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Exposition Gustave Moreau / Georges Rouault, souvenirs d’atelier

Dernière mise à jour : samedi 15 décembre 2018, par Expositions

Du 27 janvier au 25 avril 2016, au musée Gustave Moreau, le lien fort entre le maître et l’élève préféré.

Exposition Gustave Moreau / Georges Rouault, souvenirs d’atelier

"Vous aimez un art grave et sobre et, dans son essence, religieux, et tout ce que vous faites sera marqué de ce sceau." Gustave Moreau à propos de Georges Rouault.

Gustave Moreau (1826-1898) fut professeur à l’École des Beaux-Arts de Paris de 1892 à 1897. Georges Rouault (1871-1958) fut dans cette période son élève préféré, celui à qui il écrivait : "De fait, ne croyez à aucune ironie de ma part, je vous considère comme représentant ma doctrine picturale".

Georges Rouault, Académie d’homme, 1895, huile sur toile, collection particulière

Gustave Moreau, dont la mémoire dispose à Paris d’un charmant musée, charmant petit hôtel particulier qui fut son domicile, aux hauts murs recouverts de tableaux, comme autant d’écailles, à l’anglaise, fut le professeur de quelque 217 élèves parmi lesquels on a pu compter, en plus de Georges Rouault, Albert Marquet, André Suarès, Charles Camoin, Henri Manguin et Henri Matisse. Respect.

Ce maître, que d’aucuns appelaient "Mon Cher Patron", laissait une grande liberté d’expression picturale à ses élèves. Georges Rouault en disait : "Il nous a appris à discipliner notre volonté sans méthode préconçue ; à avoir respect de certaines visions intérieures ; il nous donna le goût d’un parfum d’héroïsme ou d’une réalité assez racée et haute, si, bien entendu, nos dons nous permettent d’y atteindre".

En retour, le symboliste Gustave Moreau disait à son élève : "J’ai toujours eu et j’aurai toujours la plus extrême confiance dans votre bel avenir et dans l’éclosion complète des dons rares qui vous ont été accordés". Au point que Moreau s’efforçait, avec succès, d’obtenir des commandes à son jeune élève, qu’il savait impécunieux, comme celle de Léopold Goldschmidt, son propre commanditaire.

Le disciple était fier de ces leçons dispensées, qui donnaient "l’inquiétude", et plaçaient les jeunes artistes non pas "sur les chemins déjà pratiqués, mais bien hors des chemins".

À la veille de sa mort, encore si fortement marqué par le "patron", Georges Rouault rencontrait son ancien conscrit Henri Matisse pour évoquer leurs années de classes communes sous la férule attentive et éclairée de Moreau.

Moreau qui leur avait enseigné à "regarder la nature et les maîtres anciens ; eux seuls vous feront accoucher. Ne vous laissez pas trop prendre et porter au courant du succès des modes passant, d’où qu’elles viennent".

Gustave Moreau prononça aussi quelques sentences bienveillantes et prémonitoires sur ses élèves qu’il emmenait voir les chefs-d’œuvre des grands anciens au musée du Louvre. Il avait prédit par exemple à Matisse, alors qu’il copiait studieusement des tableaux de maîtres "Plus tard vous allez simplifier la peinture", et à Rouault qu’il aurait une carrière difficile et qu’il n’était certainement pas fait pour passer des concours... Il devait échouer 3 fois dans ses tentatives d’obtenir le Prix de Rome.

Gustave Moreau, Messaline, Huile sur toile

On retrouvera aisément chez Rouault ce ténébrisme qu’il tient en partie de Moreau, et plus loin de Rembrandt, ces divins visages, échos de Léonard de Vinci, du Jérôme Bosch dans les personnages de sa soldatesque, et un soupçon de Claude Lorrain... que Moreau appréciait particulièrement.

Le paysage, quand il est présent, ne sert que de cadre au sujet traité. La peinture du maître, pas plus que celle de l’élève, ne respire le plein-air. Nous sommes en présence de travaux d’atelier.

Des différences percent entre les deux dans les représentations de la femme. Chez Moreau, le moraliste, l’identité de la femme est floue et conceptuelle. Ses Salomé, Dalila ou Messaline se regardent comme des incarnations de la luxure, Éve l’emblème du péché.

