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Théâtre des Champs-Elysées

Dernière mise à jour : jeudi 26 septembre 2013, par Franck Beaumont

Situé sur une des plus belles avenues de Paris, l’avenue Montaigne, le Théâtre des Champs-Elysées est considéré comme une oeuvre majeure du XXe siècle. L’audace de sa construction et des spectacles qui y furent présentés au cours du XXe siècle méritent d’être soulignés.

Gabriel Astruc, journaliste et directeur de la Société musicale, est à l’origine du projet et souhaite créer dan l’ouest parisien un nouveau théâtre consacré à l’art lyrique et musical, où les artistes des avant-gardes auraient un lieu de représentation.

Les architectes Henri Fivaz, Roger Bouvard puis Henry Van de Velde dressent des plans en 1910-1911 et envisagent une structure métallique. Mais la disponibilité d’un nouveau matériau, le béton armé, serait plus économique. Van de Velde s’adresse alors aux entrepreneurs Auguste (1874-1954) et Gustave Perret (1876-1952).

Les Perret ont déjà la maîtrise du béton armé, qu’ils ont utilisé à Paris pour la première fois en 1903 dans l’immeuble de la rue Franklin. Le béton armé a d’ailleurs été utilisé en 1907 pour la construction d’une autre salle, la salle Gaveau. Mais les Perret proposent alors un contre-projet pour le théâtre des Champs-Elysées, notamment pour la façade, et remportent l’adhésion des décideurs ; ils deviennent seuls maître à bord (Van de Velde restant simplement architecte-conseil).

Si l’armature en béton armé du bâtiment est conforme aux principes des Perret, ceux-ci ont accepté que la façade revêtue de marbre incorpore dans les parties hautes des oeuvres du sculpteur Antoine Bourdelle : trois bas-reliefs (dont "la Méditation d’Apollon"), ainsi que des dessus de porte sur les thèmes de la Musique, la Danse, la Comédie, la Tragédie, l’Union de l’architecture et de la Sculpture. Ainsi, le théâtre exprime avant tout un style Art Déco, même si son principe constructif est moderne.

L’intérieur du théâtre est résolument sobre, les Perret ayant exigé que les éléments constructifs restent apparents, soit le béton nu. Dans la grande salle à l’italienne, de 2.100 places, les loges sont remplacées par des balcons étagés. Le bandeau entourant la coupole est peint sur des thèmes musicaux par Maurice Denis. Les luminaires sont confiés à René Lalique. De même, le grand hall d’entrée à colonnes est décoré de 10 peintures mythologiques exécutées par Bourdelle.

Dès son ouverture en 1913, le théâtre des Champs-Elysées accueille les ballets russes de Serge de Diaghilev (1872-1829), créateur et impresario de génie ; on y joue "Schéhérazade", "Le Spectre de la Rose", puis le ballet "Jeux" avec une musique de Debussy. En mai 1913, le "Sacre du Printemps" de Stravinsky, chorégraphié par Nijinsky, y est donné, faisant scandale par sa modernité, et fort méchamment qualifié par ses détracteurs de "massacre du Printemps".

Entre 1920 et 1925, ce théâtre accueille les plus belles créations : les Ballets suédois de Rolf de Maré, le "Tombeau de Couperin" de Maurice Ravel, "Ibéria" d’Albeniz, "Les mariés de la tour Eiffel" de Jean Cocteau, "La Création du monde " de Blaise Cendrars et D. Millaud. A la scénographie, les plus grands : Christian Bérard, Picabia, Juan Gris, Foujita, Steinlen, Laprade. Aux opéras et ballets montés par Diaghilev puis Balanchine s’ajoutent des spectacles de variétés comme la "Revue Nègre" avec Joséphine Baker. En 1945, les célèbres ballets Roland Petit (récemment disparu) assurent la relève sur des thèmes de Stravinsky, Kosma, Prévert. Puis Jorge Cuevas Bartholin, dit le « marquis de Cuevas », grand mécène, y fait venir le Grand Ballet de Monte-Carlo qu’il a fondé. Aujourd’hui, le Théâtre des Champs-Elysées offre une programmation plus large tout en restant de qualité : concerts classiques, danse, opéra, etc.

Le théâtre compte une deuxième salle, plus petite, baptisée Comédie des Champs-Elysées, qui a reçu des compositions d’ Edouard Vuillard. La programmation y est plus variée : répertoire, boulevard, variétés. Louis Jouvet y créera "Knock" de J. Romains en 1922 ; il y monte "Siegfried" de Jean Giraudoux en 1928. Une 3e salle, le Petit Studio, fut créé en 1923 dans une ancienne galerie d’exposition.

Restauré en 1986-1987, le théâtre des Champs-Elysées se voit adjoindre une salle de vente aux enchères, Drouot-Montaigne, annexe de la salle Drouot-Richelieu dans le 9e arrondissement, réservée aux ventes d’exception. En 1990, le théâtre est coiffé d’un restaurant panoramique installé sur le toit, la "Maison Blanche", avec une vue imprenable sur la Seine et le quartier.

Franck Beaumont

Sources : Guide du Patrimoine Paris, Guide du Promeneur Paris 8e


Accès :
Métro Alma - Marceau
Bus :
42 / 80 / 72 - Montaigne François 1er ou Alma Marceau
63 / 92 - Alma Marceau

Adresse

15 Avenue Montaigne 75008 Paris

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