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Archives et bilan. Chagall, le peintre-poète, au musée du Luxembourg : 451 400 visiteurs !

Dernière mise à jour : mardi 23 octobre 2018, par André Balbo

L’exposition "Chagall, entre guerre et paix", qui s’est tenue du 21 février au 21 juillet 2013 au musée du Luxembourg, a réalisé le plus grand nombre d’entrées de tous les événements organisés depuis la réouverture de ce musée qui appartient au Sénat, avec près de 3 000 visiteurs par jour, pour 151 jours d’exposition, soit un total de 451 400 entrées payantes.

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Si comprendre le langage pictural de Chagall paraît à première vue facilement accessible, ses nuances méritent un peu de temps, d’attention, et de sensibilité. La chèvre et sa douceur, sa générosité... le poète-peintre, souvent la tête à l’envers, le malheur du Luftmensch (l’homme de l’air) nomade flottant par dessus les maisons mais annonciateur d’espoir, le cirque qui vaut crucifixion, à la douleur suprême, mais aussi amour, le couple n’en parlons même pas, et les astres, si solidement accrochés aux cieux...

Marc Chagall est un artiste surprenant. Un être différent. À part. Juif affectivement touché par les traditions, il s’en défend pour s’ouvrir encore davantage à l’autre, intégrant la chrétienté, l’islam et bien d’autres choses encore, et persiste à représenter, contre l’interdit, la figure humaine.

Russe ? Ou plutôt terrien, survolant les continents, créant généreusement pour tous, et progressivement reconnu sur la planète entière.

Poète éloigné des préoccupations humaines ? Il aura, tel Jivago, une intimité confondante avec l’histoire de son siècle et connut personnellement guerres, révolution, exodes, joies et deuils et succès.

Résistance, Résurrection, Libération (1937-1948-1952) Huile sur toile de lin. Paris Centre Pompidou, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle, dation de 1988, en dépôt au musée national Marc Chagall de Nice.

Le triptyque a été réalisé à partir d’une œuvre monumentale peinte en 1937, Révolution, que Chagall découpa en 3 parties autonomes en 1943. L’œuvre, qui célébrait la révolution russe, fut peinte après un voyage en Pologne lors duquel Chagall avait été douloureusement frappé par la discrimination visant les juifs. Résistance et Résurrection témoignent des désastres de la guerre et de la tragédie du peuple juif, tandis que le 3e volet, Libération, délivre un message très personnel de l’artiste : la vision radieuse d’un paradis offert à l’humanité réconciliée.

Marc Chagall nait en 1887, dans une Biélorussie alors tsariste, près de la ville de Vitebsk de 50 000 âmes, dont la moitié est une communauté juive qu’il évoquera abondamment dans sa peinture. Paradis naïf lié aux traditions, à l’enfance, au bonheur conjugal, mais aussi lieu de douleur que cette ville de garnison qui connaîtra le tragique, la misère, et verra ses populations juives chassées...

Le jeune Chagall, parti se perfectionner en 1907 à l’école des beaux-arts de Saint-Pétersbourg, a le bonheur d’avoir Léon Bakst comme professeur.

Autour d’elle, 1945, Huile sur lin. Paris Centre Pompidou, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle.

Une chance chassant l’autre, une petite bourse de son mécène Maxime Vinaver lui permet en 1910 de gagner Paris où il retrouve son maître, créant alors pour les Ballets russes. Le lien Bakst-Chagall pourrait être plus souvent souligné, notamment pour les gammes de bleus que l’on trouve dans ses tableaux, et dont on se souvient sur les étoffes des costumes de Bakst, pour la place qu’il y accorde aux astres et au firmament, et pour l’intérêt passionné qu’il montrera plus tard pour les Mille et Une Nuits.

À Paris, installé à Montparnasse dans un atelier de la Ruche, le jeune peintre russe est témoin du bouillonnement des grands mouvements de peinture (fauvisme, cubisme, suprématisme, surréalisme). En sera-t-il influencé ? Là encore très certainement. Il conserve peut-être du premier l’usage joyeux de la couleur pure et claire, et du cubisme la liberté nouvelle de pouvoir déconstruire l’objet. Tout en restant pourtant lui-même, indéniablement.

Car tout en étant attentif aux spécificités des différentes écoles, Chagall n’en est d’aucune. Il passe alors ses journées au Louvre à s’imprégner des tableaux de grands peintres, dont Delacroix, Géricault, Watteau, et Courbet. Et son œuvre reste à la fois étonnamment figurative, allégorique, imaginative, narrative, rêvée, témoignant d’une manière bien personnelle de son temps et de ses violences.

Par Blaise Cendrars, qui parle russe comme lui, il fait la connaissance de Sonia et Robert Delaunay, et de Guillaume Apollinaire. Il rencontre aussi Soutine. Ses souvenirs d’enfance en Russie sont dans ses tableaux même s’il peint la tour Eiffel ou les ponts de Paris.

Il expose pour la première fois des toiles à Paris, au Salon des Indépendants de 1914, et, est invité à la galerie Der Sturm par Herwarth Walden, avec Paul Klee et Albert Kubin, à Berlin.

