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Au MAHJ, formidable Valise mexicaine, ou les photos retrouvées de Capa, Taro et Chim sur la Guerre d’Espagne

Dernière mise à jour : mardi 23 octobre 2018, par André Balbo

Quelle histoire ! La valise de Robert Capa contenant des négatifs de la guerre d’Espagne, laissée rue Froidevaux en 1939 et considérée comme perdue, a été retrouvée au Mexique, près de 70 ans plus tard.

Passée de mains en mains... un ami photographe hongrois, en fuite vers Bordeaux, la confiait à un Chilien... En 1979, Cornell, le frère de Robert Capa, après bien des démarches infructueuses, signale par un encart dans une revue internationale de photo, être toujours à la recherche de ce trésor perdu.

Benjamin Tarver, cinéaste mexicain, l’a héritée de sa tante, elle-même l’ayant eu d’un parent, ambassadeur du Mexique à Vichy de 1941 et 1942. En 2007, Tarver livre enfin les images à Trisha Ziff, une conservatrice de Mexico, qui remet "la valise mexicaine" à l’ICP, le 19 décembre 2007.


Fred Stein, Gerda Taro et Robert Capa sur la terrasse du café Le Dôme à Montparnasse - Paris, début 1936 © Estate of Fred Stein - International Center of Photography

Les documents contenus, en bon état de conservation, faisaient rapidement l’objet d’une exposition à New York (2010), aux Rencontres d’Arles (2011) puis, après l’Espagne (Barcelone, Bilbao et Madrid), elles sont enfin présentés à Paris, au MAHJ, à partir du 27 février, dans une scénographie dynamique de Patrick Bouchain (accrochage mural, banderoles et dispositifs au sol). Cette scénographie est intéressante à plus d’un titre. Les tirages des planches contacts rendent une actualité rafraichie à ces clichés, et les fonds de cartes précisent les lieux des reportages. Par ailleurs, chacun des reporters quittait l’Espagne et y revenait durant le conflit.

La redécouverte de "la valise", annoncée officiellement en 2008, provoqua dans l’univers du photo-reportage comme de la recherche historique, un engouement considérable.

Comprenant 3 boîtes de rouleaux de pellicule soigneusement classés, elle contenait près de 4 500 négatifs d’images de la guerre civile espagnole, généralement inédites, prises entre 1936 et 1939 par Robert Capa, par sa compagne Gerda Taro, qui mourut accidentellement en 1937 pendant la bataille de Brunete, et par David Seymour, dit Chim.

Ces documents apportent de nouvelles images à ce conflit. On retrouvait également celles de Fred Stein, l’ami photographe, représentant Taro, qui devenaient, depuis sa mort, intimement liées à celles de la guerre d’Espagne.


Robert Capa, Exilés républicains emmenés vers un camp d’internement Le Barcarès, 1939 © International Center of Photography / Magnum Photos

D’un intérêt documentaire exceptionnel, ces films et ces clichés racontent aussi l’histoire de ces trois célèbres photographes juifs investis dans la cause républicaine, qui, au prix de risques considérables, jetaient les bases de la photographie de guerre actuelle, de la guerre moderne, et donnaient ses lettres de noblesse au photo-reportage engagé.

Portraits, scènes de combat, images rappelant les effets terribles de la guerre sur les civils : si certaines de ces œuvres nous sont déjà familières grâce à des tirages d’époque ou des reproductions, les négatifs de la valise mexicaine, présentés ici sous la forme de planches-contact agrandies, nous dévoilent l’ordre des prises de vue, et certaines images totalement inédites.


Robert Capa, Le général Enrique Líster et Ernest Hemingway (à droite) Móra d’Èbre, front d’Aragon, 5 novembre 1938 © International Center of Photography / Magnum Photos – Coll. International Center of Photography

"Ces négatifs montrent des soldats républicains espagnols et des civils espagnols dans la vie quotidienne, dans la bataille ou dans des situations domestiques. Ces images sont fortes, car elles présentent des individus touchés par la guerre, par les manœuvres de la politique internationale qu’ils comprennent à peine, et vaquant à leurs activités de tous les jours – ils préparent un repas, ils lisent le journal, ils protègent leur famille. Ces images naturalistes incluent quelques-unes des personnalités marquantes de la guerre civile espagnole ainsi que des portraits d’artistes ou d’écrivains tels qu’Ernest Hemingway, Federico García Lorca et André Malraux." (Brian Wallis, extrait de « La Valise mexicaine, perdue et retrouvée », in La Valise mexicaine. Capa, Chim, Taro. Les négatifs retrouvés de la guerre civile espagnole, Arles, Actes Sud, 2011.

