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D’avant-garde ou d’aventures, les photographies de Germaine Krull sont exposées au Jeu de Paume

Dernière mise à jour : mardi 23 octobre 2018, par André Balbo

Du 2 juin au 27 septembre 2015, la célèbre photographe Germaine Krull, à la fois de et dans l’avant-garde artistique et dans l’illustration médiatique. Un monument...

Germaine Krull (Wilda-Poznań, Pologne, 1897 / Wetzlar, Allemagne, 1985) est l’une des grandes figures de l’histoire de la photographie, pour sa vie pleine d’aventures, artistiques, politiques, amicales et amoureuses, pour sa participation aux avant-gardes des années 1920-1940, mais aussi parce qu’elle est tout bonnement l’une des femmes photographes les plus célèbres.

La famille voyage pas mal de 1903 à 1912 : Bosnie, Paris en 1906 où naît sa jeune sœur Berthe, Slovénie, Bavière puis Munich, où sa mère tient une pension.

Notons au passage que, dans la période de vie très libre, bohème, de sa vie munichoise, où elle étudie dans une école de photographie, elle avait épousé un anarchiste russe, Tobias Axelrod. Elle participe à la République des Soviets à Munich, avec son mari et Samuel Levit.

L’assassinat du secrétaire d’un parti politique allemand Kurt Eisner ayant engendré une répression draconienne, elle fut arrêtée et condamnée à mort, n’échappant qu’au dernier moment à son exécution.

Associée à Berlin dans un studio de photographie avec Kurt Hübschmann, elle y déploiera de nombreuses études de nus féminins (portfolio Spuk, et deux séries à connotation lesbienne).

Après avoir poursuivi un temps son activisme politique, elle s’installera avec le cinéaste Joris Ivens à Amsterdam en 1925. Photographies d’installations portuaires, de grues et de silos.

Étude publicitaire pour Paul Poiret, 1926. Surimpression, épreuve gélatino-argentique. Centre Pmopidou, Paris, Mnam.

Elle se posera en 1925-1926 à Paris, où elle ouvre un studio de photos de mode, travaillant pour Sonia Delaunay et Paul Poiret, déjà alors en bout de course.

Elle sera influencée par le photographe László Moholy-Nagy, fréquentera les surréalistes et rencontrera Éli Lotar et Florence Henri.

En 1928, elle est sollicitée par VU, magazine d’actualités photographiques, comme André Kertész et Eli Lotar (avec qui elle venait de vivre 2 années) pour des reportages modernistes.

Elle participe aussi en mai au premier Salon de photographie moderne, le Salon de l’Escalier, avec Man Ray, André Kertész, Berenice Abbott, Paul Outerbridge.

Puis vinrent ses travaux sur les clochards (1928), ses voyages dans les régions, la publication de son livre 100 x Paris, 1929, sa passion pour la voiture et la vitesse, l’édition de Études de nu (1930), et de nombreuses photographies d’illustrations d’ouvrages.

Brésil, 1941-1942 ; épreuve gélatino-argentique. Museum Folkwang Essen.

Elle se mettra au Brésil pendant la Guerre au service de la France Libre, dirigera le service photo à Brazzaville, couvrira les débarquements Sud d’Italie et de la Côte-d’Azur, la bataille d’Alsace et la libération du camp de Vaihingen.

Puis l’Asie du Sud-Est, la Thaïlande, la Birmanie, l’Inde en 1968, où elle se met au service des Tibétains en exil. Son auto biographie La Vie mène la danse, est publiée en 1981, mais je serai très curieux de pouvoir lire la partie qu’elle n’est pas parvenue à publier en 1934-1935, Chien fou...

Ses travaux figurent dans nombre de collections photographiques de grands musées et dans toutes les manifestations sur la photographie d’avant-garde de l’entre deux-guerres.

Germaine Krull peut également être considérée comme une pionnière du livre de photographies, et elle est d’une part citée dans la plupart des études sur le nu féminin au XXe siècle, et d’autre part à l’origine du reportage moderne, dont elle considérait qu’il était l’activité la plus élevée qu’un photographe pouvait exercer. Le vrai photographe, c’est celui qui...

Selbsporträt mit Zigarette [Autoportrait avec cigarette], 1925. Germaine Krull. Centre Pompidou, MNAM-CCi. © Estate Germaine Krull, Museum Folkwang, Essen

L’exposition vise à rendre apparents l’équilibre et les interactions qui peuvent exister entre une vision artistique intégrée à l’avant-garde et une fonction médiatique et illustrative. Elle met en relation plus de 150 tirages d’époque (1924-1945) avec les publications des photographies, sans rechercher systématiquement un parallèle.

La structure des livres de Germaine Krull et la disposition des images participent de son attitude volontairement novatrice. De nombreux clichés singuliers et représentatifs de son œuvre restent à découvrir, en tirage ou publiés. L’événement devrait permettre d’apprécier la continuité et les constantes de son travail, tout en mettant en valeur ses apports d’innovations esthétiques.

Comparativement à celles de Man Ray, de László Moholy-Nagy ou d’André Kertész, l’œuvre de Germaine Krull reste encore peu étudiée. Cela tient vraisemblablement à sa carrière courte et chaotique de photographe (8 années, sur une vingtaine, très actives en France, puis 40 en Asie du Sud-Est et dans un âshram en Inde, où les liens avec le milieu étaient presque rompus), à la dispersion de ses tirages et à l’absence d’un fonds d’archives complet et bien identifié.

