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L’histoire des stations balnéaires s’expose à la Cité de l’Architecture

mercredi 14 décembre 2016, par André Balbo

Du 19 octobre 2016 au 12 février 2017, l’exposition Tous à la plage ! Ou les villes balnéaires du XVIIIe siècle à nos jours.

L’exposition présente, sans chercher à être pour autant, sur un tel sujet, exhaustive, l’étonnante histoire déjà assez ancienne des villes balnéaires sous l’éclairage de l’Angleterre, qui en fut la pionnière, puis en France, dans le Nord de l’Europe, dans les pays baltes, et dans d’autres pays de la planète, Espagne, et l’Amérique du Sud.

Un changement d’attitude radical se développait dans notre rapport aux bords de mer, qui passeront de terres hostiles presque abandonnées ou réservées au domaine militaire (les premières constructions durent donc être légères, et en bois) à l’objet romantique d’un "désir de rivage", avant de devenir des régions de tourisme de masse dont les populations se densifieront toujours davantage.


Cabines de bains hippomobiles, Boulogne/mer. Photographie (retirage), vers 1890-1900. Frères Neurdein © Neurdein / Roger-Viollet

Le train dès 1850 eut un rôle prédominant, pour parvenir à Nice, par exemple, un peu avant que la ville ne devienne française, ou à Monaco.

Mais dès 1780 les Anglais étaient sur la Côte d’Azur, suivis des princes et des cours de toute l’Europe.

Vint alors très vite l’époque des explorateurs, des découvreurs, des investisseurs (qui firent des profits qui nous paraitraient aujourd’hui inimaginables !), des paysagistes et des ordonnateurs de loisirs : opéras, hippodromes (le Duc de Morny, grande figure d’investisseur, sous le second empire, était un mordu de cheval), casinos, grands hôtels et lieux de cures.


Brighton vue de l’extrémité du West Pier. Huile sur toile, vers 1870, James Webb et George Earl, Brighton, Royal Pavillon and Museums, Brighton & Hove. En quelques années, Brighton passa d’un simple village de pêcheurs à une station de renommée internationale

Ainsi passerons-nous par étapes successives et graduellement de lieux de villégiature, aux problématiques qu’entraine la démocratisation et la pression démographique, puis aux questionnement que soulèvent le changement climatique et la protection de l’environnement dans son ensemble. En fait est étudié le passage d’une pratique sociale à l’invention d’une ville.

Ainsi l’événement permet-il d’établir et de comprendre ce que fut l’évolution de leurs publics, de l’élite, des curistes aux congés payés, ce qu’il en a été de leur économie, au regard des pratiques européennes, des origines à nos jours.

Les costumes de bain de la fin du XIXe siècle, particulièrement couvrants et larges. Rien de la silhouette ne doit apparaître. Les femmes se baignent en longue chemise associée à un pantalon bouffant. Pour les hommes, le short, qui laisserait voir le torse, est évidemment proscrit.

Architecture, urbanisme, œuvres d’art et objets du quotidien racontent la conquête progressive et apparemment inexorable des bords de mer par une population toujours plus dense.

Depuis le XVIIIe siècle, au fil du temps, la grande diversité des fronts de mer du territoire français, de la Manche à la Méditerranée, a progressivement favorisé l’émergence d’un patrimoine balnéaire aussi riche que varié, parfois fragile et condamné à évoluer avec de nouvelles contraintes.

L’hiver à Nice à la fin du XIXe siècle, avec son calendrier des réjouissances, et l’hirondelle qui annonce la fin de l’hiver et les dangers d’un soleil bientôt trop fort : il faudra donc partir...

Des villégiatures hivernales et aristocratiques du XIXe siècle, quand il s’agissait de se guérir des miasmes de la ville (souvenons-nous que l’Angleterre était en pointe dans la révolution industrielle et en subissait le plus les pollutions) aux vacances d’été à la plage, territoire d’élection du tourisme de masse au XXe et au XXIe siècles, ces séjours sont aussi le reflet d’une société en pleine mutation, qui accède, grâce au développement des moyens de transport et à l’avènement des congés payés, à de nouveaux loisirs.

Des premiers bains de mer pratiqués à des fins curatives (plongez 7 à 20 fois le corps dans l’eau, à la manières des baptêmes anciens...), aux habitudes contemporaines récréatives, sportives ou ludiques, l’exposition illustre ce nouveau rapport à la mer, à son eau et à ses rivages à travers des lieux parmi les plus emblématiques.


Promenade des Anglais et casino de la jetée à Nice, vers 1895

Grands hôtels, casinos, villas, marinas, villages et clubs de vacances sont mis en regard d’évocations des bords de mer à travers la peinture, les films, les journaux et affiches, mais aussi, plus trivialement, les costumes de bain... et, à une certaine époque, la police des plages, chargée de régenter les tenues des hommes et des femmes.

L’enjeu de la préservation clôture l’exposition, ouvrant les interrogations sur la patrimonialisation de ces ensembles, qu’ils soient naturels et/ou bâtis, ainsi que sur la ville balnéaire de demain, à l’heure de la mondialisation et du réchauffement climatique.

Au début du XXIe siècle, Vincent Callebaut propose à la principauté de Monaco une île flottante mobile, en forme de nénuphar géant, en partie émergée, écologique et autosuffisante, pouvant accueillir 50 000 personnes. Ces utopies apportent une contribution essentielle à la redéfinition de l’urbanisme et de l’architecture.

Plus de 400 œuvres, documents, photos anciennes, objets et maquettes couvrent dans l’exposition l’éventail de cette histoire. On y découvre, sans indiscrétion et avec surprise si ce n’est amusement, ce que pouvaient être les bains thérapeutiques, l’agencement des emplois du temps des mondanités des premiers touristes balnéaires... ou plus tard les formidables bouchons d’autoroutes. Sic transit gloria.

Des plans et des études techniques révèlent ce que furent les premières cabines de bains hippomobile, qui permettaient aux curistes de l’élite d’être plongé le nombre de fois prescrit dans l’eau, caché des regards extérieurs, pour qu’il en tira le meilleur profit thérapeutique. On y découvre aussi les projets de jetées, les habitats modulaires légers, et bien sûr les grands aménagements du littoral, comme ceux lancés par le général de Gaulle sur les côtes du Languedoc au début des années 1960.

Le commissariat de l’exposition est assuré par Bernard Toulier, conservateur général honoraire du patrimoine, et Corinne Bélier, directrice du musée des Monuments français, Cité de l’architecture.

Tous à la plage ! Les villes balnéaires du XVIIIe siècle à nos jours, du 19 octobre 2016 au 12 février 2017, à la Cité de l’architecture, 1, place du Trocadéro, métro Trocadéro. Ouvert tous les jours, sauf le lundi et le mardi, de 11 à 19h. Nocturne le jeudi jusqu’à 21h. Expo 9 ou 6€. Collections permanentes 8 ou 6€, ensemble 12 ou 8€.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016-2017 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Nouvellement en ligne :
Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris
PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, et au Petit Palais.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Le catalogue de cette exposition fait partie de notre sélection 2016 des catalogues d’expositions de Paris.

Vous pouvez consulter une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
- Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

sources : Visite, Cité de l’architecture

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