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Place du Général Jacques Paris de Bollardière

Dernière mise à jour : vendredi 18 novembre 2011, par Adele

« La guerre n’est qu’une dangereuse maladie d’une humanité infantile qui cherche douloureusement sa voie. La torture, ce dialogue dans l’horreur, n’est que l’envers affreux de la communication fraternelle. Elle dégrade celui qui l’inflige plus encore que celui qui la subit. Céder à la violence et à la torture, c’est, par impuissance à croire en l’homme, renoncer à construire un monde plus humain. »
L’homme qui a écrit ces mots a sa place à Paris. Bertrand Delanoë a inauguré la place Jacques Pâris de Bollardière, située à l’angle de l’avenue de Suffren et de l’avenue de la Motte-Piquet Grenelle, près de l’École militaire, en 2007.
Avant de dévoiler la plaque en compagnie de Simone de Bollardière, la veuve du général, le Maire de Paris a salué la mémoire de ce général qui a contribué à sauver l’honneur de l’armée, contre ses responsables de l’époque en s’opposant à l’usage de la torture (il fut le seul général à le faire). Simone de Bollardière avait souhaité la présence à la cérémonie des Algériens (Malika Boumendjel, la veuve de Me Ali Boumendjel, Hocine Aït-Ahmed, Mohamed Harbi, l’écrivain Mourad Bourbonne...) contre lesquels son mari « avait refusé de se livrer à l’abominable ». L’une des filles de Bollardière s’est dite heureuse de partager avec les membres de sa famille l’héritage moral d’un père en paix avec sa conscience. Un père qui a « pris la mesure de la vie, le prix infini de chaque être humain ». Un homme qui « a traversé les ronces des préjugés, des conformismes et des idéologies ».

La plaque qui marque désormais le carrefour entre l’avenue de Suffren et l’avenue de la Motte-Piquet Grenelle, porte une mention un peu courte sous le nom de ce grand bonhomme : « Compagnon de la Libération ». Il aurait été sans doute plus juste d’écrire « compagnon de toutes les libérations ».

Jacques Paris de Bollardière est né le 16 décembre 1907, à Châteaubriant. Issu d’une famille de la noblesse bretonne, diplômé de Saint-Cyr en 1930, lieutenant à la Légion Étrangère en 1939, il se rallie au général De Gaulle dès juin 1940 et participe à tous les combats des F.F.L. avec la 13ème Demi-brigade de la Légion Étrangère. Jacques de Bollardière a été l’un des soldats les plus décorés de la France libre. Après un commandement en Indochine à la tête des troupes parachutistes - où il se retrouve occupant d’un pays dont il doute de la légitimité française à le posséder -, il est muté en 1956 en Algérie. Nommé général la même année en juillet, de Bollardière tente de dénoncer la torture. En mars 1957, il demande à être relevé de son commandement en Algérie en soulignant alors, dans la presse, « l’effroyable danger qu’il y aurait à perdre de vue, sous le prétexte fallacieux de l’efficacité immédiate, les valeurs morales qui seules ont fait jusqu’à maintenant la grandeur de notre civilisation et de notre Armée ». Son geste lui vaut 60 jours d’arrêt suivis d’une mise à l’écart. Il prend sa retraite de l’Armée à 53 ans et devient quelques années plus tard, l’un des fondateurs du Mouvement pour une Alternative non-violente. Jacques de Bollardière s’est toujours référé à son éthique chrétienne, pour affirmer le devoir de chacun de respecter la dignité de l’autre. Jacques de Bollardière est décédé en février 1986, mais sa veuve, Simone de Bollardière, a pris le relais avec une belle énergie.

Adresse

Place du Général Jacques Paris de Bollardière 75015 Paris

Messages

  • "En mars 1957, il demande à être relevé de son commandement en Algérie en soulignant alors, dans la presse..."

    Mais c’est faux ! en réalité : Une enquête du commandement en janvier 1957 révèle l’inefficacité de l’action de Bollardière dans son secteur et la mauvaise tenue de la troupe qu’il a sous ses ordres !.
    De plus (et surtout ?), il refusait d’être sous les ordres de son camarde de promotion Jacques Massu (il existait, parait-il, un contentieux entre ces deux officiers depuis l’Indochine). En fait, c’est par la suite et pour ces raisons, qu’il demandé à être relevé de son commandement.