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Félix Valloton

Dernière mise à jour : lundi 6 mai 2019, par Expositions

Présentation de l’artiste

Voir Présentations d’Artistes de A à Z

Félix Valloton (1865-1925), né à Lausanne en Suisse, devient Français, par naturalisation, en 1900. Il se forme à Paris, par choix, à l’Académie Julian, comme beaucoup d’autres peintres post-impressionnistes dont les Nabis, bien qu’il ait réussi le concours d’entrée à l’École des Beaux-Arts.

Il n’a encore que 27 ans, quand sa pratique de la gravure sur bois, ses petites images noir-blanc d’une ironie souvent féroce, sa participation régulière aux Salons (des artistes français, des indépendants et d’Automne), lui valent une rapide renommée auprès de l’avant-garde parisienne.

Au point qu’il est admis parmi les Nabis, et suscite même l’amitié des principaux membres du mouvement. Encore Suisse à cette époque, il est longtemps surnommé "le Nabi étranger".

À partir de 1899, Félix Vallotton se consacre essentiellement à la peinture. Il produira sa vie durant quelque 1 700 tableaux.

Travailleur acharné, il aborde tous les genres : portrait, nu féminin, paysage et vue urbaine, nature morte, peinture d’histoire même en de vastes toiles à sujet mythologique ou allégorique, ou encore des compositions inspirées par le sinistre spectacle de la Première Guerre mondiale. Certaines annonceraient Delaunay...

Il se marie en secondes noces avec (ou contre) Gabrielle Rodrigues-Henriques, fille et sœur des Bernheim Jeune, l’un des principaux marchands d’art de Paris, pour qui son frère prendra la direction d’une succursale à Lausanne.

On pourrait à la fois dire que le style de Valloton est identifiable : un aspect lisse, des couleurs raffinées, un dessin précis découpant la forme, des cadrages audacieux, et des perspectives aplaties empruntées aux estampes japonaises et à la photographie, qu’il pratiquera.

Et tout son contraire. Les visages peuvent être tour à tour traités avec la plus grande rigueur, ou masqués, voire caricaturés. Les corps être statufiés dans une beauté froide et classique, ou emportés dans un mouvement qui en noiera les contours, les couleurs, le dessin. Parfois surgit sur un tableau le diablotin de la caricature... Souvenir vénéneux de la xylogravure.

Enfin, vous dire que Félix Valloton fut l’ami de Jules Renard vous en apprendra certainement beaucoup sur l’immensité de sa misogynie, qu’il était capable d’ériger en système... et cela jusqu’au ridicule. Vous en ririez ! Surtout devant certaines de ses gravures... Décidément, pour cet artiste la femme est bien la prédatrice de l’homme !

Aussi faut-il dire qu’il rencontra assez tôt des personnalités qui l’aidèrent à tomber dans ce travers perceptif, comme la grande égérie du Tout-Paris, Misia (qu’il peignit à sa coiffeuse et que l’on devine, sans qu’elle soit nommée, sur certaines de ses gravures) à la trajectoire effarante.

Et Thadée Natanson, à l’époque son époux et l’éditeur de La Revue blanche dont Valloton fit un portrait en 1897, et qui gagea sa femme à la faillite de sa société.

L’époque était à une extrême vénalité sexuelle, aux compromis en ce domaine les plus abjects, et le féminisme qui bientôt s’éveillerait allait susciter chez ses contemporains la plus grande des incompréhensions...

En tant que peintre, Valloton ne prêtait pas beaucoup l’oreille aux critiques. Certaines fois, il aurait pourtant pu le faire à son avantage. Ses tableaux "mythologiques", par exemple, font preuve d’une désinvolture par rapport aux sujets traités, tels qu’ils nous ont été transmis, digne parfois de celle des réalisateurs hollywoodiens...

Son tableau "La Haine" oscille entre la caricature et les grossières peintures de lutteurs des stands de fêtes foraines.

Pourtant sa cruauté, sa violence et son goût plus que prononcé pour le corps de la femme furent aussi capables de lui faire réaliser de véritables chefs-d’œuvre. En gravure, ce serait, par exemple "La Symphonie", 1897, "Le Bon Marché", 1893, ou "L’Émoi", 1893.

Parmi ses tableaux, il faudrait s’attarder devant "La Salamandre" (1900), "La Blanche et la Noire" (1913), "Nu à l’écharpe verte" (1914), ou la nuque de "La Malade" (1892). Et j’adore les tableaux montrant Gabrielle, sa femme, fouillant dans une armoire... Qui d’autre que lui aurait osé dévoiler ainsi l’intimité de son propre foyer...

Le rapprochement de certaines de ses peintures avec des photographies, qu’elles soient de lui ou pas, montre peut-être l’exigence de vouloir se placer à la fois dans l’échange et la solitude face à la toile, avec l’idée qu’il en espère et les difficultés pour y parvenir.

D’autres tableaux évoquent déjà le tout aussi cruel et misogyne dessinateur Dubout, comme ce "Bain à Étretat" (1899)...

