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Sous Influences, à la Maison rouge, ou les fréquentes noces des arts plastiques et des psychotropes

Dernière mise à jour : lundi 29 juillet 2019, par Expositions

Sous le commissariat d’Antoine Perpère, la Maison rouge présente « Sous influences », une grande exposition sur les épousailles des arts plastiques et des produits psychotropes qui rassemble plus de 250 œuvres, réalisées par 90 artistes qui en usèrent.


Hervé di Rosa. Guernaco, 2004. Résine de polyester et peinture acrylique

Parmi ceux-ci, citons quelques exemples : Adel Abdessemed, Antonin Artaud évidemment (1876-1948), bien sûr Jean-Michel Basquiat (1960-1988), Charles Baudelaire (1821-1867), Hans Bellmer (1902-1975), le lettriste Jean-Louis Brau (1930-1985), Jean-Martin Charcot (1825-1893, illustration), Larry Clark, Lucien Clergue (illustration), Jean Cocteau (1889-1963), Hervé Di Rosa, Erró, Nan Goldin, Raymond Hains (1926-2005), Damien Hirst, Yayoi Kusama (illustration), Jean-Jacques Lebel, Robert Malaval (1937-1980), Batan Matta (1943-1976), Henri Michaux (1899-1984), Takashi Murakami, Nam June Paik (1932-2006), Antoine Perpère, Francis Picabia (1879-1953), Martial Raysse, et Herman de Vries.


Lucien Clergue, Le poète exhale. Carrières des Baux-de-Provence, 1959, courtesy Galerie Bert, Paris

Très tôt les hommes ont identifié, évité ou au contraire choisi d’utiliser certaines plantes, champignons, ou macérations diverses, bref des substances psychoactives dont les effets entraînaient stupéfaction, intoxication, dépendance, accès mystique, soulagement, mort, créativité ou folie.

Souvent, parmi les plus entreprenants de ces explorateurs de contrées imaginaires et différentes, certains artistes en mal de stimulation d’imagination, de recherche de passages, de déclencheurs, de transgressions, de routes vers des imaginaires transmissibles, n’ont franchement pas évité d’en expérimenter les effets.

Hors de tout jugement moral, comme de choix esthétiques prédéterminés, l’exposition "Sous Influences" propose des exemples de rapprochements entre des processus créatifs et l’utilisation de produits à effets psychodynamiques.

L’exposition commence par la sentence de Picasso : "L’odeur de l’opium est l’odeur la moins bête du monde", et l’invitation à respirer quelques volutes venues du bâtonnet d’encens à ce parfum, comme sera proposé un peu plus loin le fumet de haschisch grâce à l’œuvre d’Adel Abdessemed, pourvue d’un hygiaphone.

Une citation de Jean Cocteau immédiatement surenchérit : "L’opium permet de donner forme à l’informe ; il empêche hélas de communiquer ce privilège à autrui. Quitte à perdre le sommeil, je guetterai le moment unique d’une désintoxication où cette faculté fonctionnera encore un peu, ar mégarde, avec le retour du pouvoir communicatif." (Opium)

- Pour Antoine Perpère, la représentation plastique des produits ou de leurs usages, la plus évidente, dépend en grande partie de l’état des mœurs et des rapports de forces entre les expériences transgressives et les législations adoptées par la société. La grille de lecture des œuvres varie donc entre le documentaire historique et le critère esthétique. On y joindra les affiches psychédéliques américaines des concerts de pop-musique, la publicité et une sélection de livres et de publications sur ce sujet.

- Un deuxième champ sera celui d’œuvres qui, sans ou avec l’intention de leurs concepteurs, produisent pour les spectateurs des effets approchant ceux des psychotropes (installations, environnements, dispositifs psychosensoriels).

Jean-Martin Charcot, Dessin sous l’influence du haschich, 1853 (détail) Photographie du dessin conservé à la BUPMC - Université Pierre et Marie Curie, Hôpital de la Salpetrière

- Le troisième corpus est celui d’œuvres réalisées de façon volontariste ou en concomitance avec des prises de produits psychoactifs : usagers de drogues produisant des œuvres plastiques ou artistes expérimentant des modificateurs de la pensée à des fins de recherches créatives.

Films et vidéos prennent une place notable dans cette exposition, permettant la prise en compte du temps dans l’expression plastique, des tentatives originales de transcription et de documentation des modifications de pensée ou de perception.

Yayoï Kusama, Dots Obsession (infinited Mirrored Room), 1998 Collection les Abattoirs-Frac Midi-Pyrénées © Yayoï Kusama, photographie Grand Rond Production

Anciennes et nouvelles substances psychotropes ont servi de fait à certains artistes de déclencheurs de créativité, de vecteurs de voyage vers des « folies », qu’elles aient été parfois non maîtrisables ou productrices de souffrances. Leur traduction dans le champ esthétique présenté ici permettra à chacun d’en ressentir la constante complexité des effets.

Parmi les citations présentées, il y en a de très drôles dont celle-là : "Marcel Duhamel et Yves Tanguy prirent un jour un peu de cocaïne pour se donner le courage d’aller, pour la première fois, voir André Breton, qui ne comprit rien à leur discours." (Dictionnaire du Surréalisme. Jean-Paul Clebert)

Des œuvres étonnantes, et pas si souvent exposées, comme L’Éther était en vente libre (1964) ou La lente dégradation du mot H (1952), de Jean-Louis Brau (illustration).

Ou les désopilantes Lunettes à verre cannelé (1957), collection Ginette Dufrêne, ou encore la sérigraphie troublée et numérotée American Express (1987), collection Leïla Voight, de Raymond Hains (1926-2005).

Quelques objets dont cette pipe à opium dans la douille (1914-1918), dont le cuivre a été gravé par un anonyme poilu.

Antonin Artaud, Picabia ou Henri Michaux sont ici chez eux (Si tu m’en trouves je suis ton homme, si tu le désire ton compagnon de voyage et mon appartement notre plage d’envol).

Fortes photographies de l’Espagnol Alberto Garcia Alix (Gabriel, 1980), ou d’Antoine d’Agata, exposé en ce moment au Bal.


ERRO, La Dose (2009) Huile sur toile

Voir aussi le petit film sur l’organisation très assouplie de la police pour lutter contre les Narcos dans l’État de Chihuahua de la Fédération mexicaine...

Une riche idée à la fin du parcours, avec cette bibliographie représentée sous forme de rayonnages d’une bibliothèque spécialisée sur le sujet, et très richement documentée...

Un catalogue illustré de l’exposition sera publié aux éditions Fage, avec notamment des textes de Sophie Delpeux, Miguel Egaña, Alain Jouffroy, Jean-Jacques Lebel, Claude Olievenstein, Antoine Perpère, et Frédéric Valabrègues.

Sous influences, ou Arts plastiques et produits psychotropes, du 15 février au 19 mai 2013, à la maison rouge, 10 bld de la Bastille 75012 Paris, du mercredi au dimanche de 11 à 19h, nocturne le jeudi jusqu’à 21 h, 7 ou 5 € (13-18 ans, étudiants, maison des artistes, plus de 65 ans). Gratuit aux moins de 13 ans, aux chômeurs, aux personnes invalides et à leurs accompagnateurs, amis de la maison rouge, carte ICOM.

Vous retrouverez dans les articles « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », et « Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois , à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procéderons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, Antoine Perpère, La Maison rouge

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