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La petite robe noire, ou le noir dans la mode femmes... à l’American Center

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Derniers jours ... L’exposition "Little Black Dress" présentée du 3 juillet au 22 septembre 2013 au Mona Bismarck American Center n’a apparemment pas voulu revenir ni trop s’appesantir sur l’importance, dans l’histoire encore relativement récente de la mode, et sur l’innovation indéniable que constitua la petite robe noire créée par Gabrielle Chanel.

Elle s’attache plus généralement à souligner la place que le noir est parvenu à conquérir au fil des années, en devenant dans la couture une couleur à part entière, en se revendiquant une certaine prépondérance à signifier l’élégance, puisqu’il laisse tout loisir au regard de détailler lignes, tombés, coupes et matières utilisées.

Il s’agit bien là de deux phénomènes vestimentaires bien singuliers et différents, même s’ils se fréquentèrent un temps.

La petite robe noire... L’expression, provocante et si délicatement "révolutionnaire", naquit en 1926 pour illustrer la robe « Ford de Chanel », nommée ainsi dans le Vogue américain...

Chanel. Karl Lagerfeld pour Chanel Haute Couture, robe. Laine avec finitions en soie, automne/hiver 2006. Collection permanente du SCAD Museum of Art, don d’Anna Wintour, New York

Ou, plus tôt, dans la bouche de Coco Chanel, peut-être un peu en rappel de l’orphelinat qu’elle avait fréquenté avant d’être placée dans un atelier de layette à Moulins, du deuil porté par toutes ces veuves de la Première Guerre mondiale, du côté strict des sœurs et infirmières du front, mais encore certainement davantage en coup de griffe qui se voulait meurtrier contre les couleurs et l’exotisme des créations du grand méchant loup concurrent qu’était encore à l’époque Paul Poiret.

Pour le Dictionnaire international de la mode, des éditions du Regard : "elle promeut (...) une formule passe-partout si pertinente qu’elle va se retrouver dans toutes les garde-robes : c’est une petite robe noire très sobre." Vous noterez : très sobre !

Sa simplicité plut aux femmes qui avaient bossé dur en l’absence des hommes, et apprécièrent son côté pratique... Plus que de raison ?

Marc Jacobs : Courtesy of Rachel Feinstein, New York

Ce que cette exposition donne à voir est assez éloigné de cette déflagration. Vous y verrez, au fils du temps, les variations de matières, de coupe et de structures qu’engendrèrent les innombrables déclinaisons de la mise en jeu du noir. Et les modèles retenus ici ont dans leur grande majorité franchement jeté la simplicité et le côté pratique par dessus les moulins.

Une cinquantaine de créations ont été retenues, choisies parmi les gammes des plus grands designers modernes et contemporains : Chanel, Lanvin, Kamali, Tom Ford, Comme des Garçons, Marc Jacobs, Givenchy (qui fut un temps le créateur préféré de Madame Mona Bismarck) et Calvin Klein. Une part un peu exagérée est accordée aux Américains, mais c’est ici de bonne guerre...

Très présente sur les écrans d’Hollywood, fierté des femmes actives quand elle était encore d’usage quotidien pratique, la "petite robe noire" joua-t-elle une portion de rôle dans "la libération de la femme" ?

Sous le commissariat d’André Leon Talley, ancien éditorialiste à Vogue et membre du Conseil d’Administration du Savannah College of Art & Design (SCAD), l’événement rassemble les contributions de stylistes américains, européens et internationaux de renom, ainsi que celles de personnalités influentes du monde de la mode classées dans « l’International Best Dressed List ».

Véritable objet d’expérience starisé des XXe et XXIe siècles, la "petite robe noire", et ses nombreuses descendantes extrêmement diversifiées, dont la discrétion tente souvent d’être excessive, et donc remarquable, permettent d’explorer l’évolution d’un style "éminemment" démocratique (choisir le ton qu’il convient...). Ou a contrario élitiste jusqu’au vertige. Ces robes tracent-elles la trajectoire suivie, depuis plus d’un siècle, par les évolutions-révolutions sociales du monde moderne, celle des conquêtes que surent obtenir les femmes, ou leurs abandons qui prolongeaient leur objectivation.

À la fois commune, exceptionnelle, antinomique et déclinable à l’infini, nombre de créateurs tentèrent de revendiquer une filiation avec la petite robe noire, de se la réapproprier et la réadaptèrent à leur manière, générant parfois, comme par surprise ou détachement, quelques-unes des mises en valeur les plus iconiques de notre paysage visuel.

La petite robe noire connut bien des fortunes, depuis ses tout débuts, dans sa forme classique, à jamais si convenable, jusqu’aux explorations de matières et de formes radicalement actuelles et innovantes.

Chaque robe est, en effet, imprégnée et porteuse des valeurs de son époque : de la servilité à l’indépendance, de la contrainte à la tentation, et du glamour à la grâce.

L’exposition est organisée par le Savannah College of Art & Design, le Museum of Art et par M•A•C Cosmetics.

Little Black Dress, alias La Petite Robe noire, du 3 juillet au 22 septembre 2013, au Mona Bismarck American Center for Art & Culture, 34, avenue de New-York 75116 Paris, 01 47 23 38 88. Métro Alma-Marceau, ou Iéna, bus 42, 63, 72, 80, et 92. Ouvert du mercredi au dimanche de 11 à 18h, excepté les jours fériés. 7 ou 5€ (pour les enfants de 12 à 17 ans, les chômeurs, les plus de 60 ans, sur présentation d’un justificatif. Entrée libre aux moins de 12 ans.

Vous retrouverez dans les articles 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z et 2013 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris, et CALENDRIER 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avions établi notre sélection, pour Paris, des meilleurs catalogues des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procédons de la même manière en 2013, avec Paris 2013 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, Mona Bismarck American Center, Dictionnaire international de la mode, Wikipédia

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