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L’exposition Antonioni, aux origines du pop, à la Cinémathèque

Dernière mise à jour : vendredi 27 janvier 2017, par Expositions

Du 9 avril au 19 juillet 2015, révélations sur le grand réalisateur italien dont les films ne traitaient que du présent et qui cherchait plus que tout à faire comprendre l’actualité des temps qui viennent...

Antonioni explosé façon puzzle...

Né en 1912 à Ferrare, Michelangelo Antonioni, qui commença sa carrière de réalisateur dans le documentaire (Les Gens du Pô), fut d’abord formé par l’esthétique néoréaliste au Centro Sperimentale di Cinematografia de Rome...

... avant de s’éloigner précautionneusement des moindres contraintes idéologiques et d’aborder de façon originale, personnelle, intime même, biographiquement et très frontalement, les doutes et interrogations existentielles de nos temps modernes.

Il appréciera les films de René Clair, de Jean Renoir... et l’élégance des Dames du Bois de Boulogne, de Robert Bresson.

Les films de "déambulations féminines" qu’il réalisa au début des années 1960 (L’Avventura, 1960, La Nuit, 1961, L’Éclipse, 1962, Le Désert rouge, 1964) avec Monica Vitti ou Jeanne Moreau ont souvent laissé au public le sentiment angoissé que nous entrions dans des univers d’incommunicabilité entre les êtres, et peut-être plus radicalement encore d’un sexe à l’autre, quand le silence et l’ennui semblent prendre la place et fatalement s’imposer.

Comme une impossibilité d’établir ensemble quoi que ce soit de la moindre durée, un contact physique prolongé, qui serait peut-être bienfaisant, comme une rencontre.

Et cela souvent dans des décors de patrimoine architectural industriel curieux, moderne, et comme déjà abandonné, ajoutant au sentiment poisseux de solitude.

Il abandonna le décor intellectuel, politique et paysager rouge de l’Italie, finalement alors trop peu expansive pour "s’aventurer" dans la verte Angleterre, basculant dans sa modernité nerveuse et créative où il réalise le génial Blow-Up qui prend à bras le corps mode, art, photo et nouveau désordre amoureux stressé d’un "Swinging London" capable alors d’aimanter les regards de toutes les jeunesses.

Son soleil couchant sera le film Zabriskie Point où il clouera au soleil meurtrier de la Vallée de la Mort une jeunesse hippie en proie à de nouveaux bouillonnements. Avec son Profession : Reporter se clôtureront ses fines analyses et surtout interrogations sur son siècle, seul cinéaste de ces décennies qu’il était, avec Godard, à ne s’être jamais penché sur un quelconque passé et à n’avoir jamais réalisé le moindre film en costume selon Dominique Païni.

Le point commun de ces derniers films fera définitivement de lui un fin "déceleur" de tendances, de l’identification de la prochaine vague, comme il fut le cinéaste des origines du "Pop".

Comme Picasso ou Bowie, Michelangelo Antonioni (1912- 2007) a du considérer qu’il ne serait plus que ce qu’il avait gardé et qu’il laissait à sa ville natale de Ferrare. L’exposition, dont le commissaire est Dominique Païni (décidément très actif dans cette fonction ces temps-ci), a eu beau jeu de rassembler, trier, sélectionner les témoignages matériels les plus significatifs et porteurs de matière, et ceux de ses collaborateurs et amis les plus proches : correspondances, photographies, notes, scénarios, peintures, et bien entendu extraits de films.


Oscar décerné à Antonioni en 1995 pour l’ensemble de sa carrière. Lion d’Or au Festival de Venise pour l’ensemble de sa carrière, 1983. Lion d’Or (1964) pour le Désert rouge. Palme d’Or du Festival de Cannes pour Blow-Up (1967).

Un cinéaste qui, pour ne s’être occupé à ne défricher que son présent, nous éclaire avec sagacité sur ce qu’est devenu le nôtre.

Son éloignement créatif de tout système idéologique global le rapproche de chacun de nous et de nos questionnements. Ne trouvera-t-on pas un peu de ses approches et de son style dans le Wong Kar-wai de Nos Années sauvages, dans le Gus Van Sant de Elephant, ou dans le Paris, Texas de Wim Wenders ? Cindy Sherman fut également conquise par le jeu de Monica Vitti et s’en inspira bien sûr dans certains de ses travestissements. Et Philippe Parreno, et bien d’autre artistes contemporains... ont retenu les plans et la façon approfondie de regarder d’Antonioni.

Une rétrospective complète de l’œuvre filmé de Michelangelo Antonioni accompagne cette exposition jusqu’au 31 mai.

Exposition Michelangelo Antonioni, du 9 avril au 19 juillet 2015, à la Cinémathèque française Musée du Cinéma, 51, rue de Bercy 75012 Paris, 01 71 19 33 33, du lundi au samedi (sauf fermeture mardi) de 12 à 19h. Le jeudi jusqu’à 22h. Dimanche de 10 à 20h. Ouvert à 10h pendant les vacances scolaires (18/10 au 02/11, et 20/12/15 au 4/01/16). 11 ou 8,50€, moins de 18 ans 5,50€.Billet couplé Exposition + film + musée 12,5€.

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Vous retrouverez dans l’article Les Grandes Expositions 2015 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Calendrier 2015 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences dans : LA SEMAINE des expositions et musées : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Comme les autres années (2014, 2013, 2012), nous établissons au fur et à mesure notre sélection dans l’article Paris 2015 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

De même nous avons commencé :
Les Grandes Expositions 2016 à Paris de A à Z
Calendrier 2016 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques musées et expositions pour Bruxelles, Genève, Bâle, Amsterdam, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Cinémathèque française, Serge Tubiana, Dominique Païni