igname, nourriture fondamentale, est un des symboles les plus importants, qui permet de comprendre l’attachement du Kanak à sa terre et de mieux saisir la grande révolte kanak de 1878 causée par la spoliation de la terre. La figure d’Ataï (1833-1878), chef de l’Insurrection, est évoquée.

Les ancêtres et les Esprits, Bèmu ma rhee. Religieux et sacré se manifestaient autrefois au grand jour par la sculpture et les masques, quand les objets supports de puissance, comme les pierres magiques, se manipulaient dans le secret. Dans la société kanak, le rêve indique un mode de contact aux esprits. L’évocation du Grand Chef Aman de Touho illustre cette section.

La personne et ses liens ; Kamö ma vibéé. La personne n’a jamais l’importance des liens sociaux qui la font vivre, rappelés aux grandes occasions de la vie par la circulation des monnaies qui les matérialisent, même aujourd’hui dans les mariages et les grands deuils. L’évocation de Jean-Marie Tjibaou (1936-1989) conclut le parcours.

Quant au parcours parallèle, aux "reflets" (komè), il met en perspective l’ensemble des œuvres présentées, ces objets et ces documents qui témoignent de l’évolution de la perception, par l’Occident et par la France en particulier, des Kanak.

4 "reflets" : - La découverte ; - La science et la colonie ; - De l’image à l’imagerie populaire ; - La transformation de l’image : de Canaque à Kanak.

Des objets liés aux grandes explorations des XVIIIe et XIXe siècles sont présentés, évocation documentaire des expositions coloniales et universelles où des groupes de Kanak furent exhibés...

Clérice Charles « le pilou-pilou new-dance pour piano ». Partition, Edition A.Bosc, 1907

Imagerie populaire et lieux communs, photos et documents évoquent l’évolution du regard scientifique et missionnaire sur le monde kanak. Voir le documentaire de Lucie Cariès autour de la notion de parole kanak et qui évoque Jean-Marie Tjibaou (1936-1989), et Paul Wamo, jeune slameur kanak.

Les commissaires de l’exposition sont Emmanuel Kasarhérou, qui dirigea le Centre Culturel Tjibaou en Nouvelle-Calédonie et est actuellement chargé de mission à l’Outre-mer au musée du quai Branly ; Roger Boulay, ethnologue, qui fut commissaire des expositions De Jade et de nacre (1990-1991, Nouméa et Paris), Kannibals et Vahinés, au MAAO, Tarzan ! et Un aristocrate chez les cannibales. Festetics de Tolna, au musée du quai Branly.

En mars, l’exposition partira vers la Nouvelle-Calédonie.

Kanak. L’art est une parole, du 15 octobre 2013 au 26 janvier 2014, au musée du Quai Branly, 37 quai Branly ou 218 rue de l’Université 75007 Paris. 01 56 61 70 00, et www.quaibranly.fr. Ouvert les mardi, mercredi et dimanche de 11 à 19h, les jeudi, vendredi et samedi de 11 à 21h. Fermé le lundi. Métro Alma-Marceau, Iéna, École militaire.

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Vous retrouverez dans les articles 2013 et 2014 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2013, et CALENDRIER 2014 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avions établi notre sélection, avec Paris 2013 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris. Nous commencerons dans quelques jours notre sélection 2014.

N’hésitez pas à nous critiquer, corriger ou même... à compléter nos informations, si vous disposiez de plus de détails que nous !

En grande nouveauté, car Paris, sans la province, ne serait vraiment pas grand chose... et est loin de nous être suffisant, nous vous proposons dorénavant une vue panoramique des Expositions et Festivals en province ? 2014. Expositions et Festivals en PROVINCE de A à Z. Ou encore CALENDRIER 2014 des Expositions et Festivals en PROVINCE

Avec des déclinaisons présentant davantage de détails par villes. dans les villes suivantes :
Angoulême
Arles
Avignon
Bordeaux
Dijon
Grenoble
Ile-de-France
Lens
Lille
Lyon
Marseille
Metz
Montpellier
Nantes
Nice
Ornans
Rennes
Rodez
Rouen, Le Havre
Saint-Étienne
Strasbourg
Toulouse
Tours

André Balbo

sources : musée du Quai Branly, Roger Boulay, Emmanuel Kasarhérou.

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