Georges Rouault, Fille, dit aussi Nu aux jarretières rouges, 1906

Ce sont des tentatrices. Fatales ou déchues, elles ne sont pas là pour scandaliser ou provoquer. Elles servent à donner une leçon et, même belles, à flétrir le vice.

Pour Rouault, comme avant lui Degas, Forain ou Toulouse-Lautrec, ses modèles viennent de la rue et du quotidien. Prostituées, filles de cirque (écuyères, acrobates, danseuses, magiciennes, Bohémiennes, il les a en pitié et ne les jugent pas. "Aucune force humaine ne m’empêchera d’aller à ceux qui saignent silencieusement". Il peut même, alors qu’il est loin de les embellir, les transcender. Comme dans un carnaval, tragique mais aussi parfois joyeux.

L’exposition, modeste et attachante, dans ce cadre réellement "resté dans son jus XIXe", met en lumière ce qui a uni les deux peintres sur le plan artistique. Elle confronte leurs visions du paysage, de la femme, du sacré, dont ils se préoccupaient l’un comme l’autre beaucoup, mais aussi laisse paraître leur fascination commune pour la matière, qui peut aller jusqu’à l’empâtement, et la couleur, jouet de contrastes.

Elle permet également d’évoquer, par les souvenirs de quelques-uns de ses élèves, l’atelier de Gustave Moreau à l’École des Beaux-Arts et d’appréhender l’enseignement original et si libéral de celui qui se considérait comme un passeur plus qu’un professeur : “Je suis le pont sur lequel certains de vous passeront.

Fidèle au souvenir de son Maître, Rouault devint le premier conservateur du musée Gustave Moreau, et exerça cette fonction de 1902 jusqu’en 1932, n’ayant de cesse de défendre sa mémoire.

Curieusement, cette exposition a pris forme en 2013 au Japon... où elle remporta des succès considérables, aussi bien à Tokyo qu’à Matsumoto.

Gustave Moreau - Georges Rouault. Souvenirs d’atelier, du 27 janvier au 25 avril 2016, au musée Gustave Moreau, 14, rue de La Rochefoucault, 75009 Paris, 01 48 74 18 71, www.musee-moreau.fr, métro Trinité ou Saint-Georges, bus 67, 68, 74, 32, 43, 49. Ouvert lundi, mercredi et jeudi de 10 à 12h45 et de 14 à 17h15. Vendredi, samedi et dimanche de 10 à 17h15. Fermé le mardi. 6 ou 4€.

Visitez le musée Gustave-Moreau

Extension et réaménagement des espaces du musée Gustave Moreau, ouverture des pièces du rez-de-chaussée pour la présentation d’une partie de la collection absente des cimaises depuis 2002 (!), et création d’un cabinet d’arts graphiques raniment dans ces lieux l’esprit voulu par son créateur.

En effet, le projet muséal de Gustave Moreau exprimé dans ses dernières volontés en 1897, était de : « [...] garder toujours – ce serait mon vœu le plus cher – ou au moins aussi longtemps que possible, cette collection, en lui conservant son caractère d’ensemble qui permette toujours de constater la somme de travail et d’efforts de l’artiste pendant sa vie. »

Bertrand et Raton. Gustave Moreau. Huile sur bois - 82 x 65 cm. Paris, Musée Gustave Moreau © RMN - GP / René - Gabriel Ojéda

Deux axes d’intervention ont régi les travaux effectués :

- La réhabilitation et la restauration à l’identique des 6 pièces du rez-de-chaussée du musée (fermées depuis 2002), soit près de 80m2 supplémentaires abritant plus de 400 peintures, des centaines de dessins dont des copies exécutées en Italie entre 1857 et 1859, et une collection unique d’aquarelles de Gustave Moreau.

- La rénovation et l’agrandissement des réserves actuelles par la création d’une extension en sous-sol (176m2), et la création d’un cabinet d’arts graphiques ouvert sur rendez-vous aux chercheurs.

Ulysse et les sirènes. Gustave Moreau Aquarelle. 42 x 30 cm. Paris, Musée Gustave Moreau © RMN - GP / René - Gabriel Ojéda

L’étude des archives et les sondages effectués sur les murs ont permis de retrouver l’harmonie colorée de ces espaces, brun Van Dyck pour les lambris, papiers peints pour les murs, retrouvant fidèlement l’état originel des pièces du rez-de-chaussée de l’ancienne maison familiale, qui se visitent par groupes limités à 20 personnes.

