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Les oeuvres d’Auguste Perret dans le 16e arrondissement

Auguste Perret (1874-1954), souvent associé à son frère Gustave avec lequel il collabore, est considéré comme le grand théoricien français du béton armé, matériau dont il a exploré l’usage et la plasticité (même si avant lui, Anatole de Baudot utilise déjà du ciment armé en 1894 pour l’église Saint-Jean des Abbesses). La notoriété de son agence, avant la seconde guerre mondiale, est telle qu’elle dépasse celle de Le Corbusier.

Devenu célèbre avec son classement au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, son projet de reconstruction de la ville du Havre, ou encore son intervention à Amiens (gare et tour Perret), ne doivent pas laisser oublier que ses premières oeuvres significatives sont situées dans les 16e et 8e arrondissement de Paris.

En 1903, il conçoit d’abord au 25bis rue Franklin un immeuble de logement tout à fait novateur : son système constructif repose sur des poteaux porteurs en béton armé, tandis que des panneaux de béton viennent remplir les murs. Nous sommes alors en plein période Art Nouveau à Paris et Perret fait appel au céramiste Alexandre Bigot qui conçoit un décor de grès flammé en forme de pétales de fleurs pour orner les façades. Cet étonnant immeuble est encore visible, situé tout à côté du Trocadéro.

En 1906, on confie à Perret un projet de garage pour la rue de Ponthieu dans le 8e arrondissement (disparu en 1960, voir photo ci-dessous). Les recherches d’effets plastiques sur le béton incitent l’architecte à qualifier l’édifice comme "la première tentative au monde de béton esthétique ». Sur la façade, on distingue très bien les parties porteuses (une puissante ossature en béton apparent) et le remplissage (verrières). A l’intérieur, l’usage du béton lui permet également de concevoir des planchers capables de supporter des voitures et des ponts roulants.

Deux autres oeuvres de Perret sont encore visibles aujourd’hui dans le 16e arrondissement : tout d’abord un immeuble d’habitations est situé 51-55 rue Raynouard, daté de 1932, et considéré comme plus conventionnel ; Perret y installa son agence d’architecture et son appartement personnel. Ensuite, il construisit également un bâtiment destiné au musée des Travaux Publics, situé avenue du président Wilson, qui abrite aujourd’hui le Conseil économique et social. Ce dernier bâtiment ne manque pas d’allure, avec le béton laissé brut tout en accordant un soin particulier au choix des agrégats et à la confection des coffrages.

Fondée sur les richesses potentielles du béton armé, l’oeuvre des frères Perret incarne une conception rationaliste de la structure constructive, où ils allient la modernité des matériaux au classicisme des formes et des volumes.

Citons d’autres oeuvres parisiennes ou franciliennes des frères Perret :
- Le théâtre des Champs-Elysées en 1913 (ils ont alors fonction d’entrepreneurs, sur des plans de l’architecte belge Henry Van de Velde), oeuvre "coup de poing" où ils mettent au point une conception en béton armé qui vole la vedette au projet initial de l’architecte.
- L’église du Raincy (1923).
- La maison-atelier Chana Orloff (1926), située au 7bis villa Seurat, dans le 14e arrondissement.
- La maison-atelier Gordine (1928-1929), située 21 rue du Belvédère à Boulogne-Billancourt.
- Le Mobilier national (1931) dans le 13e arrondissement.
- Le Centre d’Etudes nucléaires de Saclay (1948-1954)

Franck Beaumont

25bis rue Franklin

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