Robert Capa (1913–1954), né Andre Friedmann, quitte la Hongrie à 17 ans, pour activités gauchistes, et, réfugié à Berlin, étudie le journalisme. En 1933, installé à Paris, il rencontre Chim, Stein et Taro. Il se fait rapidement connaître par ses photographies de la guerre d’Espagne, caractérisées par une proximité avec l’action. Les pellicules retrouvées permettent de l’observer courir après l’action, se déplacer avec ses sujets, avec lesquels il tente de comprendre et de ressentir les événements. En 1947, il fonde Magnum Photos avec Cartier-Bresson, Georges Rodger et Chim (David Seymour).


Robert Capa, Le général Enrique Líster et André Malraux (à droite), front catalan, fin décembre 1938 – début janvier 1939 © International Center of Photography / Magnum Photos – Coll. International Center of Photography

Gerda Taro (1910-1937), née Gerta Pohorylle, élevée à Leipzig dans une famille juive de classe moyenne, s’exile à Paris en 1933. Elle y rencontre « André » et se lance dans la photographie. Au printemps 1936, ils se réinventent pour devenir Robert Capa et Gerda Taro, et partent couvrir la Guerre d’Espagne pour la presse française. Ses photos traitent des lignes de front de la guerre. Son style, proche de celui de Capa, diffère par son intérêt pour les compositions formelles et le degré d’intensité avec lequel elle photographie des sujets morbides. Lors de la bataille de Brunete, conflit décisif de la guerre d’Espagne, elle est mortellement blessée par un tank républicain, première femme photographe tuée lors d’un reportage de guerre.

Chim (1911-1956), né Dawid Szymin, grandit dans une famille d’intellectuels et d’éditeurs de livres en hébreu et en yiddish. En 1933, après avoir étudié les arts graphiques à Leipzig, il s’oriente vers la photographie pour gagner sa vie en poursuivant ses études à la Sorbonne. Reconnu pour ses photographies des événements liés au Front populaire, il collabore régulièrement avec le magazine communiste Regards. Contrairement à Capa et à Taro, il réalise des portraits officiels de personnages importants, prend des images, chargées de sens et de nuances, de soldats sur le front intérieur, ou de paysans au travail dans des petites villes. Un des cofondateurs de Magnum Photos en 1947.

Publiée chez Actes Sud, l’édition en deux volumes de La Valise mexicaine, sous la direction de Cynthia Young, ICP, New York, présente l’intégralité des films retrouvés, ainsi que des documents d’époque, des textes et des analyses critiques rédigés par les meilleurs spécialistes.

Lire aussi l’ouvrage très illustré Les Brigades internationales / Images retrouvées, de Michel Lefebvre et Rémi Skoutelsky, sur ce premier conflit "de l’ère des médias". Le Seuil, 192 pages, 45€.

L’exposition est réalisée par l’International Center of Photography de New York.

La Valise mexicaine. Capa, Taro, Chim. Les négatifs retrouvés de la guerre civile espagnole, du 27 février au 30 juin 2013, au musée d’Art et d’histoire du judaïsme, Hôtel de Saint-Aignan, 71, rue du Temple 75003 Paris, métro Rambuteau, Hôtel-de-Ville, RER Châtelet/Les Halles, Bus 29, 38, 47, 75. Parking Beaubourg, Hôtel-de-Ville. Ouvert du lundi au vendredi de 11 à 18h, et le dimanche de 10 à 18h. Nocturnes le mercredi jusqu’à 21 h. 7 ou 4,50€, musée + exposition 9,50 ou 6,50€.

Vous retrouverez dans les articles « 2012 à Paris : les grandes expositions de A à Z » et 2013 à Paris : les grandes expositions de A à Z » les différentes expositions 2012 et celles de 2013 déjà annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans les articles « Calendrier 2012 des grandes expositions à Paris », et « Calendrier 2013 des grandes expositions à Paris », ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : "LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du...".