Peu d’expositions ont été consacrées aux travaux de Germaine Krull, après celle que son ami André Malraux, alors ministre de la Culture, lui organise en 1967 au Palais de Chaillot.

Il n’y eut plus que deux expositions succinctes, en 1977, au Rheinisches Landesmuseum de Bonn et, en 1988, au musée Réattu à Arles.

En 1999, une rétrospective fut montée à partir des archives déposées au Folkwang Museum d’Essen, et présentée à Munich, San Francisco, Rotterdam et Paris. Elle était accompagnée d’un important livre-catalogue de Kim Sichel. Conçu dans une logique biographique, il privilégiait les notions d’avant-garde et de modernité, certainement insuffisantes aujourd’hui pour rendre pleinement compte de l’œuvre de la photographe.

L’engagement photographique de cette femme politiquement ancrée à gauche, énergique, adepte des voyages, est à l’opposé d’une revendication esthétique, artistique ou interprétative, comme celles du Bauhaus ou du surréalisme. Selon ses propres termes, qui ouvrent paradoxalement son livre Études de nu (1930) : «  Le vrai photographe, c’est le témoin de tous les jours, c’est le reporter.  »

Et on ne peut pas en effet omettre dans la présentation d’un tel personnage les aspects les plus épiques de sa vie. Elle quitte en 1940 la France pour les États-Unis, rejoint Brazzaville au Congo où elle dirige la propagande de la France libre, passe à Alger, puis participe au débarquement des Alliés en Provence (août 1944) avant d’accompagner la 1ère Armée française jusqu’à la fin de la guerre.

Il est essentiel de montrer que Germaine Krull travaille constamment dans le but de publier ses photographies. L’importance du magazine VU lancé en 1928, lui permet d’élaborer, avec André Kertész et Éli Lotar, les 3 photographes les plus remarquables à l’époque pour leur modernité, cette forme du "reportage" qui lui convient tellement. Afin de vivre de ses photographies, elle participe également à de nombreuses autres publications, comme les magazines Jazz (76 photographies en 17 numéros), Variétés, Paris-Magazine, Art et Médecine, Voilà, L’Art vivant, La France à table, etc.

Germaine Krull publie aussi, ce qui la distingue, plusieurs livres ou portfolios monographiques, avec des textes de Jean Cocteau, Paul Morand, et André Suarès : Métal (1928), 100 x Paris (1929), Études de nu (1930), Le Valois (1930), La Route Paris-Biarritz (1931), Marseille (1935), ainsi que le premier photo-roman avec Georges Simenon, La Folle d’Itteville (1931). Ces publications regroupent près de 500 photos.

Elle illustre également de ses photographies de nombreux autres livres, notamment sur Paris : Paris (1928), Visages de Paris (1930), Paris under 4 Arstider (1930), La Route Paris-Méditerranée (1931).

Jusqu’à la fin de sa vie, Germaine Krull reste attachée à la publication de livres d’une conception originale : Ballets de Monte-Carlo (1937), Uma Cidade Antiga do Brasil : Ouro Preto (1964), Tibetans in India (1968).

Les publications de Krull ne peuvent plus être considérées comme de simples «  illustrations  » au rôle anecdotique. L’exposition leur rend leur rôle majeur dans l’orientation de ses reportages et dans le déroulement de sa carrière de photographe.

Study [Étude], 1931. Germaine Krull. Collection MOMA New York / Thomas Walther, donation T. Walther © Germaine Krull Estate

L’œuvre de Germaine Krull est donc très lié aux conceptions du reportage et de l’illustration, elles-mêmes confirmées par l’existence d’un «  répertoire  » dans lequel elle note les thèmes de ses prises de vue. Ce qui ne l’empêche pas de participer, avec les mêmes images, à des expositions où la photographie est reconnue comme une activité artistique autonome.

Les œuvres qui sont réunies proviennent de collections privées et publiques dont l’Amsab, Institut d’Histoire Sociale, Gand, Belgique ; le Folkwang Museum, Essen ; The Museum of Modern Art (MoMA), New York ; la Bibliothèque nationale de France, Paris ; le Musée national d’art moderne, le Centre Pompidou, Paris.

Le commissaire de l’exposition est Michel Frizot, historien de la photographie.

Germaine Krull, du 2 juin au 27 septembre 2015 au Jeu de Paume, 1 place de la Concorde, 75008 Paris, Métro Concorde 10 ou 7,5€, ouvert le mardi (nocturne) de 11 à 21h ; du mercredi au dimanche de 11 à 19h. Fermeture le mardi. 10 ou 7,50€.

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Vous retrouverez dans l’article Les Grandes Expositions 2015 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Calendrier 2015 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences dans : LA SEMAINE des expositions et musées : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Comme les autres années (2014, 2013, 2012), nous établissons au fur et à mesure notre sélection dans l’article Paris 2015 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Non seulement celui de cette exposition en fait partie, mais il est l’un des 10 Nominés au Prix CatalPa 2015 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Lire aussi l’article : Le catalogue Warhol Unlimited, de Paris Musées, remporte le Prix CatalPa 2015
www.laffairedescatalogues.org

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

De même nous avons commencé :
Les Grandes Expositions 2016 à Paris de A à Z
Calendrier 2016 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques musées et expositions pour Bruxelles, Genève, Bâle, Amsterdam, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Jeu de Paume, Wikipédia

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