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Une Gaîté Lyrique, enfin vraiment magique, ouvrira le 2 mars 2011

La présentation du bâtiment et des débuts de sa programmation à la presse le 15 décembre a largement su convaincre ses visiteurs qu’elle deviendrait dès cette date « le temple parisien des cultures numériques et des musiques actuelles ».

Le chantier hyper technique et sophistiqué de la nouvelle Gaîté Lyrique n’a coûté « que 85M€ », quand le désastre de la Planète magique, qui avait enseveli le bâtiment sous des montagnes de béton, en avait englouti 61. Pour n’ouvrir que 2 semaines.

Selon l’architecte, Manuelle Gautrand, il s’est agi de faire de ce lieu unique, de cet ancien théâtre à l’italienne du XIXe où joua Offenbach, un espace résolument moderne et ouvert, décomposé en emboîtements, et épanoui pour la liberté et l’adaptabilité. On « a conçu l’espace comme des poupées russes, des "boîtes dans la boîte" ».

Chacune des trois salles (de 70 à 750 places), appelée à recevoir concerts, projections et performances, bénéficie d’une parfaite isolation phonique, ce qui constitue une garantie supplémentaire de plaisir et de confort, aussi bien d’ailleurs pour les auditeurs-spectateurs que pour les riverains. Chaque espace, chaque détail de ce bâtiment est actuel et tendu vers l’avenir, à l’exception notable de la splendide salle du foyer, replacée dans son jus « XIXe », et surplombant de ses larges baies le square Émile Chautemps. Lors des États Généraux de la Nuit, l’ouverture nocturne de la Gaîté Lyrique et de ce petit square a été évoquée. Qu’en sera-t-il ?

La mission de la Gaîté Lyrique sera de lancer Paris et donc la France, après l’Allemagne, la Hollande et le Japon qui prirent un peu d’avance, dans une sorte de Recherche & Développement en art qui n’existerait pas encore chez nous. D’offrir enfin une chance d’expression aux artistes, avec cette incroyable boîte à outils, faite de moyens technologiques qui tenteront, la tâche ne sera pas facile, de rester constamment aux extrêmes avancées des progrès.

Afin de mener à bien ce projet, la mairie de Paris a choisi la formule d’une délégation de service public de 7 ans, qu’elle a confiée à Naïve (Patrick Zelnik), au Troisième Pôle (Steven Hearn), et à l’INEO, une filiale de GDF-Suez. La direction et la programmation en seront assumées par Jérôme Delormas, qui dirigea la Scène nationale de Valence. Ainsi, avec cet attelage, la Gaîté Lyrique deviendra-t-elle la scène de la création en mouvement de notre époque.

Financièrement comment les choses se posent-elles ? Le budget annuel sera de 9,5M€, comprenant une compensation de 5,45M€ versée par Paris. En compensation de quoi ? Du respect de l’obligation de service public et du maintien de tarifs raisonnables. Et peut-être aussi un peu du fait que les salles sont de dimensions très raisonnables et ne permettront pas des recettes considérables. Mais l’équipe en place devra tout de même parvenir à générer dans ce cadre sa part de recettes propres en organisant 3 concerts par semaine, en trouvant des partenaires, et avec les consommations et les abonnements.

La Gaîté Lyrique hébergera aussi temporairement les créateurs, de toutes les pratiques artistiques actuelles, qui logeront dans les étages supérieurs d’où les vues sur Paris sont magnifiques.

Le public visé par ce grandiose projet culturel ? Son public naturel sera clairement les 15-35 ans, mais la Gaîté se veut ouverte pour tous. Pour tous, mais la programmation de ce lieu sera exigeante. Patrick Zelnik dira d’ailleurs à ce propos que s’il n’a rien contre Lady Gaga, elle ne peut pas représenter l’ensemble des créateurs…

Nous reviendrons dans de prochains articles sur les premières étapes de la programmation de la Gaîté Lyrique, comme sur d’autres aspects de cet unique grand projet culturel de la Ville de Paris.

Sachez seulement pour l’instant qu’il vous faudra réserver très tôt pour avoir des places... Dès le 12 janvier. Par Internet : www.gaite-lyrique.net.

André Balbo

sources : visite, Le Monde, Manuelle Gautrand, Mairie de Paris, La Gaîté Lyrique

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