Valloton, conteur né, est aussi un cadreur (de cinéma) hors pair. Souvent sur ses tableaux les portes restent ouvertes (Velazquez ?), et laissent imaginer les suites, ou des suites, le désir, la tromperie, l’inquiétude, le pire, toujours au aguets, le summum étant l’enfilade de pièces de "Intérieur avec femme en rouge de dos" (1903).

Et puis les paysages, d’une concision et d’un style fou, avec ces fortes influences japonisantes... Cet usage de feu d’enfer et du vibrato de la concupiscence d’un rouge envahissant... Et ce déterminisme pessimiste dégoulinant des à-plats noirs de ses gravures qui ont déjà condamné l’humanité...

Valloton ? Combien de peintres ? Combien d’histoires ? Si c’est un petit maître, tout imparfait qu’il soit, Monsieur Valloton avait beaucoup à nous dire. Graveur, peintre, et certainement mysogyne, mais des œuvres à voir et découvrir, car cet artiste est encore relativement peu connu en France.

L’exposition au Grand Palais

Le Grand Palais présentait, du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014, l’exposition "Félix Valloton. Le feu sous la glace."

Félix Vallotton, La Loge de théâtre, le monsieur et la dame, 1909, huile sur toile, 46 x 38 cm, Collection particulière © DR

Cette rétrospective sur l’œuvre de Valloton était généreuse en quantité comme en qualité. Elle marqua d’autant plus le public parisien que sa dernière exposition d’envergure dans un musée parisien remontait à près de 50 ans.

Félix Vallotton, Le Bain turc, 1907, huile sur toile, 130,5 x 195,5 cm, musée d’art et d’histoire de Genève © DR

Pour revisiter la production artistique de Félix Valloton, 10 axes avaient été retenus. Leurs intitulés, qui fonctionnaient assez bien, avaient été choisis au plus près des motivations esthétiques, sociales et politiques de l’artiste, comme de la personnalité complexe de l’homme :
– Idéalisme et pureté de la ligne ;
– Perspectives aplaties et vues cavalières ;
– Un regard photographique ;
– Refoulement et mensonge ;
– Le double féminin ;
– La violence tragique d’une tache noire ;
– Érotisme glacé ;
– Opulence de la matière ;
– Mythologies ;
– Pessimisme.

Dans ces sections, les œuvres étaient davantage regroupées par affinités avec le propos plutôt que chronologiquement ou par genre. Cette approche transversale mettait en lumière la progression opiniâtre du peintre vers l’édification pas à pas d’un mode d’expression résolument personnel et moderne, mais se réclamant aussi de la tradition séculaire de l’art.

C’est pour l’ensemble de ces raisons que l’exposition présentait au public non seulement ses chefs-d’œuvre les plus connus, mais également des tableaux rarement ou même jamais exposés auparavant (prêts exceptionnels consentis par les musées suisses, les principaux musées américains, les européens, comme par de nombreux collectionneurs privés).

Les commissaires de cette exposition étaient Guy Cogeval, président des musées d’Orsay et de l’Orangerie, Isabelle Cahn, conservateur au musée d’Orsay, Marina Ducrey et Katia Poletti, chacune d’elles conservatrice à la Fondation Vallotton (Lausanne).

Félix Valloton. Le feu sous la glace. Du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014. Au Grand Palais, entrée Clemenceau.

Lire aussi l’article sur Villa Flora. La collection Hahnloser.


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Vous retrouvez comme chaque année dans LES GRANDES EXPOSITIONS 2016 à Paris de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans CALENDRIER 2016 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2016 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musée d’Orsay, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : Paris Expos Hebdo : Nouveautés, Conseils, Derniers Jours.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2016 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2015, 2014, 2013, 2012.

Ce catalogue a fait partie de la sélection 2013 du Prix CatalPa.

Vous pouvez consulter quelques dizaines de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Angoulême - Arles - Avignon - Bordeaux - Dijon - Grenoble - Ile-de-France - Lens - Lille - Lyon - Marseille - Metz - Montpellier - Nantes - Nice - Ornans - Rennes - Rodez - Rouen, Le Havre - Saint-Étienne - Strasbourg - Toulouse - Tours

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam, Berlin, Bâle, Bruxelles, Genève, Londres, Madrid, Milan, et Venise.

André Balbo

Enfin, contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous avons établi notre sélection, avec PARIS 2013 : LES MEILLEURS CATALOGUES d’expositions de Paris.

Celui de cette exposition en fait partie.

Les Grandes Expositions et Calendrier 2014 peuvent déjà être consultés sur Évous.fr... et complétés, si vous disposez de plus d’informations que nous !

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NOUVEAU. Mais Paris, sans la province, ne serait vraiment pas grand chose... Une vue panoramique de ce qui s’y passe ? 2014. Les principales expositions de PROVINCE de A à Z.

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André Balbo

sources : Visite, RMN-GP, Wikipédia