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DERNIERS JOURS : À la Cinémathèque, l’exposition sur l’univers cruel mais en-chanté des films de Jacques Demy

Jacques Demy était un fin magicien, sensible et un peu timide, qui a su bâtir par ces films successifs, brique à brique, un univers poétique, un ton, un style. Ce cinéaste n’a jamais eu peur de l’émotion par paquets ni des vibratos du mélo. Il disait : "Un film léger parlant de choses graves vaut mieux qu’un film grave parlant de choses légères". C’est souvent vrai !

Il est par ailleurs étonnant de constater aujourd’hui que ces films que l’on pourrait décrire exagérés et un brin kitsch, touchent aussi largement les jeunes générations qui adorent se faire venir, grâce à eux, de gros chagrins dans la gorge ou d’irrépressibles fous rires.

Cette exposition a été conçue par La Cinémathèque française. Elle vous fait entrer dans les sonorités jazzy et les décors de ses films, et laisse trainer de-ci de-là des photographies, peintures, dessins ou sculptures de Jacques Demy lui-même, comme des œuvres de certains des artistes dont il revendiquait les influences, comme Cocteau, David Hockney, Calder, Raoul Dufy, Leonor Fini, ou Niki de Saint-Phalle. La famille a très généreusement ouvert caves et greniers à souvenirs...

L’invention de ces mondes différents passait aussi par la re-création, par la re-coloration des décors que l’on ne peut plus appelés "naturels", fignolés qu’ils sont pour la pure émotion. Ainsi, dans Les Demoiselles de Rochefort, n’avait-il pas hésité à repeindre entièrement la place de la ville pour qu’elle soit transformée en un lieu féérique. Le rêve est là tout près et guette.

Il avait ce que l’on appelle "un frère en cinéma", Michel Legrand, le grand complice, capable de lui créer sur mesure des chansons symphoniques préenregistrées.

Cette exposition est à la fois spectaculaire et intime. Les photos peuvent être des images de plateau comme la vie qui passe, avec ces rencontres.

Deux témoignages convergents, venus de deux acteurs que tout sépare a priori, rendent un émouvant et tendre hommage à Jacques Demy. Catherine Deneuve, bien sûr, qui déclarait ne pas savoir, avant de l’avoir rencontré, que l’on pouvait croire... en soi, en quelque chose, et Harrison Ford, tout jeune candidat au métier d’acteur, qui sentit aussi cette même confiance que lui accordait immédiatement le cinéaste...

L’exposition nous plonge dans un univers coloré et musical, méticuleux (on disait qu’il était l’un des plus perfectionnistes du cinéma français), avec des décors mythiques reconstitués dont la galerie Lancien des Demoiselles de Rochefort. Belle collection des papiers peints des films, et bien entendu de nombreux extraits !

Une rétrospective Jacques Demy, c’était pas simple, et le projet tient debout. Quel plaisir de retrouver tous ces personnages, ces contes effrayants qui participent à nous construire, génération après génération.

Jacques Demy organise avec impertinence notre visite de la comédie musicale hollywoodienne, des contes cruels et du mélodrame français, avec une touche de psychédélisme et d’humour...

Une rétrospective complète de ses films se tiendra à la Cinémathèque :
- La Baie des anges
- Une Chambre en ville
- Les Demoiselles de Rochefort
- L’Evénement le plus important depuis que l’homme a marché sur la Lune
- Le Joueur de flûte
- Lady Oscar
- Lola
- Model shop
- La Naissance du jour
- Les Parapluies de Cherbourg
- Parking
- Peau d’Âne

Et puis les marins, les villes de bord de mer, de Jacquot de Nantes, le quotidien et ses empêchements, et les rêveries qui voguent...

Le Monde en-chanté de Jacques Demy, du 10 avril au 4 août 2013 à la Cinémathèque française, 51, rue de Bercy 75012 Paris Lundi, et mercredi à vendredi de 12 à 19h. Week-end, jours fériés et vacances scolaires (du 27 avril au 12 mai, et du 3 juillet au 4 août) de 10 à 20h. Nocturne le jeudi jusqu’à 22h. Fermeture le mardi et le 1er mai. 10€ et 8€, 5€ pour les moins de 18 ans. Forfait expo + musée 12€.

Vous retrouverez dans les articles 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z et 2013 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris, et CALENDRIER 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Bilan 2013 des catalogues d’expositions de Paris : les Prix CatalPa 2013, les 10 Nominés, les 59 retenusNous avions établi notre sélection, pour Paris, des meilleurs catalogues des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procédons de la même manière en 2013, avec les MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2013 de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

*Et il est nominé au Prix CatalPa 2013 pour les catalogues d’expositions de Paris.*

André Balbo

sources : visite, la Cinémathèque française

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