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Exposition ’Masques de jade mayas’, à la Pinacothèque de Paris

jeudi 9 février 2017, par André Balbo

Cette exposition aura très certainement été l’un des plus grands succès de l’année culturelle, et ce fut mérité.

Elle aurait dû initialement se tenir dans le cadre de l’Année du Mexique en France, à la Pinacothèque de mars à août 2011 mais avait été annulée, comme tant d’autres... Après bien des péripéties, elle a finalement bien eu lieu, mais attention, ce n’est que jusqu’au 10 juin 2012.

Exposition fantastique organisée avec l’indispensable concours de l’Institut national d’anthropologie et d’histoire (Inha) de Mexico (DF). Avec cet événement, Marc Restellini et sa Pinacothèque frappent un grand coup !

La civilisation des Mayas a couvert une grande partie de la Mésoamérique, incluant le Sud-Est mexicain (Yucatan et Campeche notamment), le Guatemala, le Bélize, le Honduras, le Salvador, et le Costa Rica. Née à la fin du IIIe millénaire av. J.-C., elle atteignit son apogée dans la période classique, - mise en valeur dans cette exposition -, puis connut un lent déclin, jusqu’à la brutalité exterminatrice de la conquête espagnole.

L’exposition sur les Masques funéraires de jade mayas nous fait bénéficier des incroyables découvertes archéologiques qui furent faites au Mexique au cours de la dernière décennie. Sur un total de 35 sépultures, une dizaine de masques funéraires exceptionnels sont présentés à la Pinacothèque. Ils sont aujourd’hui recouverts de leurs mosaïques de jade. Ils ont été entièrement restaurés, reconstitués tesselle par tesselle, quelle qu’en ait été leur finesse ou leurs dimensions, par les spécialistes de l’archéologie maya les plus éminents.

Ces masques furent créés pour les dignitaires de hauts rangs, pour les gouverneurs des cités mayas enfouies. Leur mission première était tout simplement de leur assurer... une vie éternelle (il n’est pas interdit d’espérer pour entreprendre...), en faisant approcher leur image ultime des représentations des plus éminentes divinités : celles des dieux Maïs (K’awiil, le principal), Pluie (Chaac), ou autres.

Ces masques, qui furent donc tous retrouvés dans les sépultures des élites mayas, étaient certainement très ressemblants. Ils présentaient toutes les caractéristiques des personnalités défuntes : la forme de leur crâne (en général dolichocéphale, mais parfois pas), leurs dissymétries faciales, leur éventuel strabisme. Des visages tout à fait individualisés, comme c’est le cas par exemple avec l’incroyable masque du roi Pakal.

Masque funéraire en mosaïque de jade, Tombe 1, structure VII, Calakmul, Campeche, Classique tardif, 660-750 apr. J.-C. Mosaïque de jade, Spondylus princeps, Pinctada mazatlanica et obsidienne grise 36,7x23x8cm, Musée d’Architecture maya, Fuerte de la Soledad, Campeche © Photo Martirene Alcántara/INAH

Pour fortement personnalisés qu’ils aient été, ils n’en répondaient pas moins aussi à des codes contraignants communs. La bouche devait rester ouverte pour laisser passer le "souffle" par exemple, et le jade, par ses fonctions sacrées, était le matériau de l’accession au divin.

Le jade était une pierre lourdement chargée de significations. Elle était tout à la fois pour les Mayas l’éternité, l’humidité, par son aspect "aquatique", la fertilité... et donc, forcément la divinité ou l’accession à la divinité.

Dans cette exposition, la compréhension du visiteur sera aidée par le fait que ces masques sont présentés dans le contexte de leur découverte, parmi le reste du trousseau funéraire (colliers, boucles d’oreilles, pectoral, bracelets, céramiques et autres offrandes). De précieuses photographies des tombes replacent dans leur ensemble les objets chargés d’accompagner le mort, et/ou de lui faciliter le passage dans l’au-delà... et la suite.

Cette exposition est exceptionnelle également dans la mesure où, depuis leur exhumation, c’est la première fois, hors du Mexique, que ces pièces se retrouvent ainsi assemblées, et que ce sont sept tombes de dirigeants mayas... reconstituées. Ils n’avaient jusqu’à présent jamais quitté leur pays.

Vase tripode avec représentation de la divinité de l’Oiseau primordial et d’un Singe araignée, Tombe 2, structure IV-B, Calakmul, Campeche 500-560 apr. J.-C. Céramique à engobe 30x20,5x15cm Musée Fuerte de San Miguel, Campeche © Photo Martirene Alcántara/INAH

Parmi les autres objets exposés, les vases peints, les frises, les bas-reliefs, on ne pourra qu’être stupéfait de l’incroyable réalisme avec lequel sont rendus les moindres détails, aussi bien des accessoires, que des visages, des glyphes, ces éléments pictographiques de l’alphabet maya, ou des éléments usuels de la vie quotidienne des Mayas de l’époque classique.

On sera également surpris du soin et de la technicité qui furent nécessaires à leur réalisation, ne prenant pour preuve que ce petit tapis de coquillages, qui signifie tant de choses, décrit une cosmogonie si complète et rappelle, en son centre, le rôle que tinrent les sacrifices humains, et l’écoulement du sang, dans la cohésion de cette société à son époque classique d’épanouissement culturel le plus grand.

Une autre partie des masques présentés à la Pinacothèque révèlent les divinités du panthéon maya, combinant des caractères humains, animaliers ou végétaux.

Durant les cérémonies rituelles, les dignitaires mayas qui les portaient pouvaient ainsi, en endossant les traits d’une divinité, s’en attribuer les extraordinaires qualités, et faire encore davantage croire au rôle d’intermédiaire indispensable entre les sphères terrestre et céleste qu’ils espéraient faire accepter et reconnaître par leurs peuples.

Masque funéraire en mosaïque de jade et de chrysoprase. Chambre 203, Temple des Cormorans, Dzibanche, Quintana Roo. Classique tardif, 600-750 apr. J.-C. 22,5x17,5x9cm Centre INAH, Quintana Roo, Chetumal © Photo Martirene Alcantara/INAH

Un diaporama offre quelques vues de ces immenses temples que la jungle avait totalement engloutis durant quelques siècles, comme l’avaient été les récits détaillés rapportés à leur roi par les premiers Espagnols dans les archives royales... par la poussière et l’oubli.

10 et 8€ pour le billet simple, 17 et 13€ pour le couplage avec les collections.

Les Masques mayas, jusqu’au 10 juin 2012. Pinacothèque de Paris 28, place de la Madeleine 75008 Paris, 01 42 68 02 01, Métro : Madeleine.

Vous retrouverez dans l’article « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 déjà annoncées par leurs établissements et musées, et dans l’article « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions classées par dates.

David méditant devant la tête de Goliath, d’Orazio Gentileschi, huile sur lapis-lazuli, exposition Artemisia

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André Balbo

sources : visite, Libération, Europe 1, La Pinacothèque, actualités.com, Connaissance des arts

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