Nous tenterons aussi de vous les présenter chaque mois , à partir de Février 2013.

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, pour Paris, des MEILLEURS CATALOGUES des expositions 2012, en vous indiquant en plus les nominés, et les primés au Prix CatalPa 2012 pour les catalogues d’expositions de Paris.

Nous procéderons de la même manière en 2013, avec PARIS 2013 : les meilleurs catalogues d’expositions de Paris.

André Balbo

sources : visite, Capa, Taro, Chim, International Center of Photography de New York, MAHJ, Brian Wallis

Adresse

71, rue du Temple 75003 Paris

Messages

  • De la part des pays européens voisins et " amis ", un refus d’ingérence dans un conflit " hispano-espagnol ", qui fit le lit d’un conflit mondial...

    ________________

    En décembre 1938, la prestigieuse revue britannique Picture Post publie un reportage photographique de onze pages sur la Guerre Civile espagnole avec les photos du jeune Robert Capa, alors âgé de vingt-cinq ans, qu’elle proclame "meilleur photographe de guerre du monde".

    Plus de quarante années après sa mort, personne n’a surpassé la force extraordinaire et émouvante de ses reportages de guerre.

    En 1936, Robert Capa et sa compagne Gerda Taro pensent qu’il est absolument vital de se servir de la photographie pour gagner un soutien mondial à la République espagnole et à la cause antifasciste. Une opportunité se présente deux semaines après le début de la guerre. Le propriétaire de la prestigieuse revue photographique française " Vu " demande à Capa et Taro de se joindre à un groupe de journalistes qui vont à Barcelone.

    En gare de Barcelone, Capa et Taro photographient les soldats qui partent vers le front d’Aragon et disent au revoir à leurs femmes et fiancées. Dix jours après, les photographes font route à leur tour vers le front d’Aragon, où, à mi-août, la situation s’est stabilisée et va le rester pendant plus d’une année.
    Les combats se limitent à quelques escarmouches sporadiques, de nuit le plus souvent, ce qui n’aide en rien les photographes.

    Pendant la seconde moitié du mois d’août, le gouvernement de Madrid lance une offensive pour reprendre Cordoue.
    C’est sur ce front de Cordoue que Capa réalise sa célèbre image, sans doute la meilleure photographie de guerre jamais publiée : celle du milicien républicain espagnol mortellement atteint par les balles. Auparavant, les photos de guerre étaient statiques et prises de loin.
    Au contraire, le discret Leica 35 mm de Capa permet une grande mobilité. Avec cet appareil, Capa peut entrer dans le tourbillon de la guerre comme personne auparavant n’a jamais osé le faire.

    Le 6 novembre, l’armée de Franco occupe définitivement les abords de Madrid. Très peu de préparatifs pour la défense ont été réalisés et la garnison républicaine est insuffisante et mal équipée...

    Les photographies prises à Madrid permettent d’affirmer que Capa a compris que la vérité sur la guerre se situe, non seulement au coeur de la bataille, spectacle officiel, mais aussi sur les visages des soldats qui supportent le froid, la fatigue et l’ennui sur la ligne de front, et sur les visages des civils défigurés par la peur, la souffrance et la détresse.

    Tout au long de sa carrière, Capa sera avant tout un photographe de personnes ; beaucoup de ses photos de guerre ne sont pas tant la chronique de faits que l’étude extraordinairement compréhensive et solidaire des gens plongés dans des situations extrêmes.

    En février 1937, Capa et Taro se dirigent vers le sud de l’Espagne. Après une semaine dans les montagnes entre Almeria et Grenade - où n’a lieu aucune bataille - les photographes vont sur le front de Jarama où les "nacionales" essaient de couper la route vitale Madrid-Valence.

    Mais Capa devine que les nouvelles vraiment intéressantes sont celles qui viennent de Bilbao.
    Quand Capa y parvient début mai, les troupes nationalistes s’approchent de la cité par un ample front côté est.

    Après la prise des villes sans défense de Durango et Guernica, après d’impitoyables bombardements, les franquistes atteignent une petite chaîne montagneuse, ultime ligne de défense naturelle pour Bilbao.

