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DERNIERS JOURS de l’exposition Jacques Doucet / Yves Saint Laurent, couturiers collectionneurs d’art

lundi 27 novembre 2017, par André Balbo

Exposition, du 15 octobre 2015 au 14 février 2016, à la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent : "Jacques Doucet - Yves Saint Laurent, vivre pour l’art".

Jacques Doucet (1853-1929), chemisier, esthète et dandy suprême, découvreur à son époque des futurs talents de la Haute Couture (Poiret, Vionnet), fut un être étrange, particulièrement discret et qui reste enveloppé de mystères.

Grand collectionneur de meubles et d’œuvres d’art du XVIIIe siècle (La Tour, Chardin, Boucher, Fragonard, Watteau...), il fit l’événement en en éparpillant les pièces lors de ventes commencées dès 1912 qui surprirent le monde des connaisseurs et le Tout Paris.

Que s’était-il passé, pour qu’il prit une décision si brusque et déménageât dans le même temps ? Ses biographes, dont François Chapon (Mystères et splendeur de Jacques Doucet, 1984), ont avancé quelques hypothèses romanesques mais pleines de respect pour le personnage.

Constantin Brancusi, La Muse endormie II, 5/8, Bronze poli, 1910. Collection particulière © ADAGP, Paris 2015

Et la surprise fut d’autant plus forte, pour les observateurs, qu’il fit alors appel à de très jeunes conseillers (dont André Breton pour l’art moderne, et André Suarez pour la littérature et la bibliophilie), meublant sa nouvelle demeure d’œuvres d’artistes d’avant-garde : Eileen Gray, Paul Iribe, et l’atelier Martine de Paul Poiret.

Plus tard, ce grand esthète devait dire : "Mes vieilleries, maintenant dispersées, ne m’ont jamais donné autant de plaisir que les œuvres fraîches qui m’entourent aujourd’hui".

Et c’est ainsi qu’il crée dans une aile de son hôtel particulier un studio-galerie d’art tout exprès pour installer les œuvres modernes qu’il découvre progressivement.

Henri Rousseau, La charmeuse de serpents, Huile sur toile, 1907. Paris, musée d’Orsay, legs de Jacques Doucet, 1936 © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

L’exposition a établi une sélection de chefs-d’œuvre collectionnés par Jacques Doucet... et par Yves Saint Laurent (1936-2008).

Certaines de ces pièces d’art habitèrent chez l’un... puis chez l’autre, comme Il Ritomante de Giorgio de Chirico, une paire de banquettes de Gustave Miklos (1928), le tabouret curule "ashanti" de Pierre Legrain (Louvre / Abu Dhabi).

Pour Philippe Garnier, qui pris en charge en 1972 la vente de la collection Doucet, et qui participa en tant qu’expert à celle de la collection Yves Saint Laurent - Pierre Bergé en 2009, atteste à quel point Yves Saint Laurent « avait réussi à reconstituer fidèlement certaines portions de l’appartement de Doucet ».

Giorgio de Chirico, Il Ritornante, Huile sur toile, 1917-1918. Œuvre ayant appartenu à Jacques Doucet puis à Yves Saint Laurent Centre Pompidou, Paris. Achat avec le soutien du fonds du Patrimoine et avec la participation de Monsieur Pierre Bergé, 2009 © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Georges Meguerditchian © ADAGP, Paris 2015

Les deux collectionneurs étaient-ils l’un comme l’autre à la recherche d’un espace esthétiquement parfait ? Peuvent-ils être rapprochés ? Cinq salles donnent à voir, et à penser.

Leurs collections, groupant de façon extrêmement personnelle des œuvres de Braque, Brancusi, Chirico, Coard, Csaky, Derain, Duchamp, Gray, Legrain, Laurencin, Manet, Matisse, Miklos, Modigliani, Picasso, Rousseau... constituaient, chacune à sa manière, de véritables installations.

Les choix de Doucet et de ses conseillers avaient permis de faire cohabiter rue Saint-James, à Neuilly, de véritables icônes de l’art moderne : La Charmeuse de serpent du Douanier Rousseau, Les Demoiselles d’Avignon, de Picasso, La Muse endormie II, de Brancusi, et La Blouse rose, de Modigliani.

À leur domicile au 55 rue de Babylone, Yves Saint Laurent réunit avec Pierre Bergé une autre collection de chefs-d’œuvre, un autre musée vivant, rassemblant des arts premiers, des pièces de Goya, de Picasso, et de la marquetterie Art déco (dont de Jean-Michel Frank.

La scénographie des sélections de tableaux et de meubles des deux collections a été pensée par Nathalie Crinière, le décor, inspirés des intérieurs de la rue Saint-James et de la rue de Babylone, signé par Jacques Grange, qui s’est attaché à convoquer, d’une pièce à l’autre, les atmosphères particulières de deux « espaces-expositions ».

Cette exposition dévoile enfin d’autres images faites par Pierre Legrain de ce que furent les installations artistiques de Jacques Doucet, dont on ne connaissait jusqu’alors que 7 photos couleurs publiées dans l’Illustration, en 1930.

"Jacques Doucet - Yves Saint Laurent, vivre pour l’art", du 15 octobre 2015 au 14 février 2016, à la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent. 3 rue Léonce Reynaud, Paris XVIe. 01 44 31 64 31. www.fondation-pb-ysl.net. Ouverts tous les jours sauf le lundi de 11 à 18h (dernière entrée à 17h30). Nocturne le jeudi jusqu’à 21h (dernière entrée à 20h30). Exposition accessible aux personnes handicapées. 7 ou 5€ (pour les étudiants et les moins de 18 ans sur présentation d’un justificatif de moins d’un an.
Gratuit pour les détenteurs de la carte ICOM-ICOMOS, les enfants de moins de 10 ans et les demandeurs d’emploi sur présentation d’un justificatif de moins d’un an.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : LA SEMAINE des expositions, musées, et galeries : que faire à Paris du....

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établirons bientôt pour Paris, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016, comme nous l’avions fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Fondation PB & YSL, François Chapon, Paul Poiret

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