Les murs du couloir et des différentes pièces arborant du sol au plafond des œuvres de grand format (La Mort de Moïse, Hésiode et les muses...) servent l’éclectisme caractéristique de l’accrochage conçu par l’artiste.

L’ancienne salle à manger est principalement dédiée aux arts graphiques, arborant les aquarelles de grand format (Narcisse, Ulysse et les sirènes...), ainsi que les copies réalisées par le peintre lors de son voyage en Italie.

L’ensemble de la collection d’arts graphiques rassemble quelque 13 000 œuvres, pour lesquelles le classement initial de Gustave Moreau a été conservé.

Vue de l’atelier de Gustave Moreau avec deux autoportraits de l’artiste, 3e étage Paris, musée Gustave Moreau © RMN-GP / Stéphane Maréchalle

Ainsi, la création d’un véritable cabinet d’arts graphiques offre aux chercheurs et aux conservateurs l’accès aux nombreux dessins et carnets de dessins de Gustave Moreau, et à 3 000 photographies (architecture, populations lointaines, œuvres d’art, animaux, portraits) et gravures qui constituaient ses sources documentaires directes.

Cette réorganisation permet une lecture sensible et documentée d’un Gustave Moreau intime, savant, avide des connaissances de son temps, et dont la force d’inspiration a trouvé dans sa maison-musée un écrin, précieux et unique.

Au cœur de la Nouvelle Athènes, creuset parisien au XIXe siècle des artistes romantiques, ce musée a été conçu par Gustave Moreau comme un ensemble cohérent inscrivant ses œuvres dans le bâtiment qui les abrite.

Sa muséographie spectaculaire mais intimiste, est restée inchangée depuis son ouverture en 1903.

Ce musée, riche de 25 000 œuvres, dévoile sur 4 niveaux les multiples facettes du maître symboliste.

Au 1er étage, l’appartement familial livre une lecture sentimentale de l’homme et de l’artiste (portraits de famille, œuvres offertes par ses amis).

Les deux grands ateliers des étages supérieurs, reliés entre eux par un formidable escalier à vis, présentent les dessins conservés dans leurs sous-verres protecteurs, accessibles à chacun comme autant de pages à feuilleter.

Quant aux ateliers de l’attique, ils permettent de découvrir peintures de grand format et aquarelles dont Tyrtée (1860), Les Chimères (1884), le Triomphe d’Alexandre (entre 1875 et 1890) ou Jupiter et Sémélé (1895), parmi les centaines de toiles de Gustave Moreau conservées au musée.

Les toiles, dont les états de finition sont très variables, sont accrochées côte à côte, comme cela se faisait à l’époque, et la hauteur de plafond confère à l’ensemble une majesté rare.

Certaines œuvres, vendues par Gustave Moreau, ont fait l’objet de donations au musée par leur propriétaire, comme Jupiter et Sémélé, d’une finition particulièrement délicate, le fut par Léopold Goldschmidt, admirateur et ami de l’artiste. Sur d’autres, comme Les Chimères par exemple, on remarquera en revanche la désolidarisation des couleurs et des formes.

D’autres encore, n’ayant satisfait qu’incomplètement l’artiste, ont été visiblement reprises, telle "Darius, fuyant après la bataille d’Arbelles, s’arrête épuisé de fatigue, pour boire dans une mare."

Ce musée (particulièrement attachant dans ses respects déontologiques), dont la fréquentation n’avait été que de 42 000 visiteurs en 2014, a connu un regain d’intérêt conséquent en 2015 : 58 239 personnes ont découvert le musée rénové.

On peut noter que les accrochages initiaux, mentionnés dans l’inventaire de 1903, ont été respectés. Ils ne suivent aucun autre principe que les choix esthétiques de l’artiste. Ni la chronologie, ni une exposition thématique, ni un degré de finition. Toutes les œuvres exposées ont été restaurées a minima.

Musée national Gustave Moreau, 14, rue de La Rochefoucauld 75009 Paris, 01 48 74 38 50, www.musee-moreau.fr. Métro Trinité-d’Estienne-d’Orves ou Saint-Georges. Ouverture les lundi, mercredi et jeudi de 10 à 12h45, et de 14 à 17h15, les vendredi, samedi et dimanche de 10 à 17h15. Fermeture hebdomadaire le mardi. 6 ou 4€. Gratuit le 1er dimanche de chaque mois.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, musée Gustave Moreau, Wikipédia

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