    Capa passe dix jours dans la ville assiégée où les sirènes annonçant les attaques aériennes retentissent jusqu’à quinze et vingt fois dans une seule matinée.

    De retour à Madrid, Capa et Taro photographient et filment les dynamiteurs qui utilisent des tactiques de guérilla, en luttant d’une maison à l’autre dans le quartier de Carabanchel.

    Capa rentre ensuite à Paris tandis que Taro reste en Espagne pour le congrès de l’Association Internationale des Ecrivains pour la Défense de la Culture. Cependant, Gerda juge assez vite qu’il est plus important de couvrir la grande offensive républicaine récemment amorcée à Brunete, à l’ouest de Madrid.

    En fin d’après-midi, le dimanche 25 juillet, pendant une confuse retraite, Taro saute sur le marche-pied de la voiture d’un général. Malheur ! Le véhicule est embouti par un tank ayant perdu tout contrôle etTaro est tuée. Capa ne s’en consolera jamais.

    Le 15 décembre 1937, les républicains déclenchent une offensive contre Teruel tenue par les franquistes.
    Parvenu dans cette ville fortifiée le 21, Capa se joint à un détachement de dynamiteurs qui entreprennent une attaque directe et finiront par ouvrir un chemin à la grenade. Quand plus tard, le Jour de l’An, les journaux et les radios nationalistes annoncent avoir repris Teruel.

    Robert Capa et Hebert Mathews, reporter au New York Herald Tribune, veulent vérifier.
    Ils découvrent que Teruel reste aux mains des républicains malgré l’avance des "nacionales" puis couvrent une attaque républicaine dans les ruines carbonisées du palais du Gouverneur Civil.

    Le 5 novembre 1938, Capa et Hemingway franchissent le fleuve Ebre pour passer une simple journée avec le général Lister et son 5e Corps d’Armée, qui résiste difficilement à une offensive nationaliste.
    Rentré à Barcelone, le 7 au matin, Capa apprend l’ampleur de l’offensive nationaliste.
    Aussitôt il repart vers le front qu’il trouve au sud-ouest de Urida, près de Fraga, où la lutte est particulièrement âpre.

    Capa réalise alors quelques-unes des photographies de première ligne de feu parmi les plus dramatiques de toute sa carrière. En les voyant encore aujourd’hui, on croit percevoir l’odeur âcre de la poudre et sentir la terre qui tremble sous les bombes.

    Le magazine " Life " consacre deux pleines pages à ces photos, " Regards " cinq pages et la 4e de couverture, tandis que " Picture Post " en dédie onze !

    Le 15 janvier 1939, Capa est sur la route au sud de Barcelone pour photographier les réfugiés ayant attendu l’ultime moment pour fuir Tarragone.

    Soudain des avions surgissent et mitraillent les réfugiés sans défense.
    Vers une heure du matin le mercredi 25 janvier, parviennent d’alarmantes nouvelles : les "nacionales" ont franchi la rivière Llobregat, à moins de quinze kilomètres à l’ouest.

    Avec d’autres correspondants, Capa s’entasse dans des véhicules qui roulent vers le nord par la côte jusqu’à Figueras.

    Il passe quelques jours à photographier les réfugiés et le 28 janvier, avec les premiers 400.000 espagnols qui franchissent la frontière française, il quitte l’Espagne pour n’y plus jamais revenir.

    A la mi-mars 1939, Capa visite l’énorme camp de la plage d’Argeles-sur-Mer où sont internés près de 75.000 républicains espagnols.

    Capa décrit ce camp comme "un enfer sur le sable" : les hommes y (sur)vivent sous des tentes de fortune et des cabanes de paille n’offrant qu’une misérable protection contre la sable et le vent.

    Pour couronner le tout, il n’y a pas d’eau potable, seulement de l’eau saumâtre extraite de trous creusés dans le sable...

  • C’est pour moi fils de républicain espagnol par mon papa et juif sépharade par ma maman un grand jour---De plus je réside dans le Marais , 3ième arrondissement a 10 minutes de l’Hôtel situé rue du Temple---Je ne peux rien dire sauf : bravo et merci.
    Armand.

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