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Étrange et forte exposition Fatum, de Jérôme Zonder, à la Maison rouge

Une première exposition monographique, qui, du 19 février au 10 mai 2015, nous plonge dans un terrible labyrinthe presque entièrement dessiné au fusain et à la mine de plomb...

Jérôme Zonder est ambitieux, saisissant dans son art, et sait visiblement payer de sa personne. La préparation de cette exposition spectaculaire a englouti 8 bons mois de préparation à marche forcée, grâce à l’aide de 3 à 4 personnes, et 15 jours d’installation.

L’événement est organisé pour une visite à sens unique. Avec une entrée, un parcours et une sortie. Entre des cloisons tour à tour forêt vierge, blanc meublé, pur, sombre, vrai noir, avec des accélérations graphiques, des recoins et de véritables traversées de dessins... et de personnages, le visiteur subit la loi des créations totales de Zonder.

Totales, car elles couvrent selon les salles sol et ensemble des murs, détachant des "fruits", petits et grands tableaux encadrés, sur fonds thématiques, blanc pur et lumineux ou noir plus qu’obscur, où vous serez guidés.

Jérôme Zonder puise ses inspirations dans 3 creusets ardents : les archives historiques des nombreuses catastrophes dont le XXe siècle a su si généreusement nous gratifier (guerres mondiales, massacres, shoah, pogroms, bombes atomiques, voulez-vous d’autres exemples ?) ; l’histoire de l’art dans certains de ses éléments équarrissants (Jugement dernier, de van der Weyden, Autoportrait aux masques, de James Ensor) ; ou quelques films aux sombres interrogations comme Lord of the Flies, du cinéaste Peter Brook).

Le titre même de l’exposition, Fatum, qui signifie "Destin" en latin, souligne encore que Jérôme Zonder n’a peut-être pas une grande foi en la bonté et l’humanité des hommes.

Chargé de ces précieuses munitions visuelles et graphiques, l’artiste nous invite à déambuler dans son dédale. Sa stratégie consiste à créer une cacophonie visuelle, une profusion d’évocations et de dessins capable de choquer en rendant compte de l’état d’un monde peu recommandable.

Commencée en 2009, les 3 personnages choisis ont dans cette part du récit 9 ans, et sont encore à l’heure de l’enfance. Ils portent les prénoms des "Enfants du paradis", Baptiste, Garance, et Pierre François, sacré assassin soit dit en passant.

Leurs jeux refléteront la complicité, l’attachement, la cruauté et la sensualité d’un siècle qui dépassa par ses soubresauts tous les désespoirs.

Au travers de ces différentes techniques utilisées au long de ce parcours, qui n’a de Walt Disney que ses entortillements et quelques aperçus d’une imagerie doucereuse, le talent de Jérôme Zonder est formidable, qu’il s’agisse des recherches de matières, jungle, briques, effets d’accélération, ou murs de déchets de papier, ou des rendus et scènes au fusain, à la mine de plomb, au doigt ou au linge frotté (bel effet de briques).

Ces enfants avec leurs jeux bien à eux, leur complicité et leur souffrance pénètrent maintenant en pleine adolescence.

Quelques visages se cachent au creux des paumes, en attente, ou en repos, peut-être momentanément en suspens, avant de reprendre le cheminement dans les références...

Et au sol, à certains endroits, les yeux accumulés pourraient représenter un hommage à nos disparus.

Jérôme Zonder. Fatum, du 19 février au 10 mai 2015, à la Maison rouge, fondation Antoine de Galbert, 10 bld de la Bastille 75012 Paris, 01 40 01 08 81, www.lamaisonrouge.org. Métro Quai de la Rapée ou Bastille. Bus 20, 29, 91. Du mercredi au dimanche de 11 à 19h. Nocturne le jeudi jusqu’à 21h. Fermé les 1er mai, 25 décembre et 1er mai.

Voir aussi aux mêmes dates à la Maison rouge l’article sur l’exposition Un projet de Mathieu Briand Et In Libertalia Ego

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Vous retrouverez dans l’article 2015 à Paris : LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2015 des grandes expositions à Paris, ces mêmes expositions sont classées par dates.

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Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer.

Comme les autres années (2014, 2013, 2012), nous établissons au fur et à mesure notre sélection dans l’article Paris 2015 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Nous vous proposons aussi une sélection d’expositions et de festivals dans les villes françaises suivantes :
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De même nous avons commencé :
Les Grandes Expositions 2016 à Paris de A à Z
Calendrier 2016 des grandes expositions à Paris
peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

Et juste quelques musées et expositions pour Bruxelles, Genève, Bâle, Amsterdam, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, La Maison rouge

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