Revenu pour ce qu’il croyait être un court séjour dans sa ville de Vitebsk, il s’y retrouve bloqué par la Première Guerre mondiale, et il assiste sur place aux persécutions subies par la communauté juive.

La Guerre, 1943. Huile sur toile. Paris Centre Pompidou, Musée national d’art moderne / Centre de création industrielle. Don de l’artiste en 1953, en dépôt au musée d’Art moderne de Céret.

En 1920-1921, il effectue des peintures murales pour le théâtre juif Kamerny à Moscou, s’initie à la gravure à Berlin en 1922-1923. Puis séjour à nouveau à Paris, où Chagall fait la connaissance du marchand et éditeur d’art Ambroise Vollard, qui lui commande 30 gouaches et 100 eaux-fortes pour illustrer les Fables de La Fontaine, 118 eaux-fortes pour les Âmes mortes de Gogol (1925-1931) et, plus important que tout, des illustrations pour la Bible (1930).

Les tableaux de Chagall de ces années-là sont oniriques. Il y fait figurer des personnages hybrides caractéristiques de son imaginaire, et de nombreuses images du couple, qui parait être le thème central de son œuvre.

C’est en 1926-1929 qu’il effectue aussi sa première exposition à New York. Il voyage beaucoup, en Europe, et en Palestine en 1931. En 1933, une grande rétrospective est présentée à Bâle... et quelques-unes de ses œuvres sont montrées dans l’expo nazie "L’Art dégénéré".

Menace. S’exiler un temps dans le Sud de la France ne suffit plus. Arrêté en 1941, il est de ceux qui devront leur salut à l’Américain Varian Fry. Parti pour les États-Unis, il y témoigne des ravages de la guerre, et des actes de barbarie qui dévastent l’Europe. Les souvenirs des pogroms, et la Crucifixion, symbole universel de la souffrance humaine, s’imposent à lui dans ses œuvres.

La disparition de sa femme Bella en 1944, originaire comme lui de Vitebsk, lui fait arrêter une année entière toute peinture.

Après la guerre, il revient s’installer en France à Orgeval, puis Vence et enfin Saint-Paul-de-Vence. Redevenu travailleur acharné, il est couvert d’honneurs et de succès, et ses œuvres sont vendues dans le monde entier par Maeght.

En 1964, il peint le plafond de l’Opéra de Paris. Un musée lui est consacré à Nice en 1973. Des vitraux de la cathédrale de Reims lui sont confiés en 1974.

L’exposition du musée du Luxembourg, en réunissant une centaine de tableaux, met en lumière l’originalité et la singularité avec lesquelles Chagall aborde les représentations de guerre et celles de paix.

Commençant avec la déclaration de la Première Guerre mondiale, elle tente d’illustrer les moments-clés de la vie et de l’œuvre de Chagall, de la Russie en temps de guerre à l’après-guerre dans le Sud de la France.

À Vitebsk, pendant la Première Guerre, Chagall montre des mouvements de troupes, des soldats blessés, les départs à la guerre, les femmes en pleurs, et les populations juives chassées des villages. Pourtant, la ville de Vitebsk reste aussi et encore le lieu de son enfance et d’un bonheur familial.

Progressivement, après la guerre, sa production picturale s’oriente, depuis qu’il est à Vence, vers une plus grande liberté d’expression, notamment dans les thèmes abordés. Si certains tableaux conservent une résonance et une tonalité sombres, Marc Chagall s’efforce visiblement de "sublimer le passé".

Et il est observable qu’avec le temps, les lumières et les couleurs de la Méditerranée envahissent bénéfiquement ses œuvres, où apparaissent même quelques fois des branches et fleurs de mimosas aux jaunes de soleil. Cette forme de sérénité et de plénitude est tangible sur La Danse, "véritable hymne à la joie qui reprend une nouvelle fois les principales figures de l’univers chagallien".

Si la curiosité de Chagall pour l’art, l’histoire et les hommes de son temps était immense, il a su préserver une totale liberté dans son expression picturale et développer un univers qui permet de puiser, comme à livre ouvert, dans sa production un reflet sensible et personnel des émotions, souffrances comme joies, dont ses contemporains ont été abreuvées.

Jean-Michel Foray (1942-2012), conservateur général honoraire du patrimoine, et Julia Garimorth-Foray, conservateur au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, ont été les commissaires de cette exposition, organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais.

Chagall, entre Guerre et Paix, du 21 février au 21 juillet 2013, au musée du Luxembourg, 19 rue de Vaugirard 75006 Paris. Métro Saint-Sulpice ou Mabillon. Ouvert tous les jours de 10 à 19h30, nocturnes les lundi et vendredi jusqu’à 22h. Sauf jours fériés et vacances scolaires, zone C. Fermé le 1er mai. 11€ et 7,5€, gratuit pour les moins de 16 ans.

Vous retrouverez dans l’article 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, avec PARIS 2013 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

André Balbo

sources : visite, RMN - GP, Wikipédia, Taschen

Adresse

19 rue de Vaugirard 75006 Paris

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