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Ron Mueck

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Conçue par la Fondation Cartier, l’exposition Ron Mueck a été présentée du 16 novembre 2013 au 23 février 2014 à la Fondation Proa de Buenos Aires, et du 19 mars au 29 juin 2014 au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro.

300 000 visiteurs l’avaient vu à Paris, record de fréquentation depuis la création de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, et le catalogue Ron Mueck recevait le Prix CatalPa 2013 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Ron Mueck, sculpteur australien vivant et travaillant à Londres, est lancé dans une démarche obsessive vers le vrai, et en perpétuelle recherche de perfection. Il a déjà exposé au Japon, en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Mexique.

Un film inédit (Still Life : Ron Mueck at Work, de Gautier Deblonde) permet autant que cela soit possible, de pénétrer dans l’intimité de ses créations.

Dans l’atelier londonien, avec des outils accrochés au mur, armatures de contreplaqué, résines. Comme Ron Mueck, le film prend son temps. Il dévoile apparemment tout, mais n’enlève pourtant rien à la magie de ces personnages sculptés et si vrais. Au point que c’en est agaçant, comme si une partie de bonneteau se déroulait sous vos yeux, et que vous n’arriviez pas à déterminer laquelle des cartes en circulation serait la rouge !

L’artiste y apparaît tel que je l’imaginais : sphinx à grosses lunettes d’artisan, concentré et silencieux (sauf pour jurer et clamer un « shit » spontané sur une erreur de manipulation), éclairage intense de précisions. Je n’imagine pas l’une de ces œuvres échapper ne serait-ce qu’un seul instant à la vigilance de son créateur.

Une précédente exposition de Ron Mueck, en 2005, également à la Fondation, avait déjà littéralement fait courir dans le public un étrange frisson par l’intense "humanité" qui émanait de ses personnages.

Man in a Boat, Édition 1/1, 2002, Matériaux divers, 149x138x425,5 cm (ensemble). Anthony d’Offay, Londres

Ceux-ci laissent émerveillé par le réalisme poussé à l’excès et l’infini souci du détail dont elles sont capables de faire preuve. Les spectateurs sont toujours transformés, intrigués, muets, gênés et effrayés tout à la fois devant ces "aliens" qui nous ressemblent tant si ce n’était cette exagération de proportions : trop grands, ou trop petits.

Même si chacun d’eux apparaît, dans son hyperréalisme extrêmement rigoureux, un être « sans réelle distinction » particulière, comme vous et moi, ou au moins comme moi, nous venons de pénétrer sans nous en être bien rendu compte dans un univers de contes de fées aux origines multiples. Nul ne peut douter que ces personnages aient une vraie vie, même s’il est difficile de définir précisément laquelle, où et comment…

Précision des attitudes saisies « sur le vif », stupéfiante exactitude du modèle, et cela jusqu’au détail le plus infinitésimal : image de la souplesse de l’épiderme, apparences des différentes textures, expressions des regards, transparence ou opalescence des tissus et des réseaux… La ressemblance avec le genre humain est poussée à un tel niveau, que l’on reste étonné, interrogatif, et un peu rêveur.

Ici les échelles ont la fonction des haricots magiques de la légende : la taille des sculptures s’ajoute à leur hyperréalisme et fait basculer dans un ailleurs difficilement définissable...

Ron Mueck, dont c’était le grand retour institutionnel en Europe, exposait à la Fondation Cartier 6 œuvres récentes, et 3 sculptures réalisées tout spécialement pour l’occasion : deux adolescents dans la rue (Youg Couple, 2013), une mère avec son bébé (Woman with Shopping, 2013), et un couple sur la plage (Couple under an Umbrella, 2013).

Le regard détendu, abandonné mais attentif et chaleureux du monsieur cueillait le vôtre dès l’entrée. Pour vous, simple attention de bienvenue, pour lui, c’est visiblement un moment de plage et de sérénité. Il est heureux. Son bras enserre tendrement celui de sa femme, et les différences de tons et de détails de ces deux peaux qui se touchent si intimement rappellent la Sieste de Courbet dans sa difficile obtention de deux carnations différentes et proches.

Arrêtez-vous un instant. Il vous en a déjà beaucoup dit sur lui. C’est déjà un ami. Au moins un semblable, c’est certain. La première surprise viendra pour vous de ce regard habité. Il est absolument évident qu’il y a quelqu’un derrière. Et quand, du regard, involontairement vous chercherez quelque chose qui contredirait l’impression trop humaine qui émane de ces personnages, il glissera sur des images bien trop de nous-mêmes pour pouvoir au final être rassurantes...

Couple under an Umbrella, Édition 1/1, 2013, Matériaux divers, 300x400x350 cm (environ) Courtesy Hauser & Wirth / Anthony d’Offay, Londres

D’une toute autre dimension, une femme qui fait ses courses (Woman with Shopping, 2013), porte, ventre à ventre, son tout petit nourrisson. Une des toutes premières sorties, nous en sommes persuadés. Ces deux-là sont encore en totale osmose. Regardez le regard éperdu du nourrisson à sa mère… Là encore, dès la contemplation, le récit est parti à fonds de train dès le regard capté. Pas facile maintenant de l’arrêter !

Un masque XXL (Mask II, 2002) dévoile le visage d’un homme endormi. Bouche entr’ouverte, il est dans le flottement des bienheureux, de ceux qui ont largué les amarres et flottent sereinement au repos au royaume du sommeil et des rêves. Proximité oblige, certains parmi vous en verront la couleur.

Pourquoi le spectacle de telles œuvres nous touche-t-il aussi profondément ? Sommes-nous involontairement jetés dans un monde soudain de réflexions, de méditation et de mystère ?

Drift, 2009. Courtesy Hauser &Wirth. © Ron Mueck. Photo Courtesy Hauser & Wirth, Londres.

Dans quel univers évoluons-nous ? S’agit-il d’une invitation à jouer à une vaste marelle aux frontières des contes de fées, des rêves et d’une réalité évidente et peu crédible ?

Ron Mueck, c’était du 16 avril au 27 octobre 2013 à la Fondation Cartier, 261 boulevard Raspail 75014 Paris.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition a fait partie de notre sélection, puis a été Nominé, avant de se voir finalement attribué le Prix CatalPa 2013 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : VisiteS, Fondation Cartier

Adresse

261 boulevard Raspail